Toots Thielemans, le jazzman qui "a divinisé un instrument un peu banal"

Les amis de l'harmoniciste reviennent sur la vie de ce jazzman de légende.
Les amis de l'harmoniciste reviennent sur la vie de ce jazzman de légende. - © DIRK WAEM - BELGA

L'harmoniciste belge de génie Toots Thielemans s'est éteint à l'âge de 94 ans ce lundi 22 août. Musiciens, hommes politiques et journalises qui l'ont cotôyé se souviennent d'un homme resté simple, chaleureux, à l'humour bien bruxellois.

Un vrai ket de Bruxelles

Bruno Castellucci a été longtemps a ses côtés. Ce batteur, un des plus doués de sa génération, était sur le plateau du JT pour nous parler de son ami.

" J’étais un familier de Toots, depuis 1972, près de 40 ans déjà, explique le batteur. Je jouais presque tout le temps avec lui. Bien sûr il lui arrivait de temps en temps de changer de musicien, pour changer de rythmique pour ‘goûter à d’autres frites’ comme il disait. Mais on est toujours resté ensemble."

" Samedi passé j’étais avec lui, et il était tout à fait serein. On blaguait, on rigolait, on se racontait des histoires. Il aimait bien qu’on lui raconte des histoires… Et puis il avait toujours des traits d’humour typiquement bruxellois. "

Toots Thielemans est bel est bien resté le vrai ket de Bruxelles. " Une anecdote : on était une fois en Hollande, du côté de la Noêl. Il voit une grande affiche pour le réveillon, et il me dit ‘Bruno viens on s’y arrête’. Je lui demande pourquoi, et il me répond ‘Pour dire qu’on n’y va pas’. Voilà, c’était son humour. "

 "Son amour, c’était la guitare. Mais l’harmonica, c’était la référence mondiale de cet instrument. D’ailleurs il jouait encore, il a joué pour l’anniversaire de sa manager il y a trois jours." Un ket qui a donné ses lettres de noblesse à cet instrument "populaire". "Même Miles Davis et Charlie Parker l’appréciaient, il a côtoyé les plus grands." Comment expliquer ce succès ? " Sa personnalité, son style, sa manière de voir les choses, sa sensibilité, son grand cœur" conclut Bruno Castellucci avec beaucoup d’émotions.

"Il a divinisé un instrument qui était un peu banal"

"C'est un homme qui n'a jamais eu de prétentions démesurées et vivait pour l'amour de la musique", se souvient l'historien du jazz et biographe du virtuose belge, Marc Danval. Un homme qui est toujours resté "chaleureux, simple et accessible".

Né en 1922 dans le quartier populaire des Marolles, à Bruxelles, Toots Thielemans a d'abord appris à jouer de l'accordéon avant de s'adonner à sa passion pour l'harmonica. "Il a divinisé un instrument qui était un peu banal, un instrument de feu de camp", résume Marc Danval, selon qui l'asthme dont souffrait Toots Thielemans "l'a aidé à trouver un son et une manière de jouer" qui l'ont amené à se produire aux côtés des plus grands noms du jazz.

Fait baron en 2001 par le roi Albert II, Toots Thielemans est l'un des Belges les plus célèbres mais ne s'est jamais départi de son humilité. "Il est toujours resté très simple et accessible", affirme Marc Danval. "Après avoir reçu ce titre, il a notamment été fait docteur honoris causa de l'Université libre de Bruxelles. Mais il affirmait que ce n'était pas ça qui le ferait jouer mieux", se rappelle encore l'historien du jazz. "Toots Thielemans ne vivait que pour l'amour de la musique", conclut-il.

Le site Culture de la RTBF consacre un dossier en hommage au musicien belge le plus célèbre.

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