Technologie de l'information: le millésime 2017 sera-t-il un bon cru?

Le tatouage du futur sera connecté: Microsoft et le MIT y travaillent.
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Le tatouage du futur sera connecté: Microsoft et le MIT y travaillent. - © Tous droits réservés

C’est la tradition qui veut ça, nous allons tenter d’évoquer l’avenir des technologies en 2017. Un exercice toujours un peu périlleux si l’on s’en réfère à cette maxime populaire qui veut que "Rien n’est plus difficile à prédire que l’avenir". L’an passé, nous avions vu juste à 70%. Une moyenne que nous espérons améliorer en 2017. 

Les PC, la cybercriminalité, la domotique, les mobiles, les smart cities, les gadgets... Nous abordons tous les thèmes, à commencer par l’incontournable internet des objets.

L’Internet of Things (IOT) désignant les objets qui communiquent entre eux sans passer par les Humains représentera un marché gigantesque de 7000 milliards d’euros en 2020 et 50 milliards d’objets connectés. Contrairement à la télé 3D ou aux lunettes numériques, leur succès ne fait plus l'ombre d'un doute.

On trouvera principalement ces objets connectés dans le secteur de la santé. Votre pacemaker ou votre bracelet numérique communiqueront sans intermédiaire avec votre dossier médical électronique stocké sur votre smartphone… Et le tout lancera des alarmes (de cholestérol, de diabète...) vers votre médecin. Il y aura aussi les "utilities" (les compagnies d’eau, de gaz et d’électricité) qui n’enverront plus des agents pour relever les compteurs, mais vous fourniront, chaque mois, votre niveau de consommation avec, éventuellement des mises en garde en cas de consommation anormale.

Mais l’internet des objets sera aussi un outil de guerre. La Darpa, (l'agence de recherche du ministère américain de la Défense), finance le développement de capteurs "intelligents" pour décrypter les informations des systèmes électroniques ennemis sur les champs de bataille. On pourra charger ces capteurs sur des drones. La Darpa travaille également sur des GPS très sensibles permettant de suivre un individu (ou un objet) de manière très précise, et durant de longues périodes. Songeons aussi à ce qu’apportera le système de géolocalisation européen Galileo dont le degré de précision sera, en version payante, de l’ordre du cm.

L’intelligence artificielle politiquement correcte

En 2017, l’intelligence artificielle devient politiquement correcte. Plus question de connaître les erreurs de Tay, le premier chatbot (robot conversationnel) de Microsoft. Il n'avait pas fallu 24h pour rendre ce robot vocal raciste au seul contact de la communauté des trolls. Ce projet a été supprimé, mais sera très vite remplacé par Zo, le nouveau chatbot de Microsoft… Et cette fois, aucun débordement n’est à craindre. Zo utilise un moteur d’intelligence artificielle chinois. Et bien sûr, cette intelligence est censurée. Zo intègre ce que l’on appelle (poliment) la "spécificité culturelle" chinoise. Ça veut dire que toute question politique aboutit invariablement sur une réponse "politiquement correcte". Du type: "Je ne discute pas de politique."

Interface : la règle du " 0123 "

Les interfaces vont, elles aussi, s’adapter à nous grâce à la technique du "design responsive". Cette diversification des interfaces (de nos télévisions, nos smartphones et nos PC) s’effectuera en fonction de nos âges. Et cela passera (notamment) par les assistants intelligents que l’on connaît déjà. C’est, par exemple, Siri qui tente -sur iPhone- de répondre oralement, à toutes vos questions. Cela existe aussi sur Android et Amazon… Une nouvelle version expérimentale de Cortana, cette fois sur Windows 10, permettra d’arrêter, de redémarrer ou de mettre en veille son ordinateur par simple commande vocale. Très rapidement, ces assistants intelligents permettront de paramétrer des alarmes, des rappels ou de contrôler des capteurs intelligents dans votre maison.

Le défi des appareils de demain sera, explique le futurologue Herman Konings, de respecter la règle du "0123" :  0 mode d’emploi, 1 bouton d’accès (on/off), 2 options  (une interface simple qui évite le  stress du choix)  et 3 secondes pour obtenir une réponse à une question via la technologie.

