Google dépose discrètement un brevet pour surveiller ses utilisateurs

Consultable en ligne, le brevet fait mention d’un "vérificateur de violation de règles", et suscite déjà des réactions inquiètes. Google voudrait créer un outil qui signalerait automatiquement à l’utilisateur, et potentiellement à son employeur, que ses propos sont problématiques.

Une alerte à votre employeur avant l’envoi du mail

Le système agirait de la même manière que le vérificateur d’orthographe qui corrige vos fautes. La correction se ferait donc en temps réel à mesure que l’utilisateur écrit son texte, et précéderait ainsi tout envoi. Si un document contient des "phrases problématiques" entrant en conflit avec la loi, le contrat de travail ou le règlement intérieur de l'entreprise, vous serez automatiquement notifiés par une alerte, et invités à modifier vos propos. Votre employeur recevra également une notification, explique le Huffington Post.

Une intrusion abusive dans la vie privée

L’intrusion abusive dans la vie privée de ses utilisateurs est vivement reprochée à Google. Dans une interview de 2010, l’ancien PDG de l’entreprise, Eric Schmidt, s’exprimait déjà sur ce problème de surveillance. Aux personnes soucieuses du traçage en ligne de leur vie privée, ce dernier conseillait : "Si vous faites quelque chose et que vous voulez que personne ne le sache, peut-être devriez-vous déjà commencer par ne pas le faire". Un discours qui appuie le slogan de Google : "Don’t be evil" ("Ne soyez pas malfaisant").

Google se veut rassurant

De manière technique, le brevet prévoit que les utilisateurs choisissent eux-mêmes les termes problématiques à signaler. Dans le cas d’une compagnie fournissant une adresse électronique Gmail à ses employés, les employeurs seront ainsi en mesure de choisir les phrases à leur signaler, conformément à leur règlement. Google argumente évidemment en faveur de son outil, défendant son côté extrêmement préventif en cas de menace pour une société.

Le porte-parole de Google, Matt Kallman, explique cependant que même si le brevet était approuvé, l’outil technologique de vérification aurait du mal à voir le jour. "Nous soumettons de nombreux brevets. Certaines idées arrivent à maturité, d’autres tombent rapidement dans les oubliettes", rassure Kallman.

Y.S. avec The Huffington Post

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK