Des tests de dépistage du coronavirus expédiés par drones au Ghana

Depuis le début du mois d’avril, l’entreprise américaine Zipline envoie par drones des dizaines de tests pour détecter les cas de Covid-19 aux quatre coins du Ghana, afin d’accélérer la réponse sanitaire.

C’est un cap symbolique franchit par le pays. Lors de son allocution télévisée du dimanche 26 avril, le chef de l’État ghanéen, Nana Akufo-Addo a annoncé que le Ghana venait de dépasser la barrière des 100.000 tests de dépistage du coronavirus. Un chiffre qui place le Ghana et ses quelque 30 millions d’habitants juste derrière l’Afrique du Sud, mais loin devant le Nigeria, pays le plus peuplé du continent, qui en a réalisé moins de 10.000.

Depuis les premiers cas de coronavirus détectés début mars, le pays a mis en œuvre une politique axée sur la multiplication des tests. Au lundi 27 mars, le pays comptait ainsi quelque 1550 cas et 11 décès. Afin de mieux couvrir tous les coins du pays, les autorités ont fait appel aux services de Zipline, une société californienne spécialisée dans l’expédition de médicaments et de sang par drones.

Un atout pour accélérer les tests dans les zones rurales

L’entreprise, présente au Ghana depuis 2019, envoie depuis le 1er avril dernier des tests de dépistage du coronavirus dans les zones les plus reculées du pays, avant de les réceptionner et de les envoyer vers les deux centres d’analyse du pays, à Accra et à Kumasi. Une politique mise en place pour accélérer les tests dans les zones rurales où la mauvaise qualité des routes retarde la réponse sanitaire.

"La société Zipline est impliquée pour aider le Ghana dans son combat contre l’épidémie de coronavirus", explique le PDG de l’entreprise dans un communiqué, poursuivant que l’utilisation des drones va permettre au pays "de répondre plus rapidement à l’épidémie et ainsi de sauver des vies".

Pour Timothy Reuter, chargé du programme des drones au Forum économique mondial, l’utilisation de ces engins est un moyen efficace pour soutenir certains systèmes de santé, en particulier dans les zones rurales, "où les infrastructures sont beaucoup moins développées que dans les centres urbains".

Trois fois moins de temps

Un exemple avec Nsuta, une ville située dans la région Ashanti, au centre du pays. La ville n’est située qu’à 60 kilomètres de Kumasi, la deuxième ville du pays et capitale de la région. Mais à cause de la mauvaise qualité des routes, il faut environ 90 minutes pour relier les deux villes.

"Nous avons envoyé trois tests de dépistage du coronavirus pour des cas que nous soupçonnions", explique Cosmas Tide Maakuu, officier à Nsuta du Center for Disease Control (CDC), l’organisme public ghanéen en charge des infections, qui explique que tous les tests sont revenus négatifs. "Grâce aux drones, cela n’a pris que 30 minutes", poursuit-il.

Lorsque des personnes habilitées soupçonnent un cas de coronavirus, ils contactent l’entreprise Zipline, par mail, WhatsApp ou par téléphone et la compagnie expédie ensuite les tests dans la soute des drones. Les engins sont ensuite propulsés dans les airs et volent à environ 100 kilomètres/heure et à une altitude de 120 mètres. "Les drones nous permettent un énorme gain de temps", conclut Cosmas Tide Maakuu.

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