Congo 1960 – épisode 9 : le 6 juillet 1960, le Congo s’embrase

Le Congo, indépendant depuis le 30 juin, sombre en deux semaines. Dans le Bas-Congo, une garnison de la Force publique, l’armée-gendarmerie congolaise, se mutine. Le 6 juillet, les mutins brutalisent des Blancs de la région et quelques femmes sont violées. La nouvelle se répand le lendemain comme une traînée de poudre dans tout le Congo et en Belgique. Les violences sont encore limitées, mais la panique entraîne l’exode massif des Européens. La mutinerie s’étend à Léopoldville, aujourd’hui Kinshasa, et dans d’autres régions du pays.

Deux jours plus tard, l’armée congolaise est africanisée, et les officiers blancs rejetés par les soldats congolais quittent le pays. C’est l’accalmie. Elle sera de courte durée.

Les 10 et 11 juillet, c’est l’escalade, avec trois interventions de l’armée belge. C’est le début d’une guerre coloniale. La province du Katanga fait sécession. Le Congo dénonce l’" agression belge " et rompt ses relations diplomatiques avec la Belgique. Les Casques bleus de l’ONU débarquent le 16 juillet. Une guerre civile commence, elle durera quatre ans.

Comment comprendre l’enchaînement de ces évènements tragiques ?

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Juillet 1960, la mutinerie. Les soldats congolais à la recherche d'armes © Droits réservés (Patriote illustré)

Le mécontentement des soldats congolais s’exprime dès le 4 juillet, au grand camp militaire Léopold, aujourd’hui camp Kokolo, à Léopoldville. Un gradé congolais appelle à l’indiscipline. Il est dégradé et mis au cachot. L’incident provoque une vive agitation, sans plus. Depuis plusieurs mois, les soldats sont mécontents. Ils sont épuisés par les nombreuses opérations de maintien de l’ordre et demandent des réformes : " Nous voulons, nous aussi, notre indépendance ".

Le général Janssens : « Avant l’indépendance = après l’indépendance »

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Le général Janssens © RTBF

Le matin du 5 juillet, le commandant en chef de la Force publique, le général belge Emile Janssens s’adresse aux soldats. Il leur explique que leur mission reste la même et qu’elle impose la même discipline. Il conclut en écrivant au tableau : " Avant l’indépendance = après l’indépendance ". En début de soirée, un rassemblement de 500 soldats tourne à la manifestation, puis à l’émeute. Les soldats veulent prendre le contrôle du dépôt d’armes mais sont repoussés par la police militaire. Le calme revient dans la soirée.

Les soldats congolais : « Nous voulons nous aussi l’indépendance »

Le jeune ministre représentant du Congo à l’ONU, Thomas Kanza, nous a décrit leur état d’esprit :

" Les soldats congolais ne dormaient plus depuis plusieurs semaines. Ils veillaient sur la sécurité dans le pays, ils gardaient les ministres, les députés. Ils nous voyaient dans de grosses voitures, occupant de belles maisons. Eux, ils étaient toujours au même poste, au même salaire, sans promotion. Alors le général Janssens va commettre l’erreur de leur faire une leçon de morale. Il va surtout écrire au tableau, pour tout le monde qui sait lire, " Avant l’indépendance = après l’indépendance ".

La mutinerie, au départ contre Lumumba

" Il aurait dû demander aux cadres subalternes congolais qui dirigeaient leurs frères de leur expliquer que la Force publique était chargée du maintien de l’ordre et qu’ils devaient continuer à maintenir l’ordre comme ils le faisaient avant l’indépendance, et que les promotions allaient arriver petit à petit. Mais écrire cela au tableau ! Voilà, c’était parti, les soldats qui gardaient les ministres apprenaient qu’avant l’indépendance, c’est la même chose qu’après. Eh bien, ils se sont mutinés contre le Premier ministre, qui était aussi ministre de la Défense. Patrice Lumumba a été arrêté par les mutins. "

Patrice Lumumba était conscient du problème, le gouvernement avait mis en place la veille une commission de réforme de l’armée. Le général Janssens campe, lui, sur une position rigide, au nom de la discipline et de l’ordre, mais il refuse de tenir compte du grand changement espéré par les soldats avec l’indépendance.

Un mythe : la Force publique, garante de la stabilité du Congo

En 1960, la Force publique est forte de 25.000 hommes, dont 1000 officiers et sous-officiers, tous européens. Le premier grade occupé par un soldat congolais est celui d’adjudant. Les responsables coloniaux et belges vantent la Force publique comme un outil merveilleux garant de la stabilité du pays. En réalité, la Force publique connaît de nombreux actes d’insoumissions et d’indiscipline depuis plusieurs mois.

