PRISM: Keith Alexander, un "dieu de la guerre" à la tête de la NSA

Le général Keith Alexander, patronn de la NSA depuis 2005
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Le général Keith Alexander, patronn de la NSA depuis 2005 - © WIN MCNAMEE - IMAGEGLOBE

En quelques années, le patron de la NSA, le général américain Keith Alexander, a construit une véritable armée capable de mener une guerre cybernétique.

La NSA, National security Agency, soupçonnée d’avoir espionné les communications de l’Union européenne et d’autres pays, a été créée dans le plus grand secret par le président Harry Truman en 1952. Elle est plus mystérieuse encore que la CIA, et probablement plus puissante. Son budget est classifié mais serait le plus important de toutes les agences du renseignement.

La NSA est basée à Fort Meade, dans le Maryland. On a construit au beau milieu d’une forêt une véritable ville secrète pour abriter son siège: il y a une cinquantaine de bâtiments, dont un bureau de poste et une caserne de pompiers. Tout cela est extrêmement sécurisé: clôtures électriques, caméras de surveillance, détecteurs de mouvements et barrières antichar.

"Le dieu de la guerre"

Le nombre de personnes employées par la NSA et lui aussi tenu secret: plusieurs milliers d’analystes et de traducteurs notamment, chargés de scanner les écoutes téléphoniques, les courriers électroniques et les échanges sur les réseaux sociaux. Il faut y ajouter des centaines d’ingénieurs et d’informaticiens. Sans compter tous les consultants externes. Selon Dana Priest et William Arkin, auteurs de Top Secret America, "chaque jour, les systèmes de la NSA interceptent et stockent 1,7 milliard de courriels, de conversations téléphoniques et autres types de communication".

Depuis 2005, c’est le général Keith Alexander qui est à la tête de la NSA. Il est surnommé "Le dieu de la guerre" par le magazine Wired, qui explique qu’il a mis en place, petit à petit, "une cyberarmée secrète qui, aujourd’hui, est prête à passer à l’attaque". En effet, la NSA ne se contente pas d’espionner les communications téléphoniques et internet. Désormais, "à travers des frappes ‘cyberkinétiques’, ils ont les moyens de détruire physiquement les défenses et les infrastructures d’un adversaire des Etats-Unis, voire de tuer" selon le magazine. Le général Keith Alexander a 61 ans et il a annoncé qu’il se retirera en 2014.

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A.L.

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