2017 sonne la fin des numéros mobiles anonymes

L’arrêté royale vient d’être publié. Dans quelques mois, toute carte de téléphonie mobile prépayée sera nominative. Et ce sera également vrai pour les cartes existantes. Il faudra, soit se connecter sur un site avec un lecteur de carte d’identité, soit se rendre dans une boutique de l’opérateur pour s’identifier. Tout numéro de téléphone sera lié à un nom avant la fin juin 2017. C’est l’une des conséquences des attentats de 2015 à Paris.  

Une bonne nouvelle: en principe, en juin prochain, les frais de roaming (itinérance), ces surcoûts facturés lors d’appels et de surf à l’étranger aura disparu sur le territoire européen. En principe, car ce ne serait pas la première fois que la mesure serait remise à l'année prochaine.

Le smartphone chenille de Samsung

Ceux qui aiment jouer avec les prévisions peuvent faire un pari.

Depuis au moins 20 ans, l’industrie nous promet un téléphone avec écran flexible. Les premiers prototypes circulaient déjà dans les salons informatiques du Cebit de Hanovre dans les années 90. Et finalement ce sera peut-être pour l’an prochain.

Plusieurs brevets déposés par Samsung circulent, concernant un téléphone à double charnière. Cet objet difficile à décrire, rappelle, un peu, la chenille d’un engin de chantier (ou d’un char d’assaut, selon les références de chacun). En faisant tourner ce "téléphone chenille" sur lui-même, l’écran s’agrandit ou, au contraire, prend moins de place. Ce qui facilite alors sa mise en poche.

Samsung appelle cela le périphérique flexible. C’est assez original. Et ce pourrait être pour 2017.

Ces si chères villes intelligentes

Ce n’est plus un doute, l’avenir est aux villes hyper-connectées.  Dans ce domaine les villes de pointe sont Barcelone, Bordeaux, Amsterdam et Hasselt en Belgique. Il y a quelques semaines, Londres et Bristol ont été désignées les villes les plus intelligentes de Grande-Bretagne.

Et c’est une tendance mondiale. Les Nations-Unies ont d’ailleurs adopté un plan pour les 20 prochaines années. Les villes intelligentes devront faciliter la mobilité et la communication et protéger l’environnement

Les exemples vont de la simple synchronisation des feux en fonction du trafic et de la gestion de l’éclairage public selon la luminosité ambiante. Mais l’originalité est au pouvoir. Il y a la flotte de bateaux automatiques qui naviguent à Amsterdam. A Barcelone on peut, dans certains quartiers, déposer ses poubelles 24/24 dans une borne qui utilise un réseau de mini-tunnels pour transporter les déchets sans être vus. Fini les camions poubelles. Il y a aussi un projet de lampadaires écolo alimentés par l’énergie de nos pas sur la chaussée…. Ce projet pilote a été développé à Las Vegas. Et enfin, tout près de nous, les premières routes  photovoltaïques naissent en Normandie. Le seul problème de tout cela est que cela coûte cher. Très cher.

La réalité virtuelle passe au "retour haptique"

Après un année 2016 vouée au casque de réalité virtuelle, le vrai progrès viendra de l‘interactivité entre l’individu et l’environnement virtuel. L’interaction ne se fera plus via de simples manettes qui permettent au casque de réalité virtuelle de détecter les mouvements des mains et des doigts, mais via nos propres mains. Un projet baptisé Orion utilise un capteur fixé à l’avant des casques de réalité virtuelle pour détecter les déplacements des doigts physique dans le monde virtuel. Le stade suivant sera celui du retour haptique : le sens du toucher qui permettra de ressentir des objets virtuels comme si on le touchait vraiment. Par exemple pour taper sur un clavier virtuel. Et cela pourrait exister en 2017 ou 2018.

Le PC a-t-il un avenir ?

Soyons, clairs, les statistiques du bureau d’études Gartner se suivent et se ressemblent: les ventes de PC sont en baisse constante depuis 2015. Mais elles pourraient avoir touché le fond. La croissance  reprendra dès 2017. Pas pour le PC traditionnel dont les ventes vont se stabiliser autour des 270 millions d’unités vendues dans le monde, mais bien pour les coûteux ultramobiles. 

Ensuite Microsoft et Intel, les deux mères nourricières du PC, travaillent en commun sur un projet nommé EVO. Pour faire entrer, précisément la sécurité et l’intelligence artificielle dans l’ordinateur. Et lui donner ainsi une nouvelle jeunesse.