Aucun officier ou sous-officier congolais

Les soldats congolais exigent ensuite de pouvoir accéder à des grades supérieurs : " Dans l’armée, les Blancs restent supérieurs aux Noirs, les politiciens nous ont menti ". Un jeune militaire congolais nous décrit leurs revendications ces jours-là :

" Vous accédez aux postes de ministres, tandis que nous restons au grade de premier sergent-major. Nous ne pouvons pas aller au-delà. Alors, nous avons demandé que les soldats qui avaient fait les post-primaires puissent, après un stage dans certaines garnisons, partir suivre les cours pour devenir des sous-officiers. Le général Janssens a refusé catégoriquement : ‘Non, ils ne peuvent pas aller à l’école des sous-officiers’. Pourtant, l’instruction que nous avions reçue, certains jeunes militaires qui venaient de Belgique n’avaient pas reçu l’équivalent. "

Le 5 juillet, la mutinerie de Thysville

Revenons à la soirée du 5 juillet : pour rétablir l’ordre au camp Léopold, le général Janssens fait appel à la garnison de Thysville, à 130 km de là. Une partie des soldats congolais refusent de partir. Les mutins prennent le magasin d’armes et de munitions. Les officiers blancs se réfugient dans le haut du camp avec les soldats restés fidèles. A 2 heures du matin, on tire. Quelques officiers et sous-officiers blancs sont mis au cachot, certains sont sévèrement battus.

Les mutins brutalisent des Blancs et violent des femmes dans la région

Très tôt le matin du 6 juillet, les mutins sortent du camp et s’en prennent aux Européens de la région, située sur la route stratégique entre la capitale et le grand port de Matadi, à l’ouest du Congo. Toute la journée, les soldats congolais se livrent à des pillages dans la région, arrêtent des Blancs et les menacent avec leurs armes. Des hommes sont frappés ou mis au cachot, et quelques femmes violées. Les mutins tirent en l’air pour faire peur.

Les réfugiés racontent, c’est la panique dans tout le Congo

Les violences restent en nombre limité, la population congolaise n’y participe jamais et seule une minorité de soldats congolais s’est mutinée. De nombreux Belges de Thysville et de la région partent le lendemain vers Léopoldville. Leur arrivée dans la capitale et l’annonce des violences se répand à travers le pays et en Belgique. C’est la panique des Européens : ils sont encore 85.000 au Congo, 30.000 Blancs ayant quitté le pays pour des vacances ou définitivement.

Le projet d’intervenir en force contre le camp de Thysville tourne court. Les officiers belges encore présents insistent pour qu’il n’y ait pas d’attaque : ils ne sont pas en état de résister et ils pensent que les soldats fidèles refuseront d’ouvrir le feu sur les mutins ou, pire, rejoindraient la mutinerie.

Le 6 juillet, des soldats veulent « tuer Lumumba »

Dans la matinée du 6 juillet, Patrice Lumumba vient annoncer au camp Léopold un avancement d’un grade à tous les soldats. Mais aucun ne deviendrait pour autant sous-officier. Cela ne leur suffit pas : plusieurs centaines de soldats mécontents, dont certains veulent " tuer Lumumba " descendent chez le Premier ministre. Patrice Lumumba leur annonce le départ du général Janssens.

Les soldats exigent ensuite le départ des " mauvais Blancs ", les sous-officiers et officiers dont ils ne supportent pas le comportement, tout en demandant à ceux qu’ils respectent, les " bons Blancs ", de rester.

Le général Janssens veut faire appel à l’armée belge, hors des règles

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Le général Janssens et Patrice Lumumba © CDH Evere

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Le général Janssens demande au général Gheysen, commandant des forces belges au Congo, d’intervenir pour ramener le calme. Ni le Premier ministre, ni l’ambassadeur de Belgique ne sont informés de l’initiative. Quand il l’apprend, l’ambassadeur belge rappelle que " rien ne peut être fait sans demande préalable de Patrice Lumumba, et je pars la demander ".

Lumumba révoque le général Janssens

Patrice Lumumba est furieux de l’initiative du commandant en chef : le général Janssens dépend de lui, et il l’a court-circuité en s’adressant directement à l’armée belge. Or le traité avec la Belgique du 29 juin précise que seul le ministre congolais de la Défense peut faire appel à l’armée belge. C’est la rupture. Patrice Lumumba destitue le général et exige son départ dans les 24 heures.

De son côté, le gouvernement congolais est manifestement pris de court par la mutinerie et débordé. Le Premier ministre congolais est convaincu que les Belges préparent un coup d’Etat contre lui. Il dénonce un projet d’attentat, sans qu’aucun élément sérieux le vérifie.

La « nuit des Russes », la folle nuit du 7 au 8 juillet

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La mutinerie de la Force publique, à Léopoldville. Le ministre Bomboko intervient pour ramener le calme © Droits réservés (Patriote illustré)

Les rumeurs courent chez les soldats : une intervention des paras belges ou un complot des Belges, un massacre de soldats congolais et même l’arrivée d’avions russes à l’aéroport. Le camp Léopold se soulève à partir de 22 heures. Les mutins prennent la chambre forte aux officiers belges, et s’égaillent dans la ville toute la nuit en tirant en l’air. Les mutins prennent le contrôle des grands axes de la capitale. Certains soldats cherchent le général Janssens, qu’ils croient encore à Léopoldville, alors qu’il a été exfiltré discrètement cette nuit-là à Brazzaville, de l’autre côté du fleuve.

