WikiLeaks: la campagne pour Louis Michel à l'ONU

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Les efforts faits par le gouvernement belge en 2009 pour que Louis Michel accède à la fonction de président de l'Assemblée générale des Nations-Unies n'ont pas été suffisants. On n'a pas réussi à convaincre Washington que Louis Michel était bel et bien un ami des États-Unis et Israël.

A l'automne 2009, Louis Michel, ancien ministre des Affaires étrangères et Commissaire européen jusqu'au printemps, a l'ambition de présider l'Assemblée générale des Nations unies. Cependant, les Belges se rendent compte que ce ne sera pas facile de convaincre les Etats-Unis de soutenir la candidature de Louis Michel, comme le raconte De Standaard, sur base de documents dévoilés par WikiLeaks.

Le 22 octobre 2009, Yves Leterme et son chef de cabinet rencontrent, pour la première fois, l'ambassadeur des Etats-Unis Howard Gutman.

L'ambassadeur écrit dans le rapport de cette réunion qu'Yves Leterme et l'un des "politiciens les plus populaires en Flandre", qu'il est supporter du Standard de Liège et qu'ils assisteront prochainement à un match de ce club.

"Mauvaise interprétation"

Mais Yves Leterme et Howard Gutman abordent aussi des sujets plus sérieux : "Yves Leterme s'est lancé dans un vigoureux plaidoyer en faveur de la candidature de Louis Michel pour la prochaine présidence de l'Assemblée générale", explique l'ambassadeur dans une dépêche qu'il envoie à Washington.

Howard Gutman se pose des questions sur ce que pense Louis Michel des Etats-Unis, Louis Michel ayant notamment critiqué l'intervention américaine en l'Irak.

On préfère savoir Louis Michel à New York

Le lendemain, c'est au tour du ministre des Finances Didier Reynders de rencontrer l'ambassadeur Gutman. Didier Reynders considère qu'il est "le meilleur candidat belge". Il bénéficie du soutien de nombreux pays dans l'Union européenne et a de bons contacts en Afrique. Mais il n'y a pas que ça : "Reynders a reconnu qu'il ne serait certainement pas mauvais pour lui personnellement que Louis Michel quitte le pays, vu la campagne de critiques que mène ce dernier contre lui au sein du parti libéral".

Mais ces entretiens n'auront pas convaincus les Américains, selon De Standaard. Le 14 décembre, la décision tombe et Louis Michel est battu d'une voix : "La décision a été prise d'une manière tranquille", explique une dépêche de la mission américaine auprès de l'ONU à New York ; "Joseph Deiss, ancien président de la Confédération suisse, a battu le candidat belge Louis Michel. Deiss est un artisan du consensus et devrait être, normalement, un président efficace, discret et impartial. "

 

A.L. avec De Standaard

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