A peine touché par l’épidémie, le Ghana prend les devants et ferme frontières, écoles et lieux de culte

Quelques jours après l’annonce des premiers cas de coronavirus au Ghana, les autorités ont décidé de fermer les frontières aux ressortissants des pays qui comptent plus de 200 cas. "Tous les voyages au Ghana sont fortement déconseillés", a déclaré dimanche le ministre de l’Information. Quelque 9 cas ont d’ores et déjà été recensés dans le pays.

Pour éviter la propagation de l’épidémie, le président avait déjà interdit aux ministres de se rendre à l’étranger. Les autorités avaient initialement misé sur le même dispositif mis en place pour juguler la progression de l’épidémie d’Ebola, notamment avec la prise de température à l’aéroport. Mais le développement du Covid-19 dans le pays a forcé le gouvernement à prendre d’autres mesures.

Les écoles, mosquées et églises du pays sont fermées pour au moins quatre semaines. Tous les ressortissants ghanéens et les titulaires d’un permis de résidence de retour d’un séjour à l’étranger sont appelés à se mettre d’eux-mêmes à l’isolement pendant une durée de deux semaines. Le service ghanéen de santé a également annoncé que des officiers seraient chargés d’appeler ou de rendre visite aux personnes soumises à la mise en quarantaine pour s’assurer que les directives sont bien respectées.

Miser sur l’auto-confinement

Mais cette mesure n’est pas du tout suivie par les autorités. Francis (le prénom a été modifié), d’origine béninoise, qui vit et travaille depuis plusieurs années à Accra, est dans cette situation. Lors d’un trajet en bus entre Cotonou et Accra, il doit faire des arrêts aux frontières béninoises et togolaises.

"A la frontière béninoise, il y a un dispositif de lavage des mains, mais la prise de température des passants n’est pas systématique, à l’inverse de la frontière du Togo", explique-t-il. "Je suis autorisé à entrer dans le pays, car je suis titulaire d’un permis de résidence", avance-t-il.

Mais, alors que les autorités appellent normalement à la mise en quarantaine, il n’y a pour l’heure aucun suivi. "Je me suis mis moi-même en quarantaine, car je peux travailler depuis chez moi, et je limite au maximum mes déplacements mais je suis quand même obligé de sortir pour faire des courses, mais je porte toujours un masque", poursuit-il.

Un autre événement a marqué Francis à l’aéroport d’Abidjan : "Je porte un masque et un agent des forces de sécurité ironise : 'Tu vas en Chine ou quoi ? C’est juste une forte fièvre, ça va se régler bientôt'", s’entend-il dire.

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