Ce PC, rebaptisée HomeHub, deviendra un assistant domestique. Ce qui confirme l’avenir domotique de l’informatique. Microsoft développe la partie logicielle, tandis qu'Intel décrit les caractéristiques techniques que devront remplir les appareils vendus par les constructeurs. Les premiers kits de développement de Microsoft seront distribués lors de la Game Developers Conference, qui se tiendra à San Francisco du 27 février au 3 mars 2017.  

Mais l’avenir de l’ordi est aussi dans le "PC terminal", un concept assez ancien qui transforme le PC en un simple écran connecté sur le cloud pour y puiser son intelligence : puissance de calcul, capacité de stockage et logiciels distribués. Une illustration en est le service Shadow de la start-up française Blade. Le PC sera un simple boîtier doté d’une connectique connue : USB 3.0, wifi, etc. C'est ce que l'on appelle, dans le jargon professionnel un "client léger" ou un "bête" terminal. Un ordinateur minuscule qui sert d'interface réseau et de visualisation entre l'utilisateur et un serveur sur lequel tournent tous les programmes, Windows compris.

Les supercalculateurs aux yeux bridés

La gouvernance économique se déplacer de l’Occident vers l’Orient. C’est aussi le cas dans le secteur technologique. Régulièrement le site top500.org décerne le titre de superordinateur le plus rapide du monde. Et depuis quelques mois, les vainqueurs sont, soit japonais (le K computer), soit chinois (le Sunway TaihuLight.) Ce dernier réalise plus de 93 millions de milliards de calculs à la seconde grâce à 40 000 processeurs... Et ces puces ne sont plus produites par l’américain Intel, mais par des entreprises chinoises. 

Cybercriminalité : les deux risques majeurs

Le premier risque pour 2017 est connu : c’est le piratage des jouets connectés. La presse a largement évoqué cette poupée Bluetooth qui dit tout sur l’enfant qui la possède et permet à des inconnus de contrôler cette poupée-relai pour communiquer avec l’enfant. Un cas qui illustre parfaitement le danger de 2017 : le ransomware des objets, la possibilité de prendre des appareils en otage pour ensuite demander le paiement d’une rançon à l’utilisateur.

Et cela concerne tous les jouets connectés, comme les consoles de jeux ou les drones. Une société de sécurité informatique remarque qu’un  nombre croissant de jouets exigent de télécharger des applis spéciales capables de capter toutes sortes d’informations personnelles.

La bonne nouvelle est que se met en place un label de sécurité des objets connectés. Une labellisation qui permettra en 2017 de déterminer le niveau de sécurité des objets connectés. C’est une initiative privée lancée par Digital Security, une entité de la Econocom.

Ces gadgets qui annoncent l'avenir

Objets parfois futiles, les gadgets n’en sont pas moins des indicateurs de nouvelles tendances. Ainsi l’Airblock, un drone à construire soi-même, qui amène l’ado à découvrir le codage informatique. Il se pilote via smartphone et se programme à l’aide d’une interface spécialement conçue pour les novices de la programmation.

Amazon a pour sa part réalisé sa première livraison à l’aide d’un drone. C’était en Grande-Bretagne. Alphabet, la maison-mère de Google, va lancer un programme de livraison par drone nommé "Wing". Et Wal Mart, le géant américain de la distribution va s’y mettre également.

Plus drôle, cette fourchette électrique simule les papilles gustatives pour reproduire le goût du sel au moment où la personne porte les aliments à la bouche. Inutile de se précipiter, c’est encore un prototype.

Remarquons encore cette montre connectée alimentée par la chaleur humaine. La Matrix PowerWatch fonctionne par thermoélectricité grâce à la chaleur corporelle. En principe, son autonomie est illimitée.

Et toujours dans la même gamme des objets connectés, il y a le tatouage électronique de communication. Microsoft et le MIT ont conçu des tatouages temporaires métalliques dotés de fonctions de communication, Cela s’appelle DuoSkin, et pourrait servir à piloter un smartphone. Le tatouage changerait de couleur en fonction de la température corporelle. Un cadeau pour la Noël 2017? On en reparle dans un an, c'est promis.

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