Le 8 juillet, l’exode des Blancs

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L’exode des Européens, à Brazzaville © Fonds A. Cauvin, Ceges
La reine Elisabeth à l’arrivée de réfugiés à l’aéroport de Bruxelles National © Agence de presse Moysard, Ceges
L’exode des Européens arrivés à Anvers © Photo Tombeur, Ceges

Il n’y a ni mort, ni blessé, ni chez les Congolais, ni chez les Européens. Mais c’est la panique chez les Blancs. Le lendemain matin, des milliers d’Européens se massent à la toute nouvelle ambassade de Belgique et cherchent à prendre les vedettes, les bateaux qui font la traversée du fleuve vers Brazzaville. La ville blanche comptait 20.000 Européens, elle est quasi déserte.

A Bruxelles, le Premier ministre Eyskens se veut rassurant : " Les derniers événements sont les petites convulsions inévitables d’un jeune Etat ".

Les ministres « otages » au camp militaire

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Patrice Lumumba et Joseph Kasa-Vubu, à la Table ronde en février 1960 © Belga

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Un évènement décisif ramène le calme. Le gouvernement Lumumba est contraint de siéger au camp Léopold, le 8 juillet. Le président Kasa-Vubu y assiste comme commandant suprême des forces armées.

Thomas Kanza, jeune ministre, est présent :

" Nous avons trouvé une solution. Après le départ du général Janssens, nous avons tenu un conseil des ministres au camp Léopold. Nous étions entourés par des militaires. De temps en temps, la porte s’ouvrait, un officier belge entrait pieds nus, on le mettait à genoux dans un coin de la salle et il assistait à la réunion des ministres. Les mutins ont fait entrer comme ça trois ou quatre officiers belges. "

Les soldats veulent des officiers congolais

" Les mutins voulaient que ces officiers soient témoins que la Force publique n’était pas africanisée. Or, dans l’armée, le plus haut gradé congolais était adjudant-chef. Les mutins voulaient montrer au gouvernement congolais qu’il n’était pas normal que les officiers et le commandant en chef de l’armée soient tous Belges, alors que le pays est indépendant. "

  • Les soldats font pression sur le gouvernement ?

" Oui, nous étions otages. A ce moment-là, le gouvernement, avec sagesse, a demandé aux militaires de nous désigner leurs gradés. Le plus haut gradé parmi eux, c’était Kokolo, qui a donné son nom au camp de Kinshasa. On l’a fait rentrer et on lui a dit qu’il devenait commandant, et on l’a nommé chef du camp militaire. Lundula était sergent-major de la Force publique. Nous l’avons nommé général commandant en chef : c’était vraiment de l’improvisation. "

Mobutu, nommé chef d’état-major, prend la direction de l’armée

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Patrice Lumumba, Premier ministre et ministre de la Défense, et Joseph Mobutu, chef d’état-major © Droits réservés
Le colonel Mobutu, en septembre 1960 (2) © Droits réservés

" Ensuite, on s’est mis à discuter sur celui qui serait chef d’état-major et remplacerait le général Janssens. Et Lumumba s’est rappelé que le secrétaire d’État Joseph Mobutu avait fait sept années à la Force publique. Je me rappelle très bien Lumumba disant : ‘Et toi, Joseph, tu as été militaire, non ?’ "

  • Presque par hasard ?

" Par hasard, peut-être, mais je crois que c’était quand même bien préparé. Parce que Mobutu n’était pas un homme à sous-estimer : il avait bien préparé son coup. Il était présent, il était secrétaire d’État, donc il assistait au conseil des ministres.

Et Lumumba a dit à Mobutu : ‘Joseph, tu as été militaire, débrouille-toi, tu sors de la salle, tu vas chercher l’uniforme d’un colonel, on va te nommer colonel chef d’état-major’. Voilà comment Mobutu a été nommé, séance tenante. "

Le 8 juillet, la Force publique est africanisée

La Force publique devient ce jour-là l’" Armée nationale congolaise ". Son africanisation ramène petit à petit le calme dans les garnisons. Les 9 et 10 juillet, les soldats congolais désignent leurs officiers subalternes et leurs conseillers belges. Plusieurs ministres congolais rassurent et protègent les Européens. D’après les observateurs, tout peut encore être sauvé.

L’ambassadeur de Belgique conseille aux femmes et aux enfants d’évacuer, et demande aux hommes de rester à leur poste " si les conditions locales le permettent ". Beaucoup d’entre eux quittent aussitôt le pays en passant par l’aéroport, par les ports, et par les pays voisins.

