Toiles de Derain : pas de restitution en France pour les héritiers d'un marchand d'art juif spolié

Une assistante de galerie pose devant le tableau "Madame Matisse au Kimono" de l'artiste français André Derain à la maison de vente aux enchères Christie's à Londres le 4 avril 2013
Une assistante de galerie pose devant le tableau "Madame Matisse au Kimono" de l'artiste français André Derain à la maison de vente aux enchères Christie's à Londres le 4 avril 2013 - © ANDREW COWIE - AFP

La justice française a débouté jeudi les héritiers d'un collectionneur d'art juif spolié qui demandaient la restitution de trois toiles du fauviste André Derain exposées depuis des années dans des musées.

Pour le tribunal correctionnel de Paris, des "incertitudes persistantes quant à l'identification des tableaux" subsistent.

"Parce que nous sommes sûrs de notre bon droit, nous allons faire appel", a réagi la petite-fille du collectionneur René Gimpel, Claire Touchard. "Nous considérons au vu du jugement que c'est difficile de décrocher des tableaux des collections nationales et que les juges ont peut-être été un peu timides", a-t-elle dit à la presse.

Plus de 75 ans après l'Occupation, les descendants du grand galeriste parisien René Gimpel attendent encore de récupérer l'ensemble des oeuvres spoliées ou disparues dans le tumulte de la guerre. Après des années d'enquête, ils avaient affirmé avoir retrouvé trois Derain, acquis par leur aïeul en 1921 à Paris.

Ils réclament au ministère de la Culture la restitution de ces toiles peintes entre 1907 et 1910, "Paysage à Cassis", "La Chapelle-sous-Crecy" et "Pinède, Cassis", exposées pour les deux premières au musée d'art moderne de Troyes et pour la troisième au musée Cantini de Marseille.

Ils se fondent pour cela sur une ordonnance d'avril 1945 sur la nullité des actes de spoliation.

Ces oeuvres ont voyagé, changé de nom, parfois été rentoilées: à l'audience, le 25 juin, les avocats du ministère et des musées avaient mis en doute la concordance entre les oeuvres réclamées et celles acquises par René Gimpel.

C'est ce qu'a retenu le tribunal, estimant que ces incertitudes "ne permettent pas d'appliquer" l'ordonnance de 1945.

 

Archives : Journal télévisé 19/02/2019

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