Six mois de prison avec sursis requis contre Ibrahim Maalouf pour agression sexuelle

Ibrahim Maalouf, né le 5 novembre 1980 à Beyrouth, est un trompettiste et pianiste franco-libanais
Ibrahim Maalouf, né le 5 novembre 1980 à Beyrouth, est un trompettiste et pianiste franco-libanais - © STRINGER - AFP

Le parquet a requis vendredi six mois de prison avec sursis contre le trompettiste franco-libanais Ibrahim Maalouf, jugé devant le tribunal de Créteil, près de Paris, pour agression sexuelle sur une collégienne de 14 ans.

Selon la version de la jeune femme, aujourd'hui âgée de 18 ans, le musicien l'aurait embrassée une première fois un soir à la sortie d'un cinéma. Un "baiser avec la langue" selon elle, un "bisou", selon Ibrahim Maalouf, 33 ans à l'époque, en 2013.

Une jeune fille "fascinée" par le musicien

Pour lui, c'est la jeune fille qui en était à l'origine. "Je lui ai pris les poignets, je me suis éloigné d'elle, sans la brusquer." Deux jours plus tard et selon la version de la jeune fille, le musicien l'aurait à nouveau embrassée, dans son studio d'enregistrement cette fois où elle faisait un stage. Il l'aurait "attrapée par le bassin", mimant un acte sexuel. "Je sentais son sexe derrière moi sur mes fesses", avait-elle déclaré aux enquêteurs.

Cette deuxième séquence n'a jamais existé, a pour sa part maintenu à la barre le trompettiste, lauréat de quatre Victoires de la Musique et d'un César de la Meilleure Musique de Film. Les parents n'ont signalé les faits qu'un an plus tard, après qu'elle se soit confiée à un médecin. Elle avait commencé à se scarifier et à avoir des troubles alimentaires. "Comment voulez-vous qu'une jeune fille dont l'état de santé s'est objectivement dégradé, mente, pour rien, juste parce qu'elle aurait été vexée d'avoir été éconduite?", s'est énervé le procureur dans ses réquisitions. Et s'adressant à Ibrahim Maalouf: "Il faut plus que de l'aplomb pour imputer ça à une jeune fille de 14 ans".

Aucun doute pour lui, la jeune fille, qui voulait être trompettiste et avait reconnu être "fascinée", "amoureuse" du musicien, est "crédible". Il y a eu "surprise" et "contrainte", a-t-il estimé. Pour autant, le procureur a parlé de la "non-dangerosité" d'Ibrahim Maalouf.

Il a souligné qu'il ne souhaitait pas requérir que ce dernier, qui enseigne la musique aux jeunes, ne puisse plus travailler avec des mineurs. "Il y a des moments où ça peut arriver, à chacun d'entre nous, de commettre des infractions", a-t-il dit. 

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