Dix mille soldats belges arrivent au Congo

Les premiers renforts de l’armée belge arrivent au Congo le 8 juillet. Les avions du pont aérien qui évacuent les Européens sont, lors de leur vol aller, pleins de militaires belges. Ils seront au total 10.000 en quelques jours, venus renforcer les soldats belges déjà présents au Congo. L’envoi de ces renforts se décide sans concertation avec le gouvernement congolais.

L’armée belge au Congo

Les forces belges, les " forces métropolitaines ", sont cantonnées dans trois bases belges. Elles comptent, en 1960, 2100 militaires, tous volontaires, avec une dizaine d’avions armés, des avions de transport et des navires de guerre. Elles peuvent intervenir dans tout le pays en moins de 24 heures. L’armée belge a préparé des plans d’intervention en cas de menace sur les Belges du Congo.

Les Européens disposent aussi du " Corps des volontaires ", avec 3000 hommes organisés en groupes d’autodéfense, qui peuvent, au besoin, être autorisés à porter des armes.

Matadi : la peur dans les deux camps, et c’est le drame

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Le Congo belge en 1960, grand comme 77 fois la Belgique © Tous droits réservés

La mutinerie touche soudain le port de Matadi, qui donne accès à l’océan Atlantique. Les soldats Congolais s’inquiètent de la présence des bateaux de la Force navale belge et craignent les civils européens armés. C’est la peur des deux côtés. Des Européens sont arrêtés et battus et deux femmes violées. Les Blancs sont emmenés dans le camp militaire, comme " boucliers humains ".

L’intervention d’un prêtre congolais permet l’évacuation des Belges, à condition que les navires de guerre quittent le port. Le président Kasa-Vubu et le Premier ministre Lumumba font libérer les prisonniers. Le 10 juillet, il ne reste que quelques Européens à Matadi.

Le 9 juillet, le gouvernement belge divisé

Le gouvernement Eyskens est unanime pour une intervention militaire si la vie des Belges est menacée, même sans l’accord du gouvernement congolais, au nom du principe d’assistance à ses ressortissants. Mais le gouvernement se divise ensuite : les libéraux veulent une intervention si " les personnes et les biens " sont menacés, et les " prudents " veulent s’en tenir uniquement à la sécurité des personnes.

L’ambassadeur belge à Léopoldville et le consul belge à Brazzaville recommandent la prudence, car ils craignent une escalade incontrôlable. L’ambassadeur de Belgique insiste pour avoir l’accord du ministre congolais de la Défense avant toute intervention. Finalement, l’intervention de l’armée belge est autorisée d’office " localement " si des vies sont menacées. L’armée belge, on le verra, interprétera ces décisions à sa manière.

Par ailleurs, les réservistes paracommandos sont rappelés et la Sabena doit affecter toute sa flotte au pont aérien.

Un scénario dramatique qui se répète

Des incidents graves avaient éclaté les 8 et 9 juillet dans deux villes de la province du Katanga, au sud-est du Congo. Les soldats congolais croient que les officiers belges veulent les tuer, ces derniers, ajoutent-ils, ont d’ailleurs évacué leurs familles. Les officiers veulent contrôler l’arsenal et l’armée belge pourrait surgir. Des incidents suivent, et les Européens évacuent précipitamment. Il y a deux tués, ce sont les premières victimes européennes.

Cet enchaînement dramatique se répétera dans plusieurs villes, comme le décriront Jules Gérard-Libois et Benoît Verhaegen, du CRISP : panique réciproque, avec de fausses nouvelles, autodéfense des Européens, tentatives de retirer armes et munitions aux soldats, peur des soldats congolais d’être tués par les officiers ou par l’armée belge, recherche des Européens pour les désarmer et emprisonnement des officiers, évacuation des Blancs enfin.

La nuit du 9 au 10 juillet, la mutinerie d’Elisabethville

Les mutineries de début juillet étaient spontanées. A l’inverse, à Elisabethville, aujourd’hui Lubumbashi, le chef-lieu de la province, la mutinerie est préparée par certains soldats congolais. Ils ont discuté toute la journée des incidents dans la province. A 23 heures, des officiers belges rencontrent des Congolais en tenue de combat, ce sont les premiers coups de feu. Les mutins prennent l’arsenal et les munitions. Un officier est tué. La police militaire vient au secours des officiers belges.

Quand le jour se lève, la mutinerie est maîtrisée, mais les mutins ont tiré sur des civils dans la ville : il y a sept morts européens, dont cinq civils. Deux mille Blancs se sont réfugiés en groupe d’autodéfense dans une école. L’armée belge arrive à Elisabethville avec 600 soldats à 6h20 du matin et se déploie dans la ville sans tirer un coup de feu.

L’armée belge intervient après une nuit de grande confusion

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Le 10 juillet, les paracommandos belges à Elisabethville © M. et Mme Vancompernolle, Ceges

Un imbroglio incroyable s’est déroulé toute la nuit. A Bruxelles, les ministres des Affaires étrangères et de la Défense décident l’intervention militaire au Katanga. Les ministres belges le font savoir au consul de Belgique à Elisabethville, qui saisit le commandement belge au Congo.

