Une vidéo-choc pour rappeler que 50% des accidents de vélo sont dûs aux cyclistes

"Et puis, 10 minutes à vélo, franchement, c'est pas la mort" commente ce cycliste, qui se moque de son voisin Lambert qui lui prend tous les jours sa voiture pour aller au boulot.

Crissements de pneu. Choc violent. Voix off: "La mort, par contre, c'est de rouler comme un con à vélo".

C'est clair, la SUVA, la Caisse nationale suisse d'assurance en cas d'accidents, ne fait ni dans la dentelle ni dans le politiquement correct du moment dans cette vidéo de prévention réalisée en collaboration avec les polices de Vaud, Fribourg, Bâle-Ville et de Suisse centrale.

Mais le sujet le mérite selon eux. "Passer au feu rouge, ignorer un stop ou rouler sur les trottoirs en cas de bouchons: les cyclistes ne sont pas rares à rouler ainsi et à provoquer des accidents. Près de 50% des accidents de vélo sont causés par les cyclistes eux-mêmes" rappelle la campagne.

En Belgique, un rapport de 2016 de l'IBSR montrait que 87% des cyclistes accidentés admis à l’hôpital se sont blessés dans des accidents où ils sont seuls en cause.

Et que le risque de lésions graves par kilomètre est 23 fois plus élevé pour le cycliste que pour un automobiliste. Les cyclistes représentent 28% de tous les blessés graves et sont dès lors fortement surreprésentés dans les statistiques d’accidents. Chez les 10 à 14 ans, 35% de l’ensemble des tués dans la circulation circulaient à vélo.

"Une campagne qui se base sur l'émotionnel plutôt que sur les chiffres"

S'ils saluent l'effort de prévention, l'asbl Pro Velo Suisse estime cependant que "le clip passe à côté de son objectif: il répand l’alarmisme, renforce les positions d’animosité entre les cyclistes et les autres usagers de la route et se base sur l’émotionnel plutôt que sur des faits. Les cyclistes, ne se conformant pas aux règles de circulation, sont une source de dangers. Cependant, il n'y a pas de chiffres qui montrent que les nombreux accidents sont causés par le non-respect des règles de circulation par les cyclistes. Au contraire: une analyse sur les accidents cyclistes avec collision de l'Office fédéral des routes OFROU, démontre que dans deux-tiers des cas le cyclistes n’est pas le coupable principal. Des pistes et bandes cyclables mal conçues, qui s’arrêtent aux obstacles ou qui n’existent tout simplement pas, inciteraient les cyclistes à chercher des chemins plus sûrs, comme par exemple les trottoirs.

Les campagnes qui veulent augmenter la sécurité routière de manière efficace devraient être fondées sur des faits sans recourir à la sphère émotionnelle. Les usagers de la route ne devraient pas se comporter en tant qu’adversaires, comme le suggère le clip, ce qui est préjudiciable à la sécurité routière. À travers ses campagnes de prévention, PRO VELO Suisse souhaite placer au premier plan la considération mutuelle ainsi que le respect.".

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