Une voiture fonce dans la façade du journal De Telegraaf à Amsterdam, qui parle d'un attentat

Un véhicule a foncé à une vitesse élevée mardi matin dans le bâtiment de la rédaction de De Telegraaf, à Amsterdam, a indiqué le quotidien néerlandais, qui parle d'un attentat. La police a confirmé les faits et parle d'un acte délibéré.

Vers 04h00, une camionnette a percuté la façade vitrée du bâtiment, située sur la Basisweg à Amsterdam, avant de prendre feu. Selon De Telegraaf, personne n'a été blessé et le feu a été rapidement maîtrisé.

"Tout indique qu'il s'agit d'un attentat. Nous ne nous laisserons pas intimider", a commenté le rédacteur en chef Paul Jansen. Selon lui, des menaces ont déjà été formulées à l'encontre du journal par le passé.

Une gifle à la liberté de la presse

Un porte-parole de la police a confirmé les faits à l'agence ANP. "Nous soupçonnons un acte volontaire", ont déclaré les forces de l'ordre. Personne n'a été interpellé à ce stade. Selon la police, le conducteur de la camionnette a ensuite fui à bord d'une Audi de couleur foncée, conduite par un autre individu.

L'Audi a été vue en provenance du centre et roulant à vitesse élevée vers la A10. La police est à la recherche de témoins.

"Cet acte délibéré contre De Telegraaf est une gifle à la liberté de la presse et à la démocratie néerlandaise. Il y a encore des zones d'ombre mais nous restons vigilants et la police fait tout par arrêter le ou les auteurs", a réagi sur Twitter le Premier ministre Mark Rutte.

Jeudi dernier, le bâtiment qui abrite entre autres Pijper Media, éditeur des magazines Nieuwe Revu, Panorama, Playboy et Grazia, avait déjà été la cible de tirs. Un suspect avait été interpellé.

Evaluer les mesures de sécurité

Le rédacteur en chef du Telegraaf veut à présent évaluer si les mesures de sécurité sont suffisantes. "Nous devons déterminer ce qui n'a pas fonctionné."

Rappelons que le journal néerlandais avait déjà pris des mesures de sécurité supplémentaires après l'attentat contre l'hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo en 2015, qui avait coûté la vie à 12 personnes.

"Nous ne savons pas d'où cela vient. Il est clair que nous n'avons pas que des amis, a encore déclaré Paul Jansen. Il nous faudra attendre l'enquête, mais nous poursuivrons note travail. Tout le monde est sous le choc mais aussi plus motivé que jamais."

L'an dernier, le club de motards No Surrender avait proféré des menaces envers le journaliste John van den Heuvel, qui écrit aussi pour De Telegraaf. Paul Jansen indique cependant ne pas vouloir spéculer au sujet d'un éventuel lien entre les deux incidents.

Le rédacteur en chef souligne enfin que les conséquences auraient pu être pires. "Il n'y a pas beaucoup de monde à cette heure-là. C'est sans doute une chance dans la malchance, mais ça ne rend pas les faits moins graves."

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