Vous utilisez "Houseparty" pour vos apéros connectés ? Attention à la sécurité de vos données

Vous utilisez "Houseparty" pour vos apéros connectés ? Attention à la sécurité de vos données
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Vous utilisez "Houseparty" pour vos apéros connectés ? Attention à la sécurité de vos données - © Tous droits réservés

Rester chez soi, ne voir qu’un ami par jour (et encore, si possible toujours le même), faire ses courses en respectant des distances de sécurité… autant de mesures nécessaires pour lutter contre l’épidémie de coronavirus. Mais autant de mesures aussi qui pèsent sur le moral.

Alors, le soir, après une journée de télétravail ou de travail sur le terrain, pourquoi ne pas se détendre avec un bon apéro ? Avec un smartphone, un ordinateur ou une tablette, vous pouvez même transformer tout ça en soirée entre amis. De nombreuses applications permettent d’organiser des vidéoconférences à plusieurs.


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Parmi elles, Houseparty. Selon le site phonandroid, l’app figure dans le top 3 des plus téléchargées en France pendant le confinement. En Belgique aussi, vous n’avez sans doute pas échappé au conseil de cet ami ou de ce beau-frère qui a suggéré que tout le monde l’utilise pour discuter par écrans interposés autour d’un verre.

Pratique et ludique

Dans Houseparty, on peut faire échanger bien sûr, mais aussi participer à des jeux, le tout en se branchant à 8 personnes maximum. C’est plus convivial et moins austère que des concurrents tels que Skype de Microsoft ou Google Hangout.

L’application existe depuis 2016 et a rapidement connu le succès chez les jeunes Américains, au point de détrôner dans leur cœur et dans la paume de leur main Facebook et Snapchat.

Protection des données

Mais peut-on faire confiance à House Party ? "Aussi fun soit-elle, cette application commence à inquiéter", notent nos confrères de l’Echo.

"J’ai analysé les permissions de l’application et dans la mesure où celle-ci propose des chats en vidéo avec des amis, c’est logique que ces permissions soit nécessaires. Je n’ai rien pas trouvé d’utilisation abusive", rassure un expert en cybersécurité interrogé par Forbes.

Ceux qui prennent le temps de lire la politique en matière de vie privée de l’application avant de cliquer sur "accepter" apprendront notamment que l’app collecte, entre autres :

  • Les contacts du téléphone, entre autres "pour identifier d’autres utilisateurs que vous pourriez connaître";
  • l’adresse IP ;
  • l’opérateur téléphonique ou le fournisseur d’accès internet ;
  • le numéro d’identification du téléphone.

On descend encore un peu plus bas dans la "privacy policy" : "Vous acceptez que Life on Air [la société qui possède Housepartyn ndlr] est libre d’utiliser le contenu de n’importe quelle communication envoyée via ses services."

Les communications ne sont pas chiffrées

"L’application collecte le contenu de toutes les conversations. Cela signifie que les communications ne sont pas chiffrées et que House Party peut y avoir accès", observe Suzanne Vergnolle, spécialiste de la protection des données interrogée par BFM TV.

La liste continue… sans oublier que vous donnez l’autorisation de "partager n’importe quelle information que [Houseparty reçoit] avec d’autres entreprises et fournisseurs de service". A ceci près la société Life on Air s'engage à "ne jamais partager votre numéro de téléphone ou ceux de vos contacts avec des tiers".

Prudence, donc

Le coup de grâce en matière de vie privée arrive au point 8 : "Nous faisons tout pour que vos informations soient traitées de manière sécurisée […]. Malheureusement, internet n’est pas garanti sûr à 100%. Donc nous ne pouvons pas garantir la sécurité des informations que vous nous fournissez. Nous déclinons toute responsabilité en cas de fuite de données."

En fait, rien de bien nouveau sous le soleil des technologies. Consentir à l’utilisation d’un réseau social gratuit, c’est consentir aussi à céder quelques données en échange afin de rendre le service viable pour ceux qui l’ont créé.

Comme on dit, "il n’y a de fromage gratuit que dans les pièges à souris". Facebook, Snapchat ou encore Tik Tok ont eux aussi leurs biais en matière de vie privée.

En somme, si vous continuez à utiliser Houseparty, faites-le en connaissance de cause… et prenez le temps de faire ces quelques réglages dans les paramètres :

  • Cliquez sur le smiley en haut à gauche de l’écran ;
  • cliquez sur la roue crantée rouge à gauche de "Friends";
  • enclenchez le "private mode", ce qui ferme automatiquement le chat et empêche que des intrus viennent s’y ajouter sans votre consentement.
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