Succès des bibliothèques publiques: "Les bibliothécaires ont pu suivre les demandes de leurs usagers"

Les bibliothèques publiques ont le sourire : le nombre de livres empruntés a bondi, plus de 25% d’emprunts supplémentaires par rapport à 2017. Interrogée sur La Première, Diane-Sophie Couteau, directrice du Service de la lecture publique, explique : "Sur base des statistiques que les bibliothèques nous rendent, la personne qui vient le plus en bibliothèque est une femme entre 28 et 40 ans. Mais sinon, en règle générale, les bibliothèques sont ouvertes de 0 à 105 ans, parce qu’il faut bien mettre une limite quelque part, mais il y a vraiment peu de différence. On a quand même des catégories d’usagers : il y a l’usager individuel qui vient emprunter tout seul ou en famille, et il y a aussi des collectivités — les écoles ou des groupes de personnes qui ont l’habitude de faire des activités ensemble. Ça fait donc quand même un nombre assez impressionnant puisqu’on en est à 832 656 usagers, toutes sortes confondues. Mais ce n’est pas parce qu’on ne dispose pas d’une carte de bibliothèque qu’on ne vient pas en bibliothèque. On vient aussi pour écouter des animations, pour apprendre l’informatique, pour échanger des graines puisqu’il y a aussi des grainothèques en bibliothèque, etc. Les activités sont vraiment très vastes et elles vont même jusqu’à organiser des jeux et des activités de type développement des capacités de lecture".

"Vous ne devez plus faire silence"

Les bibliothèques ont bien évolué ces dernières années, insiste Diane-Sophie Couteau : "La bibliothèque est vraiment un lieu où on accueille les personnes à bras ouverts. C’est devenu un opérateur culturel, c’est-à-dire qu’en bibliothèque, quand vous entrez, vous ne devez plus vous taire, vous ne devez plus faire silence comme on le faisait il y a très longtemps. En fait, l’évolution s’est faite en suivant le fil de ce que les personnes souhaitaient, de ce que l’usager souhaitait. C’est-à-dire que si la bibliothèque reste un lieu fermé, un lieu qui ressemble à un temple de la culture, personne n’a envie de s’y rendre. Ici, maintenant, en bibliothèque, vous pouvez entrer simplement pour vous réchauffer, pour avoir un dialogue avec quelqu’un, pour y chercher évidemment de la culture, mais ce sont aussi des lieux qui sont particulièrement ouverts. Un exemple qui me semble le plus intéressant, c’est que vous arrivez en bibliothèque et vous entendez des gazouillements de bébés, parce que les bibliothécaires ont très bien compris que pour développer les capacités et les pratiques de lecture, il fallait atteindre les plus jeunes aussi. Ils ouvrent donc des heures du conte pour les tout petits et des heures du livre à destination des parents et des enfants qui viennent ensemble découvrir des livres qui leur sont destinés".

Budget

"Les difficultés budgétaires de la Fédération Wallonie-Bruxelles ont fait que les bibliothèques n’ont jamais pu être financées complètement, mais ça n’a jamais empêché les bibliothécaires de faire preuve de dynamisme et d’inventivité. Contre mauvaise fortune bon cœur, on est obligé de développer des partenariats, de mutualiser les services que l’on propose et je pense que c’est vraiment maintenant ce qui fait que ce taux de prêts a augmenté de façon phénoménale, parce que les bibliothécaires ont su suivre les demandes de leurs usagers et de leur territoire d’action. Elles s’adaptent vraiment au territoire sur lequel elles se trouvent", poursuit-elle.

"Le premier livre par lequel on aborde la lecture"

Même dans un monde très numérique et très numérisé, Diane-Sophie Couteau "pense que le livre papier reste le premier livre par lequel on aborde la lecture. Vous voyez chez les tout petits, vous ne pouvez pas leur présenter une tablette avec des images, ce n’est pas du tout la même chose. Ce côté 'je suis dans les bras de maman ou de papa avec mon livre' est quelque chose d’affectif. Il suffit que vous vous souveniez d’un moment de lecture particulier où vous étiez peut-être au coin du feu, dans un fauteuil confortable, avec une tablette de chocolat à la main. Et ce souvenir-là, je pense qu’il guide aussi le fait que l’on préfère peut-être encore prendre un livre, l’ouvrir, et quand on l’ouvre, c’est un peu comme quand on vous racontait une histoire. 'Il était une fois' : vous ouvrez le livre et vous le refermez par ce qu’on disait autrefois dans les contes, 'ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants'.  Mais il y a des tas d’autres fins évidemment".

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