Statut, droits d'auteur, chômage temporaire: DéFi dépose une proposition de loi pour répondre à "l'urgence" artistique

Après l’union sacrée pour cause d’urgence sanitaire, le politique aussi se déconfine. Des consultations informelles en vue d’un nouveau gouvernement fédéral ont bel et bien repris. Mais pour certains, on ne peut pas se permettre d’attendre jusque-là pour certains dossiers comme la relance économique, mais aussi les questions liées au statut d’artiste.

"Il y a une urgence, a estimé François De Smet, le président de DeFi, invité de Matin Première. Le fédéral n’a pas répondu aux attentes des artistes, c’est pourquoi nous avons déposé une proposition de loi ce jour, pour leur donner jusque mars 2021 pour effectuer les trois prestations qui permettent de maintenir leur statut. Il faut leur donner un temps long, il faut savoir qu’en France, ils ont déjà donné ce statut jusqu’août 2021".

Deuxième axe de cette proposition : "On voudrait offrir le chômage temporaire à tous ceux qui évoluent dans le monde artistique, et qui ont vu leurs prestations interrompues par le Covid-19, qu’ils aient le statut d’artiste ou pas."

Pas besoin d’attendre

Et enfin, DéFi veut mettre fin aux discriminations pour les artistes qui reçoivent des droits d’auteur, souvent moins de 10.000 euros par an, mais "ça impacte leurs allocations de chômage".

François De Smet a bien noté que le président du MR Georges-Louis Bouchez proposait une "mise à plat du statut", mais dans le cadre des négociations pour un nouveau gouvernement. Or, pour le président de DéFi, "il est tout à fait possible de réviser le statut maintenant. Il se passe quelque chose actuellement dans ce monde, le regard politique sur les artistes change, ils se structurent, ils s’organisent, on n’est pas obligé d’attendre."

Pour rappel, la crise du coronavirus a été dévastatrice pour le monde culturel. Ce sont 93% de pertes de revenus qui sont d’ores et déjà chiffrées. Et pourtant, dans le pays, le secteur culturel représente 5% du PIB.

Le monde culturel exige des perspectives politiquesLa question sociale est urgente, "notamment pour les personnes hors statuts", c’est-à-dire celles qui ne bénéficient pas du statut d’artistes. Mais c’est tout le secteur - des artistes aux opérateurs - qui a besoin d’aide.