Un usurpateur d'identités, considéré comme un terroriste, enfin démasqué

Joshua Goldberg,
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Joshua Goldberg, - © Capture d'écran - Reportage de New4Chan

Joshua Goldberg, un Américain de 20 ans qui vivait chez ses parents, en Floride, a été arrêté par le FBI le 11 septembre dernier. Il avait créé de nombreuses fausses identités et en avait usurpé plusieurs autres.

Parmi elles, "Australi Witness", un sympathisant autralien de l'Etat islamique, qui était suspecté d'être un recruteur de candidats au djihad. Le profil, en réalité fictif, de ce personnage était depuis un certain temps dans le viseur des autorités américaines, qui travaillaient de concert avec les cellules anti-terroristes australiennes. Rien n'avait permis de remonter jusqu'à Joshua Goldberg avant ce 11 septembre 2015, date de son arrestation. 

Avec ce profil, l'internaute avait, entre autres, appelé ses "frères du Texas à prendre les armes et à se rendre sur les lieux" d'un concours de caricature de Mahomet. A croire que l'appel du faux compte avait été entendu puisque deux hommes avait ouvert le feu lors de ce concours avant de se faire abattre par les forces de l'ordre. Plusieurs experts du renseignement le considéraient même jusqu'à maintenant comme un recruteur expérimenté pour l'envoi de jeunes vers la Syrie. Aujourd'hui suspecté d'acte terroriste, le jeune homme risque gros.

Fausses identités et usurpations réelles

De l'aveu même de celui que les médias anglophones surnomment déjà "plus gros troll de l'histoire", il est difficile de savoir, même pour lui, le nombre d'identités qu'il a utilisées. Cependant, si certaines étaient totalement inventées, d'autres appartenaient à des gens pour qui la douche a été plus que froide. C'est le cas d'un avocat américain de confession juive, qui s'est réveillé un matin, la boîte mail remplie de messages de haine. Une tribune avait été publiée sous son nom sur le site "Times Of Israel". Elle appelait à "une extermination immédiate et totale des Palestiniens". Bien sûr, l'avocat n'avait rien à voir avec cette histoire, et le vrai coupable n'était autre que Joshua Goldberg.

De nombreux experts ou journalistes sont tombés dans le panneau. Le jeune américain de 20 ans n'en était pas à sa première publication. En tant que nazi convaincu, et visiblement convaincant, son personnage de Michael Slay a réussi à s'exprimer plusieurs fois dans un média d'extrême-droite américain.

D'autres médias avaient également relayé les propos d'une militante des droits de l'Homme, Tanya Cohen. Une identité, une nouvelle fois, totalement inventée par le jeune Goldberg.

Des actes graves et un puzzle difficile à assembler

Il aura fallu du temps pour établir les connexions entre chaque profil et leur propriétaire. Par le biais de recherches approfondies, deux journalistes australiens avaient réussi à reconstruire le puzzle, et à entrer en contact avec Joshua Goldberg. Ce dernier leur avait donné de nombreux indices au fil des discussions, leur permettant de lier tous les faux profils utilisés. Accusé de vol d'identité, d'homophobie et d'antisémitisme, les accusations sont lourdes pour Joshua Goldberg.

Plus grave encore, l'internaute aurait propagé sur la Toile des photos et des conseils pour construire une bombe. Dans la foulée, il avait contacté la chaîne de télévision britanniques BBC, pour les prévenir que le 11 septembre, une grande ville du Midwest américain allait être le théâtre d'un attentat. Cette date aura finalement été celle de son arrestation.

La police de la ville de Jacksonville, où le jeune prévenu sera entendu, tâchera de comprendre les raisons qui l'ont poussé à mettre en place de telles supercheries. Ils tâcheront également de faire la lumière sur la santé mentale du jeune homme qui encourt une peine de 20 années de prison.

Ça n'arrive pas qu'aux autres

En 2014, 4669 plaintes sont déposées pour fraude à l'identité en Belgique. Olivier Bogaert, qui gère la Computer Crime Unit à Bruxelles met en garde : "Ça peut aller très vite. Avec les réseaux sociaux, il y a une certaine dispersion des données et ce n'est donc pas bien compliqué de créer une identité tiers à partir du profil de quelqu'un. Surtout sur les réseaux professionnels, où l'on met généralement des informations encore plus pointues, qui permettent aux usurpateurs de connaître certaines choses très précises sur vous, comme votre scolarité, ou les différents emplois que vous avez eus".

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