Tout comprendre sur la blockchain, une technologie conçue pour changer notre vie

Blockchain: la technologie qui pourrait changer notre vie
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Blockchain: la technologie qui pourrait changer notre vie - © free image pixabay

La blockchain (chaîne de blocs) est un protocole qui permet de stocker et de transmettre des paiements, des contrats, des titres de propriétés… de manière authentifiée, sans recourir à un organe central de contrôle. Son application la plus connue est celle du bitcoin et des autres monnaies virtuelles basées sur la blockchain. C’est elle qui a permis, en 2008, de créer un système monétaire sans banque centrale. Mais ce n’est qu’un début, car cette technologie va s’immiscer dans tous les secteurs de notre vie quotidienne.

En pratique, comment ça marche?

La blockchain est un registre, un livre de compte infalsifiable qui contient des données regroupées par blocs. Ce registre conserve l'historique de tous les échanges réalisés entre ses utilisateurs. Si une personne vend un meuble à une autre pour le prix de 1 bitcoin, cette transaction (et donc le transfert de propriété du bitcoin du vendeur vers l’acheteur) sera mémorisée non pas sur un seul serveur centralisé, mais sur des milliers de serveurs (d’ordinateurs). C’est sur cette multiplicité des serveurs que repose la crédibilité du système.

Si, malgré les protections de sécurité, quelqu’un parvient à falsifier cette information sur l’un des ordinateurs, tous les autres serveurs interviendront automatiquement pour signaler la tentative de fraude. C’est le principe même de la blockchain qui commence à être utilisée dans des tas de domaines. Sa reconnaissance officielle a débuté dans certains pays comme le Japon qui a reconnu légalement le bitcoin comme moyen de paiement en avril 2017. Et aussi en France, pour l'échange de titres émis par des entreprises.

Les domaines d’application

La première utilisation de la blockchain concerne le transfert de tout ce qui constitue une valeur: la monnaie (le bitcoin) mais aussi des titres boursiers, des brevets, des actions, ainsi que l’exécution automatiquement des contrats. Tout échange serait automatiquement authentifié.

Une compagnie d’assurance française, (AXA) utilise la technique du blockchain pour gérer une assurance contre les retards de vol d'avion. Cette assurance est un "contrat intelligent" qui déclenche un remboursement automatique dès qu’un retard est avéré.

Au Ghana, une plateforme baptisée Bitland a créé un registre cadastral qui permet de certifier l’existence des titres de propriété foncière sans passer devant une autorité.

Demain, ce protocole permettra à quelqu’un qui achète un extrait musical en streaming de prouver son titre de propriété à tout moment. Qu’il l’écoute sur un PC, une tablette ou un mobile. Et ce sera le cas pour les brevets, les votes pour des élections, les emprunts, les diplômes certifiés et les réservations dans l’horeca. Des entreprises utilisent la blockchain pour gérer leur logistique ou leurs relations avec les clients.

Qu’est-ce qui permet de penser que cela va vraiment marcher?

Un signe de l’avenir de cette technologie est fourni par une étude du site de publication d’offres d'emplois en ligne Indeed. Cette étude révèle que les CV de spécialistes de la blockchain sont de plus en plus recherchés.

En 2015, le mot ‘blockchain’ était totalement absent des offres d’emploi. En 2016, il revenait dans 17 % des annonces. Et en mai 2017, il est passé à 28 %. Mais cette étude révèle aussi que ces profils restent difficiles à trouver: plus de 15 % des offres d’emploi de responsable blockchain restent ouvertes plus de 60 jours.

Peut-être est-ce une nouvelle perspective pour les jeunes informaticiens. Car chaque entreprise peut créer sa propre blockchain pour améliorer et automatiser ses processus.

Le message politique caché de la blockchain

Le bitcoin est né après la crise financière de 2008 par rejet du système bancaire. Mais certains veulent, aujourd’hui aller plus loin, en supprimant tous les intermédiaires dans tous les domaines. Comme, par exemple, en créant des communautés locales d’échange d’électricité. L'idée germe d'une nation binaire basée sur la blockchain. Une vision correspondant à la décentralisation totale de l’État. Une société humaine open source d’où tout intermédiaire aurait disparu.

Mais d’autres y voient plutôt une ubérisation globalisée, y compris de l’État. C’est vraiment une question d’ordre philosophique. On devrait y voir plus clair d’ici 5 ans. Si le sujet vous intéresse, il existe un livre blanc très complet rédigé par U plateforme (en français).

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