Un blogueur iranien torturé à mort

La prison d’Evin a la triste réputation d’abriter des tortionnaires. Leila, opposante de 65 ans, en avait fait la terrible expérience entre 1981 et 1985.
La prison d’Evin a la triste réputation d’abriter des tortionnaires. Leila, opposante de 65 ans, en avait fait la terrible expérience entre 1981 et 1985. - © AFP / MEHDI FEDOUACH

Sattar Behechti, tenait un site internet consacré essentiellement aux droits de l’homme et dans lequel il critiquait le gouvernement iranien. Le blogueur est mort en prison, vraisemblablement après avoir été torturé. Après Amnesty International, la France et les États-Unis dénoncent cette mort et exigent de l’Iran une enquête sérieuse.

C'est Amnesty International qui a relayé l'affaire. Zatar Behechti avait 35 ans et tenait un site nommé "ma vie pour mon Iran" sur lequel, il critiquait le gouvernement iranien. La veille de son arrestation, il s'était plaint d'avoir reçu des menaces et, le 30 octobre, des hommes appartenant, semble-t-il, à la Cyber police iranienne, s’étaient rendus à son domicile.

Décédé après une semaine de prison

Une semaine plus tard, le 6 novembre, Un appel téléphonique à sa famille lui disait de venir récupérer sa dépouille à la prison de Karizak à Téhéran.

Selon certains témoignages, lorsque après 2 jours dans cette prison il avait été transféré dans celle d'Evin, il était déjà dans "un très mauvais état". Il a confié à des codétenus avoir été torturé et a profité de ce passage pour rédiger une plainte sur ces tortures subies dans la première prison. Il a ensuite quitté la prison d'Evin pour une destination inconnue avant que sa mort ne soit annoncée à sa famille.

Des critiques internationales

La France et ensuite les Etats-Unis, ont exprimé leur consternation et leurs vives critiques. Paris et Washington exigent de l'Iran une enquête sur cette mort et la poursuite des éventuels coupables. Ils critiquent aussi la répression des voix dissidentes qui s'expriment pacifiquement en Iran.

La France exprime aussi, après Amnesty International, son inquiétude sur la détérioration croissante des conditions de détention, récemment dénoncées par 33 femmes détenues à la prison d'Evin.

Marc Molitor

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