Tamas, le petit Hongrois greffé aux Cliniques Saint-Luc grâce à Michael Jackson

Michael Jackson, Lisa-Marie Presley et le petit Bela en attente d'une greffe.
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Michael Jackson, Lisa-Marie Presley et le petit Bela en attente d'une greffe. - © BELGAIMAGE

Août 1994. Budapest. Michael Jackson s’apprête à sortir son nouvel album "HIStory". Peu avant, il se rend dans la capitale hongroise pour tourner un clip promotionnel destiné à lancer son futur projet. Les déplacements de la star s’accompagnent alors régulièrement d’arrêts dans des hôpitaux et des orphelinats. Michael Jackson aime aller à la rencontre de malades et principalement d’enfants en souffrance. Les premières accusations liées à l'affaire Jordan Chandler - premier enfant à avoir porté plainte pour agressions sexuelles - datent d'une année à peine. 

En 1994, Michael Jackson n’arrive pas seul en Europe de l’Est: son épouse Lisa Marie Presley, la fille d’Elvis Presley est du voyage. Tous les ingrédients nécessaires à une opération de communication réussie sont réunis.

Petit orphelin âgé de 4 ans

Michael Jackson et Lisa-Marie Presley visitent donc l’hôpital pour enfants Bethesda où ils croisent le petit Tamas, quatre ans. Abandonné par son père et sa mère, l’enfant souffre d’une grave maladie qui décolore sa peau. Son foie est en piteux état. Il a une malformation des voies biliaires qui empêche de sécréter la bile. De toute évidence, l’enfant a besoin d’une greffe urgente. Sans une intervention, les médecins lui donnent une très faible espérance de vie.

Bouleversé, Michael Jackson va alors décider de prendre en charge financièrement la transplantation, au travers de sa fondation "Heal the world" (Sauver le monde). "Quand je l'ai vu, je me suis dit que je ferai tout ce qui est possible pour sauver cet enfant", racontera bien après la star dans d'une émission de télévision pour la FOX

La star veut l'emmener aux USA

L’enfant ne peut pas être opéré en Hongrie, faute d’équipements. L’opération aura donc lieu chez nous, en Belgique, aux Cliniques universitaires Saint-Luc à Woluwe-Saint-Lambert, connues pour leur expertise.

Le professeur Jean-Bernard Otte, le chirurgien qui a opéré Tamas en décembre 1995 se souvient et raconte à la RTBF: "J'étais en Hongrie dans les années 90 et une pédiatre que je connaissais m'a mis en relation avec l'enfant. C'était avant la visite de Michael Jackson. Nous avions déjà pour projet d'opérer Tamas en Belgique. Nous avions déjà entamé les démarches. Lorsque Michael Jackson est arrivé, les autorités voulaient lui faire visiter un hôpital moderne. Il a refusé: il voulait aller dans une clinique pour enfants en périphérie, beaucoup plus modeste. C'était une vieille clinique. Lorsqu'il croise la route de Tamas, tout jaune en raison de sa maladie, Michael Jackson annonce qu'il veut envoyer le petit garçon aux USA pour le soigner. Sur place, le personnel médical lui explique qu'il y avait déjà des contacts avec la Belgique." Les financements manquent. Michael Jackson sort le portefeuille et prendra tous les frais à sa charge. "C'est ainsi que l'opération aura lieu aux Cliniques Saint-Luc en décembre 1995. Le service de Transplantation hépatique existait depuis 1984 et avait déjà une réputation internationale."

Un litige rapidement résolu

Le secret de cette greffe est bien gardé jusqu’en avril 1997. La presse bruxelloise révèle alors que si l’enfant a un nouveau foie et se porte à merveille, la fondation "Heal the world" a laissé une ardoise de trois millions de francs belges (75.000 euros) sur les quelque 6 millions de la facture globale (frais de voyage, d’hospitalisation…). Il faut savoir que le petit Tamas a d’abord subi des examens préliminaires à Bruxelles, avant d’y revenir une deuxième fois pour l’opération à proprement parler et rester cinq mois en observation. Malgré le geste, l’image de la star en prend un coup. Cela fait près deux ans que le service Financier de Saint-Luc attend le solde quand il décide de mandater un avocat.

Le hasard (ou la médiatisation du litige) voudra que, quelques jours semaines plus tard, la facture est réglée. "Deux à trois semaines après", raconte à la RTBF, 22 ans après, Dominique Gilson, responsable du service Financiers de l’hôpital à l’époque, "la fondation "Heal the world" a payé la note. La résolution du litige est passée totalement inaperçue ou presque dans la presse".

Passée inaperçue en Belgique, la deuxième visite rendue par Michael Jackson à l’enfant en 1996 en marge de sa tournée HIStory. Le Roi de la Pop rencontre une nouvelle fois Tamas, tout sourire et en bonne santé, à Budapest. Il l'invite lui et sa famille d'adoption à assister à son concert.

Jusqu'en 2002, Tamas se rendra régulièrement à Bruxelles pour des visites de contrôle.

Aujourd'hui, Tamas est en parfaite santé. 

Tamas a survécu et n'a pas fait de rejet. Aujourd'hui adulte, il est marié et père de deux enfants. Il vit très modestement dans un village à deux heures de route au sud de Budapest.

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