La Belgique sort de sa neutralité à l'égard du Sahara occidental, selon une association

La Belgique sort de sa neutralité à l'égard du Sahara occidental, selon une association
La Belgique sort de sa neutralité à l'égard du Sahara occidental, selon une association - © Tous droits réservés

La Belgique est sortie de son habituelle neutralité dans le dossier du Sahara occidental, dénonce le comité belge de soutien au peuple sarahoui. Le 28 avril, elle s'est jointe à un recours contre l'annulation d'un accord commercial entre l'UE et le Maroc par la Cour de justice de l'Union européenne, parce qu'il reconnaissait implicitement la souveraineté du Maroc sur ce territoire au statut controversé.

L'arrêt constatait que les accords agricoles conclus entre l'Europe et le Maroc n'étaient pas seulement appliqués sur le territoire marocain mais contribuaient aussi à l'exploitation de ressources naturelles du Sahara occidental. Selon la Cour, l'Union ne peut s'engager de la sorte sans que le peuple sarahoui ne soit consulté.

Le sujet est éminemment sensible au Maroc qui contrôle cette ancienne colonie espagnole également revendiquée par les indépendantistes du Front Polisario. En guise de réaction à cet arrêt, le gouvernement marocain avait annoncé qu'il suspendait tout contact avec l'UE. Les relations ont repris quelques semaines plus tard.

La décision judiciaire était tombée quelques jours avant une visite du Premier ministre Charles Michel, du ministre de l'Intérieur, Jan Jambon, et du secrétaire d'Etat à l'Asile, Theo Francken, à Rabat. Le gouvernement fédéral espérait en profiter pour hâter la signature d'un mémorandum d'entente avec le Maroc sur l'échange de données permettant d'identifier les demandeurs d'asile.

Le royaume chérifien enregistre en effet les empreintes digitales de ses ressortissants, mais ne les communique qu'épisodiquement. La signature avait finalement été reportée à la fin avril, lors d'une visite d'officiels marocains à Bruxelles.

"Une alliée des politiques d'annexion du Maroc"

À l'issue du voyage à Rabat, Charles Michel avait toutefois annoncé que la Belgique se joignait au recours introduit par le Conseil européen contre la décision de la Cour de justice. Il avait insisté sur la stabilité du Maroc dans une région marquée par de profonds bouleversements.

Dans le contexte de la lutte contre le terrorisme, plusieurs États européens veillent à entretenir de bonnes relations avec le Maroc et ses services de sécurité.

"On remarque dans nos rapports avec les autorités belges qu'elles mettent énormément de soin à ne pas froisser le gouvernement marocain pour conserver de bonnes relations en matière de sécurité", a expliqué Ophélie Ingarao, membre du comité de soutien au peuple sarahoui.

Dans une carte blanche, le comité s'inquiète de l'évolution de la position belge.

"L'événement est de taille. Pour la première fois, la Belgique se met publiquement en scène comme une alliée des politiques d'annexion du Maroc. Il est de notre devoir de rappeler que le droit international jette sur la situation du Sahara occidental une lumière non équivoque: le Sahara occidental est un territoire non-autonome occupé; le peuple sahraoui a droit à un référendum pour décider de son avenir et les ressources naturelles de son territoire lui appartiennent", déclare-t-il.

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