Les journalistes et collaborateurs de la RTBF arrêtés par la police à Steenokkerzeel ont été libérés

Une équipe de la RTBF se trouvait ce mercredi au centre 127 bis, à Steenokkerzeel, où se tenait une action du collectif #NotInMyName. Les membres de ce collectif protestaient contre les travaux d'extension du centre qui accueillera prochainement des familles en situation illégale. C'est alors que la police a procédé à l'arrestation de nos journalistes, Himad Messoudi et Julien Vlassenbroek, ainsi que leurs trois techniciens Marc Florent, Guy Talin et Jérémy Boisseau.

Suite à un contact avec la rédaction, ils nous ont fait savoir qu'on leur avait signifié une arrestation administrative. Ils ont été libérés en début d'après-midi. Selon l'agence Belge, la police a également procédé à l'interpellation de dizaines de militants du collectif #NotInMyName.

"Nous venons d’être libérés par la police de Katse. Les membres des forces de l’ordre ont fait preuve d’un grand professionnalisme dès notre prise en charge. Au 127bis, c’est sans raison que nous avons été empêchés de travailler et sans avertissement que nous avons été arrêtés", a expliqué Himad Messoudi.

"Ça va on vient d’être relâchés. Très bien traités, juste des colsons un peu serrés", ajoute son collègue Julien Vlassenbroek.

Pour Jean-Pierre Jacqmin, le directeur de l'information de la RTBF, "il s'agit d'une entrave grave et exceptionnelle à la liberté d'information. Cette arrestation administrative abusive a empêché la RTBF d'informer son public sur un événement d'intérêt général qui se déroulait à la mi-journée. Les journalistes ont fait leur travail avec professionnalisme. La RTBF envisagera avec ses avocats les recours à mettre en oeuvre."

L'Association des journalistes professionnels (AJP) a déclaré pour sa part qu'elle "suiv(ait) l'affaire de près avec la RTBF".

Peu avant 13h, la police présente sur place a demandé à notre équipe d'arrêter de filmer, avant de confisquer son matériel. "Vers 10h, un certain nombre de personnes du groupe 'Not In My Name' ont envahi le chantier", a expliqué Himad Messoudi lors d'une intervention en direct dans le JT de 13h. 

Selon notre reporter, l'action se passait "dans le calme". "Un petit peu avant 13h, la police (...) a commencé une série d'arrestations. Nous étions avec les autres collègues en train de travailler de façon tout à fait normale." C'est alors que les forces de l'ordre leur demandent de couper la caméra.

La police nous a empêché de faire notre travail.

"Cinq minutes après, on nous a carrément pris notre matériel", ajoute-t-il. Même les téléphones ont été confisqués, précise Himad Messoudi qui a pu utiliser sa montre connectée pour intervenir en direct dans le JT.

Le journaliste poursuit : "On est dans un fourgon de la police. Nous avons quitté le centre 127 bis depuis 5 minutes environ et on nous emmène vers un commissariat de police proche." Et ce alors que "nous avons simplement filmé ce qui se passait. La police nous a empêché de faire notre travail."

L'arrestation de l'équipe de la RTBF filmée par des membres du collectif

Ce mercredi soir, Kurt Ryon, le bourgmestre de Steenokkerzeel, a réagi aux événements en déclarant que les journalistes de la RTBF n'avaient pas obéi aux ordres des policiers. "J'ai eu un contact avec mes services de police, celles-ci m'ont expliqué qu'elles ont demandé à plusieurs reprises aux journalistes de quitter le site et d'arrêter de filmer, mais ils ont refusé, raconte Kurt Ryon. Ils n'avaient pas non plus leur carte de presse. Les journalistes disent qu'ils avaient leur carte de presse, mais j'ai confiance en ma police quand elle me dit qu'ils ne l'ont pas présentée. Il leur a été demandé, non seulement de quitter les lieux mais également de ne plus filmer car ils n'étaient pas dans un espace public mais sur un toit sur un site qui était en chantier".

Dans le JT de 19h30, Jean-Pierre Jacqmin a pourtant déclaré que l'équipe de la RTBF "était identifiable avec des sigles RTBF sur les micros et chaque membre de l'équipe avait sa carte de presse".

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK