"The program", Lance Armstrong par Stephen Frears

Ben Foster se met dans la peau de Lance Armstrong pour le nouveau film de Stephen Frears, "The Program"
Ben Foster se met dans la peau de Lance Armstrong pour le nouveau film de Stephen Frears, "The Program" - © Capture d'écran du trailer - Youtube

The Program

De quel programme s’agit-il ? De celui imaginé par un sulfureux médecin italien, le Dr Michele Ferrari, pour améliorer sensiblement les performances des coureurs cyclistes grâce à une substance nommée E.P.O. A la fin des années 90, un jeune coureur texan, Lance Armstrong, qui a courageusement vaincu un cancer des testicules, convainc Ferrari de le " coacher " pour revenir au "top niveau". La suite, le monde entier la connait : le sportif américain enchaîne les victoires au Tour de France. Mais un journaliste ne croit pas au "miracle Armstrong" : David Walsh, reporter au " Sunday Times ", soupçonne le coureur de dopage intensif et va tenter de faire éclater la vérité… Seul contre tous. Car Armstrong est une icône, dont l’image est renforcée par le " charity business " qu’il a lui-même mis en place et sa fondation de recherche contre le cancer…

Quelle valeur ajoutée peut apporter un film de cinéma à cette affaire qui fait partie de l’histoire récente du XXIème Siècle, et qui a déjà été relatée dans des articles et des reportages ? Un point de vue, un regard de cinéaste. Stephen Frears a déjà prouvé, avec " The Queen " (autour de la mort de la princesse Diana) et avec " Philomena " (sur le destin de Philomena Lee, dont un enfant a été vendu par des religieuses) qu’il avait un talent fou pour transcender le réel et lui donner une envergure inoubliable. " The program " est bien plus qu’un film sur le cyclisme, bien mieux qu’un simple " biopic "; c’est la chronique d’une imposture savamment organisée, et protégée par les media – car qui avait intérêt, dans l’establishment du Tour de France, à déboulonner la statue Armstrong ? Personne ! Servi par un casting de premier ordre (le peu connu Ben Foster est saisissant dans le rôle principal), Frears livre un film aussi passionnant qu’un thriller et aussi profond qu’une enquête politique. Damned, quel cinéaste !

L’Hermine

Michel Racine (Fabrice Luchini) est magistrat à Saint-Omer. Sec et distant, ce président de cour d’assises vit désormais à l’hôtel, car il vient d’avoir été jeté par sa femme. Grippé par-dessus le marché, le voilà en mauvaise posture pour présider le procès d’un père accusé d’infanticide… C’est alors que, parmi les jurés du procès, il découvre Brigit (Sidse Babett Knudsen, révélée sur la scène internationale par la brillantissime série politique "Borgen")… Revoir Brigit le bouleverse : Michel en a été passionnément amoureux…

Le réalisateur Christian Vincent (qui avait tourné avec Luchini "La discrète" il y a 25 ans) avoue volontiers l’influence de Simenon dans " L’Hermine ". Comme le romancier de Maigret, Vincent se sert du cadre judiciaire comme d’un prétexte pour sonder la vérité des êtres. A 64 ans, Luchini trouve ici un de ses meilleurs rôles, qui lui a valu un prix d’interprétation à la Mostra de Venise ; Quant à Sidse Babett Knudsen, ceux qui ont raffolé de "Borgen" connaissaient son charisme, ils découvrent ici sa délicieuse pratique de la langue française. Vincent a réuni un très beau couple de cinéma.

The Gift

Un jeune couple revient vivre à Los Angeles. Lui espère décrocher un poste très important, elle panse ses plaies après une fausse couche. Dans un magasin en ville, ils se font accoster par un quidam, Gordo, qui se présente comme un ancien condisciple du mari… Ils sympathisent et, insidieusement, Gordo accumule les prévenances envers le couple, qui s’interroge : quel est son but ?

Pour son premier film derrière la caméra, l’acteur Joel Edgerton réussit un coup de maître, "The Gift" est un thriller psychologique qui monte en puissance avec une grande subtilité. Aux côtés d’Edgerton lui-même dans le rôle de Gordo, Jason Bateman et Rebecca Hall forment un couple très crédible. C’est LA bonne surprise de la semaine.

Me and Earl and the dying girl

Depuis “Love Story” avec Ryan O’Neal et Ali McGraw, les mélodrames avec des romances menacées par le cancer ont pullulé à Hollywood – cfr le récent "The fault in our stars" avec Shailene Woodley -… Difficile de se démarquer dans le genre, et pourtant " Me and Earl and the dying girl " y arrive : cette histoire d’un adolescent mal dans sa peau, poussé par sa mère à tenir compagnie à sa voisine atteinte de leucémie, est transcendée par une écriture empreinte d’humour féroce et de poésie. Le casting, truffé de nouveaux visages issus du cinéma américain indépendant, est parfait. Ce petit bijou mérite vraiment l’attention des cinéphiles.

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