Sauvegarde des données : le cloud plus fort que le disque dur ?

Le cloud: ce nuage tellement terre-à-terre.
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Le cloud: ce nuage tellement terre-à-terre. - © Tous droits réservés

Le Cloud ! On ne parle plus que de lui. Comme s’il faisait partie de la famille. Il est pratique, mais est-il meilleur marché et plus sûr que notre bon vieux disque dur ?

En caricaturant un peu, le cloud (« l’informatique nuagique » comme aiment l’appeler les Français) n’a rien de virtuel. Le cloud, n’est rien d’autre qu’un ensemble de serveurs de stockage (d’énormes disques durs) réunis dans un lieu souvent inconnu de celui qui l’utilise. Ces centres de données ne sont pas dans les nuages, mais dans des bâtiments construits aux quatre coins du monde. Et le marché du cloud se porte bien, merci pour lui. Selon le bureau d’études Gartner, l’an prochain sa croissance sera de l’ordre de 17% (cloud public). Peu de secteurs industriels peuvent en dire autant.

L’avantage du stockage des données dans le cloud plutôt que sur un disque dur

Le cloud fait plus que de la simple sauvegarde de fichiers. Comme les données sont dématérialisées, en cas de perte de votre ordi, ou si vous vous trouvez au bout du monde sans ordinateur personnel, il suffit de brancher n’importe quel terminal sur son « cloud » pour accéder aux données. Et ce qui est valable pour un PC l’est aussi pour un smartphone. Mais cela permet aussi de partager des documents avec des amis ou des collaborateurs. Pas question de faire cela avec un disque dur personnel.

Quel cloud choisir?

L’internaute lambda utilise ce qu’on appelle le cloud public, conçu par un fournisseur indépendant (Google ou un opérateur téléphonique, par exemple) qui le met à la disposition de tous.

Les grands noms du cloud public sont bien connus. Il y a d’abord le pionnier : Dropbox, devenu la propriété de Google. L’espace de stockage gratuit est de 5Go, voire 15 gigas si vous parrainez de nouveaux utilisateurs. Dropbox est surtout intéressant pour les projets collaboratifs.
 

Vient ensuite Google Drive qui s’est imposé grâce à la puissance de Google. Il permet de sauvegarder les pièces jointes, des e-mails et de partager l’espace de stockage avec Google Photos. Il peut synchroniser les fichiers d’un PC vers le cloud grâce à Google Backup.

Google Drive se démarque, par un espace de stockage gratuit de 15 Go. Si cela n’est pas suffisant, il est possible de passer à l’une des offres payantes Google One, qui octroie de 100 Go à 30 To.

Le troisième cloud public le plus connu est OneDrive intégré dans Windows. Son espace de stockage gratuit est de 15 Go.

Dans tous ces cas, le cloud s’intègre dans la suite bureautique du fournisseur. OneDrive est installé par défaut dans Windows (depuis sa version 8) et fait partie intégrante d’Office 365. Dans la même logique, iCloud propose une sauvegarde des documents créés avec la suite bureautique iWork et Dropbox s’intègre naturellement dans la suite bureautique de GoogleMoins connu, PCloud est disponible à la fois sur Windows, Mac et Linux, iOS et Android. L’espace gratuit atteint 20 Go.

Le cloud, c’est plus cher qu’un disque dur?

Ça dépend. Si l’on prend OneDrive (Microsoft), la formule de base est de 50 Go pour 1,99 €/mois. Mais pour un Térabytes (1000 Go), cela revient à près de 10 euros par mois. Et ce prix est pratiqué par la plupart des grands acteurs du cloud public. En revanche, un vrai disque de 1 Térabytes coûte 50 euros dans n’importe quel magasin. Et on ne paie qu’une seule fois. Cela représente donc à peine le coût de 5 mois de location de cloud.

Moins connue, l’offre PCloud vient mettre tout le monde d’accord avec un paiement unique pour disposer, à vie, d’une capacité importante Dans le cloud. Pour un montant unique de 175 euros, l’internaute disposera donc à vie d’une capacité de stockage de 500 Go. Pour 350 euros, la capacité grimpe à 2 To. Une bonne affaire, pour celui qui parie sur la pérennité de l’entreprise au fil des ans. En n’oubliant pas que d’ici 10 ans, à l’ère du tout vidéo, une offre de 2 To paraîtra peut-être ridicule.

D’où la nécessité de ne sauvegarder dans le cloud que ce dont on a besoin en permanence. Et de conserver un disque dur pour la sauvegarde totale et l’archivage.

La sécurité: rien de neuf sous le soleil

Inutile de rêver, le cloud a généré une nouvelle génération de cyberattaques. Il suffit de se souvenir de celles qui ont frappé les nuages de Sony Pictures et Amazon. Et plus récemment OneLogin ou Verizon.

La nouvelle attaque se nomme « Man in the Cloud » (MitC). Ce type d’attaque vise à accéder aux comptes des victimes sans avoir à obtenir au préalable des informations d’identité.

La majorité des services Cloud sauvegardent dans l’ordinateur du client un « jeton » qui lui permet de ne pas saisir son mot de passe chaque fois qu’il accède à son cloud. La faiblesse du système réside dans le fait que si un pirate parvient à copier un jeton, il peut infiltrer le cloud de la victime. Pour cela le pirate doit pratiquer l’art de l’ingénierie sociale (du phishing). Il va envoyer un mail pour obtenir l’info de la part même de son propriétaire qui croira naïvement répondre à une demande légitime de son fournisseur de cloud.

Pour lutter contre cela il n’y a que deux remparts : la prudence face aux mails inconnus, et le chiffrement des données stockées. Dans ce cas, si un pirate accède à votre cloud, il ne pourra de toute façon rien en faire. Plus efficace encore est l’authentification à deux facteurs : le mot de passe est renforcé par une seconde authentification par l’envoi d’un code expédié par SMS au détenteur de compte pour obtenir confirmation de son identité.

Finalement, l’atout relatif du cloud est que les géants informatiques ont plus de moyens pour protéger leur nuage que des particuliers ou des entreprises individuelles. Mais la sécurité absolue n’existera jamais.

 

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