Un espion se cache dans nos smartphones

Un espion se cache dans nos smartphones
Un espion se cache dans nos smartphones - © rtbf

Les smartphones ressemblent de plus en plus à de véritables espions de poche. Selon une étude menée conjointement par des chercheurs du prestigieux MIT et de l'UCL, la géolocalisation anonyme des applications des certains gsm n'aurait plus rien d'anonyme.

Des informations spatiotemporelles

Lorsque l’on souscrit à un service et que l’on utilise une ou plusieurs applications sur son smartphone, il y a moyen d’être localisé en fonction de l’endroit et du moment où l’application est sollicitée, et ce, même si l’identité n’est pas dévoilée. "Nos études montrent qu’un faible nombre de ces informations spatiotemporelles suffisent à identifier une personne sans ambiguïté", explique Vincent Blondel, chercheur à l’UCL et coauteur de l’étude.

Pratiquement

Si on utilise par exemple une application comme celle de la météo, on l’autorise à nous géo localiser. Suivre notre parcours devient un jeu d’enfant : faire ses courses dans une ville un jour, puis travailler dans une autre le lendemain; passer ensuite un week-end à la mer puis dans les Ardennes quelques jours plus tard; ces quatre informations suffisent dans 95% des cas à connaitre avec certitude notre identité.

Quelle utilisation ?

Ces informations pourraient par exemple servir à une société commerciale mal intentionnée, qui a accès à cette base de données. Dans ce cas, nous ne sommes  plus une simple adresse informatique derrière un téléphone, mais bien un nom et un prénom. Cette pratique est interdite par la loi.  "S’il n’y a, à l’origine, aucune autorisation de l’internaute, et qu’une société veut utiliser ses données, elle va devoir en faire la demande préalable", précise Thibault Verbiest, avocat spécialiste de la protection de la vie privée.  

On peut se protéger

Selon Vincent Blondel, se protéger contre les abus est possible. "Il ne faut accepter d’être géo localisé que si l’on a confiance dans le service qui est proposé. Par exemple, dans le cas de l’application de la RTBF, on sera confiant quant à l’utilisation qui sera faite, à savoir délivrer une information plus pertinente au vu de la localisation".  

Actuellement, rien ne dit que des sociétés utilisent cette triangulation pour avoir accès à certaines identités. Chez nous, près de 63% des Belges possèdent un smartphone et un tiers des applications proposent des fonctions de géolocalisation.

I.L. avec T. Godaert

 

 

 

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