Un premier court métrage sur l'affaire Snowden

"C'était plutôt stimulant d'être les premiers à réellement produire quelque chose sur le sujet", a déclaré Edwin Lee, cinéaste et monteur du film-vidéo de 5 minutes, intitulé "Verax" et diffusé sur YouTube. Le film retrace l'histoire de l'ex-consultant américain qui a révélé à Hong Kong, dans une désormais célèbre interview avec le quotidien britannique The Guardian, le programme de surveillance des communications des citoyens aux Etats-Unis.

Les quatre cinéastes de Hong Kong, expatriés d'Irlande, des Etats-Unis, du Canada et d'Australie, ont fait appel à des acteurs locaux et utilisé une caméra mobile rappelant la série des films d'action de Jason Bourne. La production du film a eu lieu à un rythme effréné alors que l'intrigue diplomatique et les tensions autour du sort d'Edward Snowden se poursuivaient après les révélations faites dans la ville du sud de la Chine. L'informaticien américain se trouve depuis le 23 juin dans la zone internationale de transit de l'aéroport de Moscou-Cheremetievo. Il n'est pas apparu en public depuis son départ de Hong Kong. Il a entre-temps demandé l'asile à l'Équateur, dont le Rafael Correa, a déploré que la polémique soit centrée sur la demande d'asile présentée par ce dernier à Quito."Ce qui est réellement grave, c'est ce qu'a dénoncé Snowden : le plus grand cas d'espionnage massif dans l'histoire de l'humanité, à l'intérieur et à l'extérieur des Etats-Unis", a lancé Rafael Correa lors de sa conférence de presse hebdomadaire, tenue depuis la localité d'Aromo, à 440 kilomètres au sud-ouest de la capitale équatorienne.

"Nous, les pays souverains, ceux qui respectent vraiment les droits de l'homme, dont celui à l'intimité, nous devons élever notre voix et réclamer des explications", a poursuivi le dirigeant socialiste, qui entretient des relations conflictuelles avec Washington depuis son élection en 2007.

Le pouvoir médiatique corrompu, "une arme létale"

Rafael Correa a également dénoncé l'"arme létale" que constitue selon lui le "pouvoir médiatique corrompu", s'indignant que pour certains journaux le scandale révélé par M. Snowden ne constitue qu'un "petit détail". Pour ces médias, a-t-il raillé, "le problème est d'arrêter Snowden et de mettre en pièces médiatiquement le président, le gouvernement ou le pays qui ose dire qu'il entend instruire une demande d'asile s'il la reçoit".

"Tous les médias de communication ne sont pas corrompus, mais, oui alors, ceux de l'impérialisme sont corrompus, surtout lorsqu'il s'agit de défendre le système", a encore affirmé le président.

Un coup de fil de Joe Bidden

Le président équatorien Rafael Correa a annoncé samedi que le vice-président des Etats-Unis, Joe Biden, l'avait appelé pour lui demander de rejeter la demande d'asile d'Edward Snowden."Nous avons parlé de l'affaire Snowden et il m'a transmis de manière très courtoise la requête des Etats-Unis de bien vouloir rejeter la demande d'asile", a déclaré le président Correa au cours d'une conférence de presse, précisant que le vice-président américain l'avait joint au téléphone vendredi.

"Je lui ai donné la position équatorienne : vice-président, merci de votre appel, nous apprécions beaucoup les Etats-Unis, nous n'avons pas cherché cette situation. Ne pensez pas que nous soyons antiaméricains, comme essaient de le faire croire certains médias de mauvaise foi", a-t-il poursuivi.

Rafael Correa, qui entretient des relations conflictuelles avec la Maison Blanche depuis son élection en 2007, a précisé avoir rappelé à Joe Biden que la demande d'asile de l'ancien collaborateur de la NSA n'avait pas encore pu être instruite car ce dernier ne se trouvait pas sur le territoire équatorien.

"Lorsqu'il sera sur le sol équatorien, si cela se produit, et qu'il faudra instruire cette demande, évidemment les Etats-Unis seront les premiers à qui nous demanderons leur opinion", a affirmé le chef de l'Etat, soulignant que son entretien avec le vice-président américain avait été "très courtois, voire cordial".

Un précédent avec Julian Assange

L'Equateur a déjà suscité l'irritation des Etats-Unis pour avoir accordé il y a un an l'asile politique dans son ambassade à Londres au fondateur du site internet WikiLeaks, Julian Assange, autre bête noire de Washington pour avoir divulgué des centaines de milliers de câbles confidentiels américains.

"Comme nous l'avons fait dans l'affaire Assange, avec l'Angleterre, nous allons écouter tout le monde, mais la décision, nous la prendrons de manière souveraine, même si, sachant notre affection et notre respect pour les Etats-Unis, nous prendrons en compte ce que dira ce pays", a assuré Rafael Correa.

AFP

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