L’ambassadeur de Belgique est averti : il interdit la transmission du message à la base militaire belge de Kamina. L’ambassadeur veut obtenir l’accord de Patrice Lumumba. Il redoute qu’une intervention belge contre l’armée congolaise entraîne de nouvelles mutineries. Toute la nuit, il cherche à informer le président et le Premier ministre, alors dans le Bas-Congo, sans y parvenir.

Finalement, l’armée belge interviendra sans l’accord de Patrice Lumumba, pour protéger les Belges.

Le 11 juillet, le Katanga fait sécession

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Entrée triomphale de Moïse Tshombe à Elisabethville, après la déclaration d’indépendance du Katange, le 11 juillet. © Ceges
Moïse Tshombe, président du Katanga indépendant, avec des mercenaires occidentaux © Georges Cockelberg, Ceges

Dès le lendemain, le 11 juillet, Moïse Tshombe, le président provincial du Katanga, annonce l’indépendance de sa province. Le Katanga est une province minière. C’est le poumon économique du Congo, avec d’importants intérêts économiques et stratégiques pour la Belgique. Tshombe est ouvertement pro belge. La présence de l’armée belge lui donne le soutien dont il avait besoin ce jour-là.

A partir du 12 juillet, l’armée belge modifie sa mission au Katanga. Elle s’en prend aux groupes de soldats mutinés et désarme toutes les unités de l’armée congolaise. La gendarmerie katangaise devient la force militaire de la sécession, et les troupes belges sont mises à la disposition du Katanga.

Le 12 juillet, Kasa-Vubu et Lumumba interdits d’atterrir au Katanga

L’armée belge occupe l’aéroport d’Elisabethville. Dans la soirée du 12 juillet, le président Kasa-Vubu et le Premier ministre Lumumba annoncent leur arrivée à Elisabethville. Le ministre katangais de l’Intérieur interdit l’atterrissage et menace le Premier ministre Lumumba d’être aussitôt arrêté. L’avion fait demi-tour. Le commandant Weber, qui dirige le contingent belge à Elisabethville " en félicite le gouvernement katangais ".

Lors de leur escale au retour, à la base de Kamina, le président et le Premier ministre sont tenus en joue par les militaires belges, pour, disent-ils " les protéger ". Des réfugiés les traitent de macaques.

Le président Kasa-Vubu et le Premier ministre Lumumba signent de Kamina un télégramme très ferme, où ils exigent le retour des soldats belges dans leurs bases dans les deux heures, et l’interdiction d’en sortir ensuite. C’est la première rupture avec la Belgique.

L’opération de l’armée belge au Kasaï

A Luluabourg, aujourd’hui Kananga, au Kasaï, la province du centre sud du Congo, les Européens se sentent menacés après des rumeurs de mutinerie. Les officiers belges distribuent des armes aux civils. Un millier de Blancs se réfugient le soir du 9 juillet dans l’immeuble Immokasaï, sous la protection des " volontaires ". La garnison congolaise se mutine le soir même et exige que les Blancs se rendent.

Le siège est éprouvant, il durera 24 heures. Les mutins veulent prendre d’assaut le bâtiment, des tirs sont échangés, il y a plusieurs soldats congolais et deux Blancs tués. Les paracommandos belges sautent à 18 heures, le 10 juillet, et dégagent le bâtiment avec succès.

Aucune demande n’a été faite au gouvernement congolais. Patrice Lumumba, arrivé à Luluabourg, autorisera le lendemain les paras belges à rester dans la ville pour protéger les Belges qui décident de rester sur place.

La « phonie » de la Force publique, dans toutes les garnisons du pays

Depuis le début de la mutinerie, la " phonie " de la Force publique, le réseau radio de l’armée, transmet toutes les informations alarmantes, instantanément, dans toutes les garnisons du pays. Il est depuis peu aux mains d’opérateurs congolais, dont certains diffusent des informations parfois exagérées ou des rumeurs inquiétantes.

Comme l’a montré L.-F. Vanderstraeten en travaillant sur les écoutes du réseau, la phonie a joué un rôle clé dans les affrontements avec l’armée belge dans les jours qui suivent.

Le 11 juillet, l’escalade militaire : l’armée belge attaque le port de Matadi

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Les fusiliers marins avant l’assaut à Matadi, le 11 juillet 1960 © Force navale, MRA
Les chasseurs ardennais avant l’assaut à Matadi, le 11 juillet 1960 © Musée des Chasseurs ardennais
Les fusiliers marins débarquent au port de Matadi, le 11 juillet 1960 © Famille Louvigny

A partir du 11 juillet surgit un autre conflit. Deux armées se font face désormais : l’armée belge, et l’armée congolaise, mais avec des officiers belges à sa tête. Nous assistons en réalité au début d’une guerre coloniale.

