Un smartphone qui empêche les applications de collecter vos données

Le Taigaphone est développé par la société de cybersécurité Kaspersky Labs.
Le Taigaphone est développé par la société de cybersécurité Kaspersky Labs. - © MAXIM ZMEYEV - AFP

L'entreprise de cybersécurité Kaspersky Labs, via le groupe russe InfoWatch, est en train de mettre au point un smartphone Android qui empêche ses applications de collecter les données de son utilisateur.

Le Taigaphone peut accepter deux cartes SIM et son écran mesure 12,7 cm (5 pouces). Il veut convaincre les entreprises d'utiliser ce smartphone capable de "minimiser le risque de fuites de données professionnelles", explique Natalya Kasperskaïa, directrice générale de Taiga systems et co-fondatrice de Kaspersky Labs. "La moitié des données perdues en Russie a lieu lorsqu'elles (transitent) par un téléphone portable, nous essayons de régler ce problème avec Taigaphone", renchérit le porte-parole du fabricant, Grigori Vasiliev.

Surtout axé sur la protection des données, ce smartphone ne sera pas particulièrement puissant, avec seulement 2Go de mémoire vive et 16Go de mémoire interne. Il tournera sur Android 6.0 Marshmallow, alors que la dernière version est la 8.0 Oreo, peu à peu intégrée aux smartphones les plus récents. Aucune indication n'a encore été donnée sur son prix.

Tensions diplomatiques et numériques entre Russes et Américains

L'annonce de ce nouveau téléphone mobile arrive deux semaines à peine après le bannissement de tout logiciels Kaspersky Labs des agences gouvernementales américaines, alors que la société est renommée dans la cybersécurité.

La ministre de la Sécurité intérieure par intérim, Elaine Duke, a donné l'ordre à tous les fonctionnaires fédéraux de désinstaller d'ici 90 jours tous les logiciels antivirus de Kaspersky Labs des ordinateurs du gouvernement et des agences fédérales. "Le ministère est préoccupé par les liens que certains responsables de Kaspersky entretiennent avec les services de renseignement et d'autres agences gouvernementales russes", a-t-elle indiqué dans un communiqué.

Kaspersky, de son côté, nie tout lien avec le gouvernement russe, affirmant être "injustement accusée sans preuve concrète pour étayer ces fausses allégations"."Nous n'entretenons pas de liens contraires à l'éthique avec quiconque et nous ne sommes liés à aucun gouvernement, y compris le gouvernement russe."

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