Burundi: quatre à sept morts dans de violents affrontements à Bujumbura

Au moins quatre civils ont été tués à Bujumbura, au cours de violents affrontements qui ont opposé dans la nuit de samedi à dimanche les forces de l'ordre aux insurgés armés qui combattent le pouvoir du président Pierre Nkurunziza, selon la police et des témoins, alors que des ONG ont fait état d'au moins sept morts.

D'après ces sources, deux civils et trois policiers ont également été blessés.

Selon le porte-parole adjoint de la police, Moïse Nkurunziza, tout a commencé quand la police est allée arrêter un groupe de jeunes qui tenaient une réunion pour préparer une attaque à la grenade, dans un bar de Ngagara, un quartier contestataire du nord de la capitale burundaise.

"Les policiers se sont faits tirer dessus par des criminels armés qui ont également lancé des grenades", puis la violence s'est répandue comme une traînée de poudre de quartier en quartier, a-t-il poursuivi, citant notamment Nyakabiga, Jabe et Bwiza (centre), et les quartiers de Musaga et Kanyosha dans le sud.

"Le matin, nous avons trouvé trois cadavres de civils à Ngagara où il y a eu trois blessés - deux civils et un policier - alors qu'un autre civil a été tué dans le quartier de Kanyosha (sud) et deux autres policiers ont été blessés par l'explosion d'une grenade à Musaga (sud)", a détaillé le porte-parole adjoint de la police.

Mais des organisations non gouvernementales ont mentionné un bilan de sept morts. Dont certains causés par des hommes en uniforme, a précisé le président de la ligue burundaise des droits de l'Homme, Anschaire Nikoyagize, à l'agence de presse allemande DPA.

Selon plusieurs habitants contactés par téléphone, cette flambée de violence a duré plus de deux heures et a été ponctuée de tirs d'armes automatiques et de mitrailleuses, d'une quinzaine d'explosion de grenades et d'obus de mortier.

Un témoin a indiqué à l'agence Belga que quatre tirs de mortier avaient été entendus dimanche vers 13h00 locales (12h00 HB) à Bujumbura.

"Des bandes armées non identifiées"

Ces tirs de mortier ont visé le quartier asiatique, situé à proximité du port de la capitale burundaise, alors que de premières informations faisaient état de tirs en direction du siège de la Radio-télévision nationale burundaise (RTNB), selon la même source.

"Les responsables de cette insécurité sont des bandes armées non identifiées (...), et la police est intervenue pour mettre fin à toute cette violence", a assuré Moïse Nkurunziza.

Depuis plusieurs mois, les affrontements violents entre des insurgés, issus de la contestation du 3e mandat du président Pierre Nkurunziza, et les forces de l'ordre se sont multipliés à Bujumbura, malgré une campagne de désarmement forcé lancée il y quelques semaines.

Au moins sept personnes ont été tuées dans de tels affrontements dans plusieurs quartiers de Bujumbura dans la nuit de dimanche à lundi. Deux jours plus tard, deux obus de mortier tirés depuis les collines surplombant Bujumbura ont explosé à quelques centaines de mètres de l'enceinte abritant le palais présidentiel, sans faire de victime, ont indiqué à l'AFP plusieurs sources diplomatiques, ce qui a été démenti par le porte-parole de la police.

Le pouvoir burundais a récemment indiqué avoir récupéré une vingtaine d'armes lors des opérations de fouille des quartiers contestataires, parlant de "succès", alors que selon de nombreux témoignages, les armes y pullulent désormais. Selon les contestataires, la Constitution et l'accord d'Arusha ayant mis fin à la guerre civile (300 000 morts entre 1993 et 2006) interdisent à Nkurunziza d'effectuer un troisième mandat.

La répression de six semaines de manifestations populaires, l'écrasement d'une tentative de coup d'Etat militaire et la réélection en juillet de Nkurunziza n'ont pas empêché l'intensification des violences, désormais armées.

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