Dans la nuit, la base belge de Kitona, à l’embouchure du fleuve, à l’ouest du Congo, donne l’ordre de prendre le port et la ville de Matadi. Les bateaux belges appareillent à 2h15. A Matadi, il ne reste que quelques Européens. Le but n’est donc pas de protéger des Belges, mais bien, comme le déclarera le ministre De Schrijver " de protéger les installations portuaires dont l’intérêt économique pour tout le Congo était évident ".

Dix-neuf morts, dont « des policiers congolais tués de sang-froid »

Le correspondant du Daily Mail relate les récits des témoins de ce 11 juillet et ce qu’il a vu à son arrivée : " Lundi matin quatre navires de guerre sont entrés dans le port. Les troupes belges surgirent des bateaux, tirant en marchant sur la ville. Au même moment, les bateaux ouvrirent le feu. Plus tard, quatre avions belges ont survolé Matadi, tirant sur la ville avec leurs mitrailleuses et leurs canons ".

" Dans les docks, j’ai vu des centaines de trous faits par les balles. On trouvait des douilles partout. Dans une ruelle étroite, quatre policiers congolais qui cherchaient refuge ont été tués de sang-froid. Les murs étaient tachés de sang. A l’hôpital, j’ai vu les blessés. C’est là que j’ai appris la mort d’un soldat congolais, ce qui porte le bilan des morts de cette folle journée à dix-neuf ".

Le début d’une guerre coloniale

L’attaque de l’armée belge échoue. Il y a dix-neuf morts congolais et quatorze chasseurs ardennais belges blessés. A la fin de la journée, le commandant de l’armée belge au Congo donne fermement l’ordre de cesser le feu, puis de réembarquer.

Le professeur Vanderlinden s’interroge : l’attaque est-elle décidée à Bruxelles sous l’influence des " durs " du gouvernement, mais alors, pourquoi renoncer le soir même ? L’armée belge a-t-elle interprété les ordres à sa manière, à Bruxelles, ou au Congo ? Ou fallait-il faire une épreuve de force avec l’armée congolaise, alors qu’on allait vers l’apaisement ?

Le même jour, les forces belges tentent de prendre tous les autres ports du bas-fleuve. L’armée belge a sans doute commencé à mettre en œuvre le " plan Camoëns ", qui consistait à occuper militairement la zone du bas-fleuve et à y installer un " protectorat belge ".

Des conséquences dramatiques

La nouvelle de l’attaque parvient à toutes les garnisons de l’armée congolaise par le réseau de la phonie. A Thysville, à 200 km de là, sur la route entre Léopoldville et Matadi, le nouveau commandant du camp militaire, le colonel Bobozo surgit au mess : " Vous tirez sur les nôtres à Matadi ", lance-t-il aux officiers belges présents. Ces derniers s’informent et démentent, et pour cause : les forces métropolitaines nient tout, car elles veulent garder l’opération secrète.

Le colonel Bobozo envoie une colonne blindée vers Matadi. Un avion belge attaque la colonne et tire une roquette sur une auto blindée, puis mitraille le convoi. Deux soldats congolais sont tués.

Le professeur Vanderlinden juge que l’attaque de Matadi était une "une intervention injustifiée et injustifiable, qui aura des conséquences désastreuses ".

Une nuit tragique à Thysville

La colonne revient au camp de Thysville, où les soldats congolais se déchaînent. C’est le drame : les soldats arrêtent tous les officiers blancs et les mettent au cachot. Cinquante femmes européennes subissent toute la nuit des viols répétés, parfois devant leurs enfants. Des civils encore dans la région sont arrêtés brutalement.

Les civils sont libérés le lendemain, et les officiers le 13 juillet, chaque fois par des ministres congolais. Les violences, cette fois encore, ne sont pas le fait de tous les soldats, certains d’entre eux protégeant les Européens.

Le coup de grâce : « Vous avez tué nos frères »

L’attaque de Matadi aura des répercussions à travers le pays. La confiance entre les soldats congolais et leurs officiers est ébranlée : " Vous avez tué nos frères ". A Léopoldville, les mutins reprennent les armes et arrêtent ou expulsent les officiers. Dans d’autres régions éclatent de nouvelles mutineries et des violences sont commises sur les Blancs.

Le traité d’amitié belgo-congolais violé trois fois

Pour la troisième fois, la Belgique n’a pas demandé l’accord du ministre congolais de la Défense, Patrice Lumumba. Et l’attaque de Matadi ne peut être justifiée par le but de protéger des Belges menacés. Le traité d’amitié a été violé, et les tentatives de médiation pour permettre à l’armée belge d’intervenir pour protéger les Européens sont interrompues. Certains ministres congolais envisagent de demander l’aide des Etats-Unis.

