"Si on est au SMIC, faut peut-être pas divorcer": la chroniqueuse Julie Graziani licenciée pour ses propos

"Si on est au SMIC, faut peut-être pas divorcer": la chroniqueuse Julie Graziani licenciée pour ses propos
"Si on est au SMIC, faut peut-être pas divorcer": la chroniqueuse Julie Graziani licenciée pour ses propos - © Capture d'écran - Twitter

Ses propos sur la chaîne d’information en continu LCI avaient énormément fait réagir. Depuis lundi, Julie Graziani était sous le feu des critiques pour ses commentaires après des images d’une femme interpellant Emmanuel Macron lors d’une visite à Rouen. Elle a finalement été licenciée par son employeur ce matin.

Invitée de l’émission "24h Pujadas" ce lundi 4 novembre, l’éditorialiste Julie Graziani s’en est prise violemment à une mère célibataire qui faisait part à Emmanuel Macron lors d’une visite à Rouen de ses difficultés en tant que mère célibataire qui ne touche que le SMIC (le salaire minimum garanti en France, ndlr).

Je comprends très bien qu’elle ne s’en sorte pas […] Mais un moment donné, je ne connais pas son parcours de vie à cette dame. Qu’est-ce qu’elle a fait pour se retrouver au SMIC ? Est-ce qu’elle a bien travaillé à l’école ? Est-ce qu’elle a suivi des études ? Et puis si on est au SMIC, il ne faut peut-être pas divorcer non plus dans ces cas-là…

Tollé sur les réseaux sociaux

Ces propos radicaux ont provoqué la stupéfaction de l’eurodéputée Aurore Lalucq, présente en plateau, mais aussi de nombreux spectateurs ou encore de la secrétaire d’Etat à l’égalité femmes-hommes d’Etat Marlene Schiappa.

Peu de temps après et malgré les critiques, Julie Graziani avait maintenu sa position arguant que "chacun est responsable de ses parcours de vie". Sur Twitter, elle avait également rajouté : "Tu as fait le mauvais choix de boulot, tu as fait le mauvais choix de mec, tu assumes. Ce n’est pas à l’Etat d’arranger tes problèmes".

Depuis l’année dernière, Julie Graziani était éditorialiste pour le magazine L’Incorrect. Mais ce n’est plus le cas depuis ce matin. Le site du mensuel a publié un message qui, par la voix de son directeur de rédaction Jacques de Guillebon, annonce qu’elle ne représentera désormais plus le magazine de tendance conservatrice dans les médias.

Il apparaît que depuis ce triste passage, et malgré nos conseils et objurgations, Julie Graziani n’a pas pris conscience le moins du monde du caractère scandaleux de ses mots, et au contraire s’enferre dans un dédain plus que macronien pour "ceux qui ne sont rien", en témoignent ses messages et vidéos sur Twitter par exemple.

En réaction à cette décision, elle s’est fendu d’un tweet laconique précisant qu’elle cessait sa collaboration avec l’Incorrect dès aujourd’hui mais aussi d’une vidéo plus cynique et anecdotique ou elle affirmait "travailler sur le module empathie depuis deux séances avec son psy".

Julie Graziani, 41 ans et mère de trois enfants, est connue pour militer contre l’avortement ainsi que pour son soutien au mouvement "La Manif pour tous". Elle est également cofondatrice avec des proches de Marion Maréchal-Le Pen, de L’Avant-Garde, un mouvement politique de droite conservatrice, voire d’extrême droite selon certains médias, et d’inspiration chrétienne.

Ce n’est pas la première fois qu’elle fait l’objet d’une polémique puisqu’il y a deux ans, sur le plateau de l’émission "28 minutes" sur Arte, Julie Graziani avait déjà dérapé. En voulant dénoncer les discriminations subies par les personnes trisomiques, elle avait alors fait un parallèle plus qu’hasardeux avec les Noirs.

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