"Sara Lone": une BD belge financée en 4 jours grâce au Crowdfunding

Cette BD est déjà financée... Il ne reste plus qu'à la dessiner.
Cette BD est déjà financée... Il ne reste plus qu'à la dessiner. - © Tous droits réservés

Après la musique, c’est la BD qui se finance grâce aux "édinautes", ces fans de bandes dessinées prêts à y aller de leur propre poche pour financer un album. Et cela peut aller très vite, comme l’illustre le troisième tome de Sara Lone ("Sniper Lady") qui a permis de lever 50 000 euros en 4 jours. Un record que le créateur du site voudrait faire reconnaître par le Guinness Book de records. Une sorte de défi.

Créé par Patrick Pinchart, Sandawe.com se revendique le premier site de financement coopératif consacré à 100% à la BD. L’engouement pour Sara Lone aurait même provoqué la panne du serveur durant quelques dizaines de minutes.

Signées par Erik Arnoux, et le jeune dessinateur barcelonais David Morancho, les aventures de Sara Lone sont bien connues des édinautes qui ont déjà coédité les deux premiers tomes de la série. Les 50 000 euros réunis permettent de financer l’entièreté du projet: payer les auteurs, la fabrication de l’album, son impression et sa promotion. Le tome 2 de Sara Lone paraîtra en octobre 2014 et le tome 3, en 2016.

Un record exceptionnel dans l’Histoire

Selon Patrick Pinchart, Jamais, jusqu’à ce jour, le financement d’une bande dessinée n’avait été aussi rapide. "C’est un record exceptionnel dans l’Histoire, encore toute jeune, du crowdfunding de bande dessinée."

Et le phénomène semble se développer. La BD " D’encre et de Sang ", publiée en avant-Première dans le journal Le Soir a également été financée par le crowdfunding. Et malgré sa retraite officielle, Raoul Cauvin s’apprêterait à reprendre la plume et le crayon sous la bannière du site Sandawe.com.

Ce concept d’édition “à compte d’édinaute”, s’oppose à l’édition “à compte d’auteur” et se présente comme une alternative à l’édition traditionnelle “à compte d’éditeur”.

En pratique, l’auteur est certifié d’être édité dès que les édinautes ont atteint un montant correspondant à 75% du budget requis. "L’expérience nous apprend que dans ce cas, la barre des 100% est toujours atteinte. Ensuite, tous les investisseurs perçoivent un pourcentage de la marge réalisée lors des ventes. ", explique Patrick Pinchart.

Pour les plus curieux, précisons que le nom "Sandawe" évoque une tribu éthiopienne connue pour ses valeurs communautaires. Elle ignore la hiérarchie et la propriété privée, mais doit survivre dans un milieu désertique particulièrement impitoyable. Une fine allusion au monde de la BD?

Jean-Claude Verset

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