Thaïlande: 20 ans de prison pour avoir diffamé la famille royale

Une foule réunie devant un portait du roi de la Thaïlande, Maha Vajiralongkorn, le 28 juillet 2017
Une foule réunie devant un portait du roi de la Thaïlande, Maha Vajiralongkorn, le 28 juillet 2017 - © LILLIAN SUWANRUMPHA

Un Thaïlandais a été condamné mercredi à vingt ans de prison pour avoir diffamé la royauté, protégée par une loi de plus en plus appliquée depuis la prise de pouvoir par une junte militaire ultra-royaliste en 2014.

L'homme condamné mercredi est accusé d'avoir fait partie d'un groupe d'anti-monarchistes, connu sous le nom du "réseau de Banpodj", qui publiait sur internet des messages audio critiquant la famille royale, a confirmé à l'AFP le tribunal militaire de Bangkok ayant prononcé la peine.

Banpodj est un DJ célèbre en Thaïlande pour ses positions antimonarchistes. Il est détenu depuis 2015, ainsi qu'une dizaine de membres de son groupe.

L'homme condamné mercredi était chargé de "télécharger les clips sur son propre site", a précisé Yingcheep Atchanont, de l'ONG ILaw, qui suit de près les procès pour lèse-majesté en Thaïlande.

Demi-dieux

Ces messages concernaient essentiellement le roi Bhumibol Adulyadej, décédé en octobre dernier, et sa femme, érigés en demi-dieux par des décennies de propagande.

En juin, un Thaïlandais a été condamné à 35 ans de prison pour avoir publié des messages Facebook jugés diffamatoires pour la famille royale, recevant l'une des sentences les plus sévères jamais prononcées pour lèse-majesté dans le royaume.

Depuis l'arrivée au pouvoir des militaires après un coup d'Etat en mai 2014, les poursuites pour ce crime se sont multipliées et les sanctions alourdies. Une centaine de personnes sont derrière les barreaux pour lèse-majesté, d'après la Fédération internationale des droits de l'homme (Fidh).

Connue sous le nom d'"article 112", la très stricte loi thaïlandaise sur les crimes de lèse-majesté prévoit de 3 à 15 ans de prison pour quiconque diffame le roi, la reine, son héritier ou le régent, pour chaque délit.

Les rares médias, y compris internationaux, qui évoquent ces affaires ne donnent aucun détail des accusations, de crainte de tomber eux-mêmes sous le coup de la loi.

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