Turquie: le siège du journal Hürriyet à nouveau visé par des partisans d'Erdogan

Une centaine de personnes se sont rassemblées en début de soirée devant le siège d'Hürriyet en chantant le nom du chef de l'Etat et "Dieu est grand"
Une centaine de personnes se sont rassemblées en début de soirée devant le siège d'Hürriyet en chantant le nom du chef de l'Etat et "Dieu est grand" - © AFP

Le siège du quotidien Hürriyet a été visé mardi soir à Istanbul par une nouvelle attaque de partisans du Parti de la justice et du développement (AKP, au pouvoir) qui l'accusent d'être hostile au président islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan.

Une centaine de personnes se sont rassemblées en début de soirée devant le siège d'Hürriyet en chantant le nom du chef de l'Etat et "Dieu est grand", a rapporté le journal sur son site internet. Ils ont ensuite jeté des pierres sur l'immeuble du quotidien et tenté de forcer la porte du journal. Des policiers les ont repoussés à distance de l'entrée, où ils ont continué a chanter des slogans favorables au parti au pouvoir. Plus d'une centaine de partisans de l'AKP avaient déjà attaqué dimanche soir le quartier général stambouliote d'Hürriyet, l'accusant d'avoir déformé des propos de M. Erdogan.

Interrogé à la télévision à propos des violences récentes dans le pays, le chef de l'Etat avait déclaré que la situation serait différente si les élections du 7 juin avaient permis à l'AKP d'obtenir 400 députés. "Si un parti avait obtenu 400 sièges aux élections et atteint le nombre requis au Parlement pour changer la Constitution, la situation serait différente", avait déclaré M. Erdogan. Ses propos sont intervenus alors que des soldats turcs avaient été tués dimanche dans une attaque attribuée aux rebelles kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) dans la localité de Daglica, dans le sud-est de la Turquie.

Erdogan a s'en est pris à plusieurs reprises au groupe de presse Dogan

Hürriyet avait laissé entendre dans un tweet que cette déclaration faisait directement référence à l'attaque de Daglica, qui a tué 16 soldats, provoquant la fureur des partisans du président. Depuis son arrivée au pouvoir en 2003, Erdogan a s'en est pris à plusieurs reprises au groupe de presse Dogan, propriétaire du journal, qui ne suit pas toujours la ligne du gouvernement. Mardi encore, Erdogan a critiqué le quotidien lors d'un discours à Ankara. "Quel genre de média êtes-vous ? ", a-t-il lancé.

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