Le 12 juillet, le Congo dénonce l’agression belge et fait appel à l’ONU

Le président Kasa-Vubu et le Premier ministre Lumumba, toujours en tournée dans le pays pour y ramener le calme, télégraphient le 12 juillet à l’ONU et demandent " une aide militaire des Nations-Unies ", en dénonçant " l’acte d’agression contre notre pays, par l’envoi de troupes belges en violation du traité d’amitié signé entre les deux pays ", et en accusant " le gouvernement belge d’avoir minutieusement préparé la sécession du Katanga ".

Les fonctionnaires belges encouragés à quitter le Congo, sauf au Katanga

Le gouvernement belge déclare le 12 juillet que tous les fonctionnaires belges du Congo sont " dans l’impossibilité de travailler au Congo ". Cette " prime à la fuite " entraîne des départs en grand nombre. En quelques jours, le Congo perd, et pour longtemps, tous ses cadres dans l’administration, la justice, le secteur médical, l’enseignement et les transports.

Au Katanga en sécession, le consul de Belgique donnera une instruction inverse, le 17 juillet, avec " l’ordre à tous les agents et fonctionnaires belges du Katanga de rester à leurs postes, toute action contraire est considérée comme un manquement grave ", et confirme que le gouvernement belge adopte la même position.

Le 13 juillet, les paras belges prennent l’aéroport de Léopoldville

L’armée belge prend l’aéroport international de la Ndjili, à Léopoldville le 13 juillet. Un soldat congolais est tué, un autre blessé, deux femmes et un civil belge sont blessés. L’armée belge occupe certains grands axes de Léopoldville. En ville, les paras belges exécutent de sang-froid un groupe de soldats congolais qui escortaient des réfugiés. Une vingtaine d’interventions de l’armée belge se déroulent ensuite dans plusieurs régions du Congo.

Le 14 juillet, le Congo rompt les relations diplomatiques avec la Belgique

Le président Kasa-Vubu et le Premier ministre Lumumba, toujours en tournée dans le pays, apprennent tardivement, le 14 juillet, l’attaque de Matadi. Ils annoncent au gouvernement belge, par télégramme, la rupture des relations diplomatiques " à la suite de la violation flagrante par la Belgique du traité d’amitié qui prévoit que les troupes belges ne peuvent être utilisées au Congo qu’à la demande du gouvernement congolais, et à l’atteinte de l’intégrité du territoire national en suscitant la sécession du Katanga ".

Dans la foulée, ils envoient un télégramme à Nikita Krouchtchev, dirigeant de l’URSS, en lui annonçant que " devant le complot de la Belgique contre notre indépendance, nous pourrions être amenés à solliciter l’intervention de l’Union soviétique ".

L’avion du président et du Premier ministre congolais détourné par l’armée belge

Deux incidents apparemment mineurs vont alourdir considérablement le climat entre la Belgique et les dirigeants congolais.

Le 14 juillet, le président et le Premier ministre décident de rejoindre Stanleyville, le chef-lieu de la province Orientale. L’armée belge prend alors l’incroyable décision d’ordonner au pilote de détourner l’avion vers Léopoldville sans en informer les deux dirigeants congolais.

A leur descente de l’avion, le président Kasa-Vubu et le Premier ministre Lumumba, stupéfaits, sont accueillis par un général belge et une " garde d’honneur " de militaires belges armés. Les deux dirigeants congolais sont affolés. Ils croient qu’on va les arrêter, alors que le général belge tente maladroitement de les convaincre d’accepter l’intervention militaire belge.

Le comble a lieu quelques heures plus tard, quand la camionnette de la Sabena dans laquelle Kasa-Vubu et Lumumba s’embarquent est solidement secouée par deux paras belges : c’est une véritable humiliation.

Pendant ces deux semaines de crise, les deux plus hauts dirigeants du Congo sont sur la même ligne. La rupture entre le président Kasa-Vubu et le Premier ministre Lumumba interviendra en août 1960.

Le 16 juillet, les Casques bleus de l’ONU débarquent à Léopoldville

Les Etats-Unis ne veulent pas d’une guerre coloniale au Congo, mais ils tiennent à ce que le Congo ne tombe pas dans le camp soviétique. L’ONU décide dès le 14 juillet d’intervenir au Congo. La résolution exige fermement de la Belgique le retrait de ses troupes au plus vite, mais la Belgique tentera de reculer l’échéance le plus tard possible. Les premiers casques bleus débarquent le 16 juillet. Ils seront jusqu’à 20.000 et resteront quatre ans.

La Belgique s’engage dans l’option katangaise

Le 12 juillet, le Premier ministre Eyskens se réjouit " de voir au Katanga un gouvernement capable de prendre des décisions " et précise que " les forces belges n’interviendront jamais dans un but politique avoué ou masqué ". Le 16 juillet, le gouvernement fait un pas de plus : " Le gouvernement du Katanga a proclamé son indépendance, l’ordre y règne. L’appui de notre collaboration est assuré au Katanga, comme dans toutes les autres régions du Congo où règnent la sécurité et l’ordre ". Avec la décision de l’ONU de retrait de l’armée belge, la plupart des officiers et conseillers restent au Katanga, mais officiellement à titre personnel.

