Walking Dead: la saga des zombies se termine en BD

La saga "Walking Dead" se termine avec 33ème tome
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La saga "Walking Dead" se termine avec 33ème tome - © Tous droits réservés

Après 32 albums, la série qui a remis les hordes de morts-vivants au goût du jour s’arrête. Soutenue par une série télé, qui en est à sa dixième saison, elle a atteint des records de vente. Sa violence omniprésente et ses héros, fréquemment dévorés, lui ont voulu une longévité exceptionnelle pour une série publiée au rythme d’un album tous les six mois. Et puis surtout, elle a ramené le Zombie au sommet de la " Pop Culture "

Si vous demandez à la plupart des gens qu’elle image se forme dans leur esprit, vous pouvez être sûrs et certains qu’elle sera tirée de " Walking Dead ". En quelques années, cette série s’est imposée d’abord grâce aux BD, ensuite grâce à la série télé, comme l’histoire de morts-vivants par excellence. Ce succès est aujourd’hui  tellement fort, qu’il est devenu difficile, pour une autre histoire BD, de ne pas être comparée un minimum, par le lecteur, à la plus  célèbre histoire de zombie du monde des " comics ". 

 

Si nous avons réellement atteint un tel succès, je m’en réjouis " précise Charlie Adlard, " ce n’est pas à moi de juger si nous sommes devenus une référence, mais si c’est le cas c’est très flatteur. Vous savez, cette série a occupé la majeure partie de ma vie depuis 15 ans, lorsque j’ai terminé la dernière page du dernier épisode, je me suis écrié, vive la liberté créatrice retrouvée ! Mais au même moment, une autre partie de moi éprouvait déjà de la nostalgie ".

Ce n’est pas le Zombie qui compte, c’est l’histoire

 

 

"Walking Dead ce sont bien sûr des zombies, affreux, sales et méchants… Puants, sans doute aussi, vu leur état de décomposition mais ça, ni la BD, ni la série télé, ne permettent de s’en rendre compte…

Mais paradoxalement, selon Charlie Adlard " ce n’est pas ça la clef du succès. Les zombies sont un faire-valoir des personnages comme Michonne ou Rick, l’ex-policier. Ce sont leurs réactions face à l’univers de violence qu’ils affrontent qui compte. Cela met en lumière leurs côtés sombres. Et pour certains personnages, on finit par se demander s’ils ne finissent pas par être plus monstrueux que les zombies. C’est cela qui plaît au public "

La série BD ne lésine pas non plus sur la quantité de violence offerte au public. Elle s’est ainsi fait une spécialité de faire disparaître les héros auxquels le public s’attache, une tendance entamée bien avant " Games of thrones " et qui perdure jusqu’à la fin…

Comment vivre à côté de Walking Dead

Depuis la création de Walking dead, d’autres séries de zombies ont vu le jour parfois avec grand succès. Mais elles ont à chaque fois offert un petit à côté judicieusement choisi pour ne pas ressembler à Walking Dead. Les auteurs n’ont évidemment pas construit toutes leurs histoires juste en pensant à Walking dead. Loin de là ! Mais ils ont souvent eux-mêmes suivi où les comics ou la série télé. En étant d’ailleurs plus ou moins fan. Walking Dead est là, même s’ils sont loin d’écrire leur histoire en pensant uniquement à Rick et Michonne. 

L’exemple le plus ancien c’est évidemment Zombillenium d’Arthur de Pins, publié chez Dupuis.

L’auteur y développe un univers à l’opposé de Walking Dead. Il s’agit de monstres, zombies, vampires, momies qui se réfugient dans un parc d’attraction, se font passer pour de gentils animateurs déguisés, le tout pour échapper à la violence des humains. C’est ici l’humour, et pas l’horreur qui règne en maître. "J’ai suivi Walking Dead durant plusieurs saisons. Je n’ai pas pensé à cette histoire en créant la mienne mais, elle fait partie de l’univers Zombie. Mon histoire inverse en fait complètement la donne. " souligne Arthur de Pins.  

Chaque monstre incarne une classe sociale, les nobles sont des vampires par exemple. Les zombies, eux sont les ouvriers. Graphiquement je n’ai pas voulu les rendre moches. Je veux au contraire que les lecteurs s’y attachent. On est loin de Walking Dead".

David Tako, lui, signe " Green Class " au Lombard. Il nous offre aussi un scénario de zombie, mais ceux-ci subissent une contamination de type végétale. LeEnts du seigneur des anneaux ne sont pas loin. Et puis leur agressivité est moins évidente, presque en réaction à celle des humains. " J’ai clairement vu la série télé Walking Dead, je ne voulais pas avoir l’impression d’avoir une bonne idée de la mettre dans l’album et de me rendre compte qu’elle était déjà dans Walking Dead… Ceci dit contrairement à Walking Dead, je n’aime pas leur habitude de faire naître des personnages secondaires attachants, pour ensuite les donner en pâture aux zombies, sans abîmer les héros principaux. Je suis plus économe de leur vie. " 

 

Dans le cas de " Green Class ", Walking Dead est donc plutôt un modèle dont il faut s’éloigner, mais qui est bien présent quand même. 

Et si on ajoutait du Western ?

L’exemple le plus récent d’une histoire de Zombie détachée de " Walking Dead " nous vient des éditions Glénat. Pierre Place, y met un place le Mexique de 1910, ce Mexique révolutionnaire et insurrectionnel. Il y met bien sûr en scène une bourgeoisie bien assise sur ses privilèges, qui exploite les indiens locaux… Jusqu’au jour où " des calaveras ", des zombies ravagent la région. Ils sont rapides, puissants, inarrêtables.  Et soyons clair, il ne fait pas bon être humain… "J’ai voulu montrer qu’il s’agissait d’une révolution radicale qui entrainait un profond bousculement de l’ordre social. Et le côté Zombie m’aide à monter ce côté radical ".

Tout comme dans Walking Dead, il s’agit de la mise en scène d’une véritable explosion sociale. Mais la comparaison s’arrête là.   Mais le mélange audacieux des morts-vivants et des sombreros marche étonnamment bien. C’est audacieux, c’est réussi.

 

Evidement à lire tout cela, on peut avoir l’impression que seul le dessin de quelques zombies uni ces BD. Mai sen réalité elles ont un autre point commun, celui de nous pousser à nous demander qui de l’homme ou du zombie est vraiment le " monstre en marche".

Journal télévisé du 03/02/2020

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