USA: le général Petraeus utilisait un "truc" de terroriste pour communiquer

Le général Petraeus et Paula Broadwell
Le général Petraeus et Paula Broadwell - © AFP PHOTO / HANDOUT / ISAF NATO

Au centre d'un scandale retentissant qui l'a contraint à démissionner de son poste de directeur de la CIA, le général David Petraeus semblait utiliser des techniques utilisées par les terroristes pour cacher ses échanges de mails avec sa maîtresse Paula Broadwell.

David Petraeus n'est pas né de la dernière pluie: il sait que les courriers électroniques, plus sûrement encore que les missives sur papier, laisseront toujours d'indélébiles -et parfois fâcheuse- traces de leur existence dans les arcanes informatiques. Rompu à toutes les pratiques de l'espionnage et du contre-espionnage, le désormais ex-patron de la plus importante centrale de renseignement au monde avait donc logiquement tout prévu pour communiquer avec sa dulcinée. Et tant qu'à faire -les braconniers faisant les meilleurs gardes-chasses- c'est dans l'arsenal terroriste qu'il serait allé pêcher un "truc" destiné à maintenir sa relation "top secret".

Un "truc" désormais éventé

On l'a dit, rien de moins anonyme qu'un courrier électronique. Retenez d'ailleurs ceci: chaque mail envoyé grâce à un compte du type Yahoo ou hotmail , ou un message via Facebook, comporte une sorte "d’empreinte digitale" contenant, outre l'identité de l'émetteur et du récepteur, l'adresse IP de l'émetteur. Vous vous croyez à l'abri parce que vous menez votre double, voire votre triple vie avec des profils et des comptes e-mail différents ? Oui mais voilà, vous les utilisez depuis la même connexion, avec le même PC, et votre anonymat n'est plus garanti. Anonymous sait parfaitement cela.

Et le super-patron des super-espions le sait aussi. Voilà pourquoi il usait avec sa belle d'un truc pas vraiment compliqué: plutôt que d'envoyer le mail auquel l'un des deux protagonistes venait de d'apporter la dernière touche, il le glissait dans le dossier "brouillon". Restait alors à l'autre protagoniste à se logger dans le même compte et à lire le "brouillon". De plus, David Petraeus et Paula Broadwell utilisaient un compte Gmail, connu pour refuser de transmettre automatiquement les données personnelles des utilisateurs. L'astuce est utilisée depuis des années par Al Qaïda, mais aussi par des milliers d'ados passés maîtres dans l'art de dissimuler leur activité sur internet...

Le FBI pas très net ?

Mais alors, malgré cette prudence de Sioux, comment se fait-il que David Petraeus se soit fait pincer comme un amateur ? L'enquête le dira, ou pas. Mais d'ores et déjà certains s'interrogent: puisque les mails échangés ne devaient pas laisser de traces visibles; et puisque le FBI affirme qu'il n'a jamais mis sous surveillance l'activité électronique de David Petraeus, comment celui-ci est-il tombé ? La réponse réside peut-être dans le Patriot act: dès lors qu'une plainte visait Paula Broadwell, et que celle-ci était identifiée comme ayant ou ayant eu des contacts avec des "tops" de l'armée et de la sécurité nationale, un "tribunal secret" a pu autoriser le FBI à pousser ses investigations en surveillant activement les boîtes mail de la dame. Le FBI affirme qu'il est remonté jusqu'à Paula Broadwell de cette manière, se contentant de récupérer les courriers du général Petraeus dans la boîte de réception de sa maîtresse.

Cela dit, si l'expérience vous tente et si vous voulez éprouver ce sentiment fugace et grisant d'être meilleur que le roi des espions dans la conduite de vos affaires extra-maritales, Gizmodo vous donne les "bons commandements". Dont le dernier n'est sans doute pas le moins pertinent: "Ne harcelez pas par mail quelqu'un dont vous pensez qu'il pourrait avoir une aventure avec la personne avec qui vous avez une aventure, parce que cette personne pourrait se plaindre au FBI, lequel obtiendra un mandat pour surveiller votre compte de courrier électronique; et alors là, crétin, vous êtes embarqué dans un scandale de sécurité nationale..."

T.N.

 

 

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