Un peu de simplicité et de douceur à Cannes avec "Ernest et Célestine"

Stéphane Aubier (à gauche) et Vincent Patar (à droite) sur la plage de La Quinzaine à Cannes
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Stéphane Aubier (à gauche) et Vincent Patar (à droite) sur la plage de La Quinzaine à Cannes - © RTBF

Stéphane Aubier et Vincent Patar sont de retour sur La Croisette pour un nouveau film d'animation qu'ils ont co-réalisé avec le jeune réalisateur français, Benjamin Renner. En compétition à la Quinzaine des Réalisateurs, on est bien loin de "Pic Pic et André" ou de "Panique au village" même si l'humour est toujours de la partie.

"Ernest et Célestine" est l'histoire d'une amitié naissante entre un gros ours et une souris. Un film destiné aux enfants de 4 à 8 ans (ce sont les deux réalisateurs belges qui le disent). Si cette tranche d'âge, on l'a vu ce mercredi à Cannes lors d'une séance spéciale, semble effectivement apprécier la projection, les adultes aussi y trouvent leur compte.

Les images, tirées d'aquarelles, sont magnifiques. La musique est belle. L'histoire est attachante et drôle tout en poussant à la réflexion sur la discrimination.

Il faut dire que derrière cette adaptation d'un roman jeunesse d'une auteur et illustratrice belge, Gabrielle Vincent, on retrouve Daniel Pennac à qui l'on doit notamment la saga Malaussène. Cet écrivain français, comme nos deux compères Belges, partagent un certain sens de l'humour bien à eux.

Le projet d'une équipe

C'est sur la plage de La Quinzaine que nous rencontrons Vincent Patar et Stéphane Aubier. Les interviews s’enchaînent pour eux dans un vacarme assez assourdissant (les voisins de la plage d'à côté aiment un peu trop la musique forte). Malgré tout, ils s'adonnent à l’exercice.

Quand on leur demande comment ils sont parvenus à se greffer au projet, Vincent Patar explique : "On est venu un peu nous chercher, on est venu nous faire une proposition. A la base, Didier Brunner, le producteur français avait envie déjà depuis très longtemps d'adapter "Ernest et Célestine" et quand il a lancé le projet, il a contacté Daniel Pennac pour lui demander s'il était intéressé d'écrire le scénario (...) Par ailleurs, il avait vu le court métrage de fin d'année de Benjamin Renner et il s'est dit que c'était lui qu'il fallait pour adapter les dessins de Gabrielle Vincent. Donc, ils ont fait un pilote mais quand il a été question de faire le long métrage, il (Benjamin Renner, ndlr) ne se sentait pas fort assez pour attaquer le truc tout seul et il a demandé à Didier (le producteur français, ndlr) de trouver quelqu'un pour l'accompagner".

Au final, c'est par l'entremise de Vincent Tavier, le coproducteur belge, qu'ils ont pris connaissance du projet.

"Au début, on était un peu surpris qu'on nous demande de travailler là-dessus mais on s'est très vite rendu compte que le scénario était bien et que la mini-équipe qui était en place était vraiment déjà une équipe super douée. Pour nous, c'était vraiment du bonheur de se dire qu'on allait travailler avec eux", raconte Stéphane Aubier.

Leur cote-part : "Un travail de réécriture en images"

Un travail de longue haleine commence alors pour les deux réalisateurs belges dont la tâche principale a été "de faire une traduction du scénario de Daniel (Pennac, ndlr) en images", explique Vincent Patar, "c'était comme une réécriture en images donc il a fallu aussi adapter certaines choses de Daniel (Pennac, ndlr) qui était trop littéraires, qui auraient été trop longues à faire en animation".

Sur leur nouvelle sélection à Cannes

Aujourd'hui, Stéphane Aubier et Vincent Patar se réjouissent de cette nouvelle sélection à Cannes après "Panique au village", en 2009.

"Cela nous encourage à continuer, cela nous aide à garder le moral. C'est important, il y a tellement de films qui sont produits par an et donc avoir la possibilité d'une vitrine comme ça à Cannes, cela ne peut être que bien pour le film et les gens qui ont travaillé dans notre équipe. C'est super !", déclare Vincent Patar.

Un avis partagé par Stéphane Aubier qui ajoute que "le fait d'avoir été à Cannes, les gens se souviennent de nos noms et donc quand on vient avec un nouveau projet, c'est plus facile".

Car des projets, ils en ont dans leurs valises. Il est notamment question d'adapter un long métrage pour "Pic Pic André". Une trame de scénario est déjà écrite, confient-ils. Si tout se passe bien, on pourrait découvrir cette nouvelle aventure dans trois ans.

C. Biourge

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