Vingt après, revoilà Corto Maltese! Le succès commercial est-il garanti?

C'est un grand retour, celui d'un héros mythique de la bande dessinée, Corto Maltese. Vingt ans après la disparition de son créateur Hugo Pratt, il renait sous le crayon de Ruben Pellejero pour le dessin et la plume de Juan Diaz Canales pour le scénario.

Le livre de 88 pages sera dans les librairies le 30 septembre, c'est une très grosse opération pour l'éditeur et les libraires. Une opération qui n'est pas gagnée d'avance. Au total, Casterman a vendu quelque cinq millions d'albums de Corto Maltese, mais ces dernières années les ventes se sont nettement érodées. Moins de recettes, mais une réputation quasi intacte. C'est là-dessus que toute la chaîne table pour renouer avec le succès.

Deux acteurs

Qui a pris l'initiative de redonner vie à Corto Maltese ? C'est une conjonction d'intérêts avec deux intervenants principaux. D’une part la société suisse Cong dirigée par une ancienne collaboratrice d'Hugo Pratt. C'est elle qui détient les droits et apparemment c'est à ce niveau qu'ont été choisis les nouveaux auteurs. D’autre part, l'éditeur Casterman dirigé par Charlotte Gallimard, l'éditeur français à qui appartient la société belge.

 

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La couverture du nouvel album de Corto Maltese qui paraît le 30 septembre 2015. © Casterman

Un tel lancement s'appuie évidemment sur une campagne d'envergure. Aucun montant de l'investissement n’est annoncé, mais il y aura une mise en place dans les librairies d'environ 300 000 livres, un chiffre avancé par Casterman qui n'est pas vérifiable.

Peu de publicité, mais une présence marquée sur les lieux de vente et beaucoup de relations publiques vers les médias. Comment l'éditeur mesurera-t-il le résultat ? La réponse de Simon Casterman : "C’est d’abord de réussir le lancement de cette nouveauté mais nous serons vraiment satisfaits du résultat d’ensemble si cette sortie nous permet d’envisager d’autres nouveautés dans le futur selon un rythme de parution à définir et qu’elle donne envie aux lecteurs de redécouvrir le fond historique".

Pour les jeunes ?

Voilà pour l'éditeur, les libraires sont aussi sur pied de guerre. Il est clair que "Le soleil de minuit", c'est le titre du nouvel album, sera mis très en évidence sur les présentoirs dans les magasins spécialisés et en tête de gondole dans les grandes surfaces.

Fredéric Ronse gère la librairie BD Brusel. Il se réjouit évidemment de la renaissance de Corto Maltese, mais il se pose une question : "J’ai des doutes sur le fait que Corto Maltese puisse intéresser un jeune public. Même à l’époque de Pratt c’était difficile de lire ces livres avant 30/35 ans".

N'empêche que ce libraire espère bien en tirer un joli chiffre d'affaires qui dopera la rentrée. Présent sur le marché depuis des années, il donne son avis sur la renaissance de héros après une longue absence : "Il y a des relances qui fonctionnent, d’autres qui marchent plus ou moins. La situation économique du livre et de la bande dessinée poussent les éditeurs à éditer des livres à un moindre risque et évidemment rééditer des personnages qui sont déjà populaires, c’est limiter les risques".

D'où le rêve ultime d'un nouvel album de Tintin. Ce n'est aujourd'hui qu'un pur fantasme d'éditeur ou de libraire. 

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