Un journaliste de la VRT pirate le système informatique de l'UZ Leuven

Un journaliste de la VRT pirate le système informatique de l'UZ Leuven
Un journaliste de la VRT pirate le système informatique de l'UZ Leuven - © Tous droits réservés

Le risque de piratage des réseaux informatiques de nos hôpitaux est réel. C'est ce qu'ont voulu démontrer les journalistes de la VRT, dans l'émission "Koppen". Dans ce reportage, l'un d'eux montre comment il réussit, en une demi-heure seulement, à mettre la main sur des milliers de données de patients. Bien protégées, vos données médicales? Quelles sont les conséquences d'une telle intrusion?

Il ne s'agit pas ici de remettre en question le secret médical auquel les médecins sont tenus, mais plutôt de mettre en cause la sécurité des réseaux informatiques de nos hôpitaux.

Suite à cette démonstration de hacking par les journalistes de la VRT, la direction de l'hôpital universitaire de Leuven a annoncé qu'elle allait porter plainte. Elle affirme également qu'aucun dossier de patient n'a été atteint, le pare-feu ayant déjoué l'attaque. Le hacker n'aurait donc eu accès qu'à des anciennes données de recherche.

Mais l'accès d'un tiers au dossier médical d'un patient peut-il devenir une menace pour ce dernier, dans sa vie privée? Sans aucun doute, si les informations que le dossier contient sont utilisées avec malveillance.

Comme l'explique Henri Collard, médecin généraliste, certaines structures pourraient en effet en tirer profit. "Comme les assurances qui pourraient déterminer de quelle manière elles vont ajuster les primes à la pathologie de certains patients, ou un employeur qui pourrait trier les prétendants à un poste en écartant les malades", dit-il.

Et de pointer une autre conséquence de cette levée du secret médical : "Le danger est que le patient décide de ne plus se confier au médecin, et reste donc avec une maladie, ce qui devient un problème de santé publique", explique Henri Collard.

Conséquences potentiellement dramatiques, donc, pour la vie des citoyens... et qui poussent à s'interroger sur le niveau de sécurisation de ces serveurs qui ont été piratés.

Réponse de l'expert judiciaire en informatique Luc Golvers : "Si les serveurs en question jouissent de très bonnes protections, ce n'est pas le genre d'opération qui peut être menée en une demi-heure", dit-il en faisant allusion au journaliste de la VRT qui, lui, a réussi à pénétrer le système dans cette limite de temps.

Le manque de protection est en fait souvent lié au manque de moyens financier. Pourtant le secret médical, on l'a vu, n'a pas de prix.

Rizlaine Kounda

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