Le 21 juillet, le roi Baudouin : " Des ethnies amies nous demandent notre aide "

Le 21 juillet, lors de la fête nationale, le message du roi Baudouin est consacré au Congo :

" La Belgique avait espéré que les populations du Congo seraient aptes à se gouverner elles-mêmes. Il n’en a pas été ainsi. Un mouvement d’affreuse cruauté s’est déchaîné dans la Force publique du Congo, et des autorités responsables, loin de le combattre, se sont efforcées de dresser contre des Belges le peuple congolais ".

Ensuite, la phrase qui explique et défend l’appui de la Belgique à la sécession katangaise :

" Des ethnies entières, à la tête desquelles se révèlent des hommes honnêtes et de valeur, nous ont conservé leur amitié et nous adjurent de les aider à construire leur indépendance au milieu du chaos qu’est devenu aujourd’hui ce que fut le Congo belge. Notre devoir est de répondre à tous ceux qui nous demanderont loyalement notre collaboration ".

En septembre, le gouvernement Eyskens est remanié : victoire des " pro-Katanga "

 

Le gouvernement est divisé : soit appuyer fermement l’option katangaise, et repartir de cette province pour réunifier un Congo pro-belge, au risque de soutenir une sécession, soit soutenir l’Etat congolais unitaire, tout en essayant d’en changer la direction.

Le Roi Baudouin est mécontent de la manière dont le gouvernement Eyskens a géré la décolonisation et la crise congolaise. Il veut écarter Eyskens et mettre en place un cabinet d’affaires. Le Premier ministre Eyskens refuse et lui fait savoir le risque d’une nouvelle " affaire royale ", dont cette fois, la monarchie belge ne se relèverait pas.

Finalement, le gouvernement Eyskens sera remanié en septembre. Mais les ministres " pro-Congo " sont remerciés. La ligne dure, la ligne " pro-Katanga " l’emporte. Harold d’Aspremont Lynden, proche de l’Union minière et de la Société générale de Belgique devient ministre des Affaires africaines. Il est ouvertement favorable à la sécession katangaise.

Le Congo sombre ensuite dans la débâcle : en août, la province du sud Kasaï proclame sa sécession, qui sera durement réprimée par l’armée congolaise. A Léopoldville, c’est la crise politique : le président Kasa-Vubu révoque le Premier ministre Lumumba, qui lance une procédure de destitution du président. Le colonel Mobutu fait son premier coup d’Etat le 14 septembre, et " neutralise " le président Kasa-Vubu et le Premier ministre Lumumba.

 

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Pour aller plus loin…

- La crise congolaise, J. Vanderlinden, Complexe, 1985

- Congo 1960, tomes 1 et 2, J. Gérard-Libois et B. Verhaegen, Les dossiers du CRISP, 1961

- La décolonisation, P. De Vos, ABC, Grands dossiers de la RTBF, 1975

- De la Force publique à l’Armée nationale congolaise – Histoire d’une mutinerie, juillet 1960, L.-F. Vanderstraeten, Académie royale de Belgique, 1983

- Patrice Lumumba. La crise congolaise revisitée, Jean-Claude Willame, Karthala, 1990

- Le Congo s’embrase, Hugues Wenkin, Weyrich, 2017

- Mémoires noires, les Congolais racontent le Congo belge, 1940-1960, F. Ryckmans, Racine RTBF, 2020, ainsi que Mémoires noires d’une indépendance et Journal d’une indépendance, émissions radio RTBF de 2000 et de 2010.

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Lire aussi…

Congo 1960 – épisode 1 : le 20 janvier 1960, il y a 60 ans, la Table ronde, le Front commun des Congolais

Congo 1960 – épisode 2 : le 27 janvier 1960, les Congolais annoncent : l’indépendance, ce sera le 30 juin

Congo 1960 – épisode 3 : le 20 février 1960, la fin de la Table ronde, le " pari congolais " des Belges, un pari qui sera perdu

Congo 1960 – épisode 4 : mars 1960, retour sur la décolonisation, de la colonie " modèle " au Congo indépendant, de 1940 à 1960

Congo 1960 – épisode 5 : avril 1960, la Table ronde économique, hold-up sur l’économie du Congo belge

Congo 1960 – épisode 6 : mai 1960, les premières élections au Congo, l’alliance autour de Patrice Lumumba arrive en tête

Le 4 janvier 1959, le soulèvement de Léopoldville

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Les Congolais racontent le Congo belge : écoutez ou réécoutez les podcasts des émissions radio " Mémoires noires ", diffusées en 2000 :

Auvio : https://www.rtbf.be/auvio/emissions/detail_memoires-noires?id=17099

Apple podcast : https://itunes.apple.com/us/podcast/id1518533904

Pocket Cast : https://pca.st/podcast/1eb0fd50-9109-0138-ee69-0acc26574db2

RSS : http://rss.rtbf.be/media/rss/audio/17099.xml

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