Gabon: la communauté internationale lance un appel au calme après une nuit de violences

La nuit de mercredi à jeudi a été marquée par des violences au Gabon, après une élection présidentielle aux résultats contestés.
La nuit de mercredi à jeudi a été marquée par des violences au Gabon, après une élection présidentielle aux résultats contestés. - © MARCO LONGARI - AFP

La France, les Etats-Unis, l'Union européenne et l'ONU ont exprimé leur inquiétude face au climat tendu au Gabon, dans la foulée de l'élection présidentielle.

La nuit de mercredi à jeudi a été marquée par des violences qui ont fait deux morts et plusieurs blessés, selon l'opposant politique Jean Ping. Celui-ci a perdu l'élection avec 48,23% des voix, contre 49,80% pour le président sortant Ali Bongo Ondimba. Un résultat contesté par l'opposition.

La chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini a qualifié jeudi la situation post-électorale au Gabon de "crise profonde" et a appelé les différentes parties "au calme". "Il est important que tous les acteurs rejettent la violence et appellent au calme. Toute contestation doit se faire avec des moyens pacifiques afin d'éviter l'embrasement du pays", a déclaré la vice-présidente de l'UE dans un communiqué.

"Les événements de la nuit à Libreville suscitent ma plus vive préoccupation", a déclaré le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault dans un communiqué, en appelant "toutes les parties à la plus grande retenue, afin d'éviter de nouvelles victimes".

Jeudi en début d'après-midi, le président de la République française François Hollande a lui aussi témoigné de sa "profonde inquiétude" et a "condamné les violences".

Ban Ki-moon "préoccupé"

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a lancé mercredi un appel au calme et à la retenue après les émeutes à Libreville qui ont suivi l'annonce des résultats de l'élection présidentielle gabonaise.

Dans un communiqué, M. Ban "exprime sa profonde préoccupation" devant les incendies volontaires et les affrontements entre manifestants et forces de sécurité à Libreville.

Appel à la publication des résultats

Washington a aussi exprimé mercredi sa vive inquiétude à propos de la situation au Gabon et a appelé, de même que la France et l'UE, à la publication des résultats par bureau de vote.

Mme Mogherini estime ainsi que la confiance dans les résultats du scrutin "ne peut être restaurée que par une vérification transparente, bureau de vote par bureau de vote".

"La contestation des résultats de l'élection présidentielle doit pouvoir se faire par les voies juridictionnelles, dans le cadre d'une procédure transparente et impartiale", a par ailleurs répété jeudi Jean-Marc Ayrault.

Ali Bongo: "la démocratie s'accommode mal de la prise d'assaut d'un parlement"

Pour Ali Bongo, l'analyse de la situation est tout autre. Le président gabonais a  tancé jeudi l'opposition qui conteste sa réélection, jugeant que "la démocratie s'accommod(ait) mal de la prise d'assaut d'un parlement", tandis que son ministre de l'Intérieur annonçait un millier d'interpellations depuis mercredi soir.

"Les élections ont rendu leur verdict (...) Qui a perdu? Un groupuscule dont le seul projet était de prendre le pouvoir pour se servir du Gabon et non servir le Gabon", a encore accusé le fils et successeur d'Omar Bongo, en visant Jean Ping, son principal rival à la présidentielle, qui durant la campagne est parvenu à rallier d'autres candidats importants de l'opposition.

"Sur Libreville, il y a entre 600 et 800 interpellations, et 200 à 300 sur le reste du pays", a déclaré le ministre gabonais de l'Intérieur, Pacôme Moubelet-Boubeya, lors d'une brève conférence de presse tenue jeudi à l'issue de l'allocution du président Ali Bongo au palais présidentiel.

"Nous déplorons la mort de trois personnes, dont les identités seront données rapidement quand elles seront établies", a ajouté le ministre.

M. Moubelet-Boubeya a également déploré des pillages dans des supermarchés tels que Prix Import, ou encore dans les établissements de la chaîne Ckdo. Il a également fait état d'immeubles saccagés.

"Nous faisons les élections en fonction de la loi gabonaise. Les pressions internationales doivent tenir compte de la loi gabonaise: ce ne sont pas elles qui vont la changer", a réagi jeudi le porte-parole d'Ali Bongo, Alain-Claude Bilie-Bye-Nze.


 

 

 

 

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