Salvatore Adamo: "Mes parents avaient la misère aux trousses... Être migrant, c'est souvent la mort"

Qui ne connait pas Salvatore Adamo ? L’homme aux 100 millions de disques vendus. L’inoubliable interprète de "Tombe la neige" ou encore "Inch’Allah". Le chanteur, auteur, musicien est aussi un homme de conviction que l’histoire familiale a façonné. Fils d’immigrés italiens, Salvatore est arrivé en Belgique tout petit. A l’époque, il était logé avec sa famille dans ce qu’on appelait "la cité réservée aux étrangers". De ses premières années chez nous, il garde un bon souvenir, l’image de Belges accueillants. Les difficultés financières de ses parents, il ne s’en rendra compte que des années plus tard. "J’aurais pu être argentin ! Le frère et la sœur de ma mère habitaient là-bas, explique l’artiste. Mais mon père a préféré la Belgique. C’était plus proche de l’Italie." Et d’ajouter : "Heureusement qu’il a préféré la Belgique car pour paraphraser la chanson de Macias, les Belges ont dans le cœur le soleil qu’ils n’ont pas dehors. Ce pays, la Belgique a redonné la dignité à ma famille. Elle a permis à mon père de nourrir sa famille".

Une douleur familiale

Le père d’Adamo est d’abord arrivé seul en Belgique, il avait 27 ans. Sa femme, âgée de 26 ans, est arrivée après. Le choix de quitter l’Italie était un choix économique et surtout une obligation. "Ce n’est pas un plaisir d’émigrer, martèle l’artiste. Mais nous avons eu la chance d’être accueillis." Le chanteur se sent aujourd’hui bien plus migrant que lorsqu’il est arrivé. Sans doute que l’insouciance de ses 5 ans faisait qu’il ne se rendait pas compte des difficultés rencontrées par ses parents. "Moi, j’avais papa et maman à côté de moi, j’étais chez moi. Mais je suis choqué du manque d’humanité envers les migrants aujourd’hui."

Une chanson qui vient du cœur, des tripes

L’une des dernières chansons d’Adamo s’intitule "Migrants". Elle dénonce les pays qui n’accueillent pas les hommes et les femmes que la misère pousse sur les chemins de l’exil. "La solution, affirme l’artiste, doit venir de l’Europe. Elle doit partager ses migrants dans les différents pays de l’Union. Mes parents avaient la misère aux trousses, les migrants c’est bien souvent la mort."

La chanson n’a pas été enregistrée. Elle était vouée à rester dans un tiroir, comme d’autres. Mais elle a plu à Maurane. Adamo aurait dû l’enregistrer avec la chanteuse aujourd’hui décédée. Pour la RTBF et l’équipe du Maxi bar de l’Europe, Salvator Adamo a accepté de l’interpréter.

L'interview est à retrouver dans l'émission Le Maxi Bar de l'Europe ce dimanche 2 décembre sur la Trois à 22h40, sur TV5-monde ce lundi 3 décembre à 17h, ou sur notre plateforme Auvio.

 

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