Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le Dour Festival

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le Dour Festival
Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le Dour Festival - © ALEXIS TAMINIAUX - BELGA

Rock Werchter démarre ce jeudi. Il ouvre la saison des festivals en Belgique. En Wallonie, Dour, qui aura lieu du 12 au 16 juillet, attire chaque année des milliers de festivaliers. 

"Dour est l'un des pionniers dans le genre et s’est développé pour devenir un des plus importants festivals d’Europe", commente Bernard Dobbeleer, chef éditorial de Pure. "Il faut savoir qu’on est parmi les meilleurs, les festivals comme Werchter ou Dour sont régulièrement nommés au niveau européen comme étant les meilleurs festivals. Professionnalisme et qualité des affiches, ça c’est vraiment incontestable, on a vraiment les plus grands noms qui passent par la Belgique tous les étés".

Alex Stevens, directeur artistique du Dour Festival, répond à nos questions. 

Est-ce qu’à deux semaines du début du festival, vous êtes prêt ?

"Oui, un peu trop. C’est assez bizarre cette année parce qu’on trouve ça plutôt calme, mais généralement c’est la loi de Murphy qui est bien connue, quand on dit ça, on a une 'couille' qui arrive comme on dit, donc on fait tout pour… Tout se passe vraiment bien pour le moment, que ce soit au niveau des ventes, que ce soit au niveau de la production, de la communication et de l’organisation sur place. Pour le moment, on touche du bois, mais tout se passe bien".

Le Dour Festival existe depuis 1989, ça ne ressemble plus aujourd’hui à ce que c’était à ses débuts, c’est devenu un monstre en termes d’affluence. Combien de spectateurs attendus sur les cinq jours ?

"On est monté sur 45 000 personnes par jour, donc un total un peu plus de 200 000 si on cumule les chiffres sur cinq jours. Mais c’est vrai que le festival de Dour a commencé tout petit en 89 avec Bernard Lavilliers. Donc, à l’époque, c’était une scène sur un jour et au fil du du temps on a eu entre 1000 et 2000 personnes en plus chaque année, on augmentait un peu les scènes, on a affiné le concept et c’est devenu le festival que c’est devenu aujourd’hui, mais de manière assez naturelle en fait".

Du coup, les prix ont bien évolué aussi. Aujourd’hui, c’est 155 euros pour tout le festival, 65 euros par jour, ce qui est encore bon marché par rapport à d’autres festivals, et notamment par rapport à Rock Werchter. On peut voir combien d’artistes pour ce prix-là ?

"On a 240 artistes au total. C’est vrai que le prix inclue tout ce qui est camping, parking, navettes depuis la gare de Saint-Ghislain si vous venez en transports en commun. Nous, on est sur un public qui est quand même assez jeune, qui va se payer son ticket après avoir fait un petit job d’étudiant après les examens. Donc on doit vraiment faire attention au prix, je pense que c’est vraiment une donnée très importante pour notre public. On se bat pour garder vraiment le prix le plus bas, donc on fait gaffe aux dépenses, que ce soit au niveau de l’organisation, que ce soit au niveau de la programmation".

Est-ce que ce sont vos têtes d’affiche qui vous coûtent le plus cher ? Ils demandent combien environ, des groupes qui sont en haut de votre affiche ?

"Alors, tous les cachets sont confidentiels, mais pour vous donner un peu un ordre d’idée, c’est vrai qu’un groupe qui remplit l’AB ou un groupe qui remplit le Sportpaleis ne va pas demander le même prix. Généralement, le calcul qui est fait c’est le nombre de tickets qu’ils sont capables de vendre l’hiver fois le prix d’entrée du ticket. Il y a une partie qui va pour l’organisateur, qui doit évidemment amortir tout son matériel, payer tout son personnel, et puis l’autre partie qui va pour la production du show.

Et alors, pour le show, il faut quand même bien se rendre compte. Par exemple, le show de Justice qui va clôturer la grande scène, c’est 40 personnes sur la route, c’est des semi-remorques qui vont devoir venir le mardi avant festival pour prémonter une partie du matériel, donc les 40 personnes vont devoir venir un jour plus tôt. Donc les coûts sont quand même assez énormes pour ces gros shows également".

Maintenant, les gens veulent des grosses productions avec beaucoup de lumières, avec des écrans LED, etc.


C’est confidentiel, on l’entend bien, mais pour Justice par exemple, un ordre de grandeur, une fourchette, on est dans quoi ? Plusieurs dizaines de milliers d’euros ?

"On est dans plusieurs dizaines de milliers d’euros, mais il y a 40 personnes à salarier sur deux journées, il y a des répétitions, il y a du matériel qui a été loué ou qui a été acheté. Donc quand on fait le calcul complet, ça se comprend. Je crois que les festivaliers attendent aussi ça, c’est une évolution qui a eu lieu au fil des ans. C’est vrai qu’il y a 30 ans, on mettait chanteur, guitare, basse, batterie sur scène et tout le monde était content. Maintenant, les gens veulent des grosses productions avec beaucoup de lumières, avec des écrans LED, etc., et c’est vrai que le coût des artistes est quand même en grande partie lié à ces coûts de production, pour les grands artistes je veux dire, qui explosent aussi".

Tout le monde est payé au festival de Dour

Alors, une fois qu’on a payé le cachet de ces têtes d’affiche, est-ce qu’il reste encore de l’argent pour tous les autres ? Vous nous avez dit plus de 240 artistes, est-ce qu’il y en a qui doivent venir jouer quasiment gratuitement, les petits noms ?

"Non, nous, ça on ne fait pas. Tout le monde est payé au festival de Dour. C’est vrai que pour les plus petits artistes, le calcul se fait un peu différemment, ils n’ont pas évidemment de grande production, donc là on essaye de compter le nombre de personnes sur scène et de salarier chaque personne, de voir un peu d’où ils viennent, donc ils doivent souvent louer un van ou une camionnette, donc payer un peu les frais de location de van, les frais d’essence ou de péages s’ils viennent de France par exemple. Et là, on essaye d’offrir, de faire une offre pour que tout le monde soit salarié et que les frais de déplacement et de logements soient couverts".

Est-ce que la concurrence est rude entre les festivals en Belgique ? Est-ce que vous vous disputez entre vous pour savoir qui aura tel artiste ? 

"Ça dépend parce qu’effectivement on a une terre de festivals et on a beaucoup de grands festivals, mais chacun est quand même assez bien sûr sur sa cible, je vais dire. Donc Werchter est assez différent de Dour, différent de Couleur Café et différent de Tomorrowland.

Là où on a pas mal de groupes en commun, c’est avec Pukkelpop en fait. Mais, généralement, ce qui se passe, c’est que ce n’est pas Pukkelpop ou nous qui décidons, c’est l’artiste selon qu’il tourne au mois de juillet ou au mois d’août, souvent il décide d’une période. Donc il va aller aux États-Unis par exemple en juillet et tourner en Europe au moins d’août. Ça se joue plus ou moins comme ça.

Donc Solange, par exemple, cette année, tous les festivals essayent de l’avoir, mais on a eu vraiment un grand coup de chance parce que le mercredi elle se trouvait en Allemagne et le vendredi elle voulait aller en Angleterre, donc la Belgique entre les deux c’était idéal. Donc il y a aussi une part de chance au niveau des routines des artistes".
 

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