RSF publie sa liste des "ennemis d'internet"

Un message peint sur le mur de l'ambassade de Syrie à Paris par des militants de l'association Reporters sans frontières, le 3 mai 2011
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Un message peint sur le mur de l'ambassade de Syrie à Paris par des militants de l'association Reporters sans frontières, le 3 mai 2011 - © Joel Saget - AFP

Bahreïn et le Bélarus ont rejoint cette année la liste des pays "ennemis d'internet" établie par Reporters sans frontières (RSF), tandis que le Venezuela et la Libye quittent celle des pays "sous surveillance", où figure toujours la France, rejointe en 2012 par l'Inde et le Kazakhstan.

Dans son rapport 2012 sur les ennemis d'internet mis en ligne lundi, RSF souligne que "les changements apportés à cette liste reflètent les récentes évolutions de la liberté d'information en ligne".

Bahreïn et le Bélarus rejoignent l'Arabie Saoudite, la Birmanie, la Chine, la Corée du Nord, Cuba, l'Iran, l'Ouzbékistan, la Syrie, le Turkménistan et le Vietnam, des pays qui "conjuguent souvent problème d'accès, filtrage sévère, traque des cyberdissidents et propagande en ligne", souligne RSF.

"Les net-citoyens ont été, en 2011, au coeur des changements politiques qui ont affecté le monde arabe. Ils ont tenté, aux côtés de journalistes, de tenir la censure en échec mais en ont, en contrepartie, payé le prix fort", indique RSF dans un communiqué.

Pour l'organisation de défense de la liberté de la presse, "2011 restera comme une année d'une violence sans précédent contre les net-citoyens. Cinq d'entre eux ont été tués alors qu'ils étaient engagés dans une mission d'information. Près de 200 arrestations de blogueurs et de net-citoyens ont été répertoriées en 2011, soit une hausse de 30% par rapport à l'année précédente".

En Syrie, "plus de 120 net-citoyens sont emprisonnés à ce jour", déplore l'organisation pour qui "la violence aveugle" dans ce pays risque d'alourdir encore le bilan.

Lundi a lieu la Journée mondiale contre la cybercensure. A cette occasion, Google et RSF doivent décerner le prix Reporters sans frontières du Net-Citoyen qui avait été attribué en 2011 à Astrubal, cofondateur du blog tunisien Nawaat.

Tentation sécuritaire dans les démocraties

"Entre surveillance et filtrage", la brèche est ténue pour les net-citoyens, souligne RSF.

Mais parallèlement à la violence exercée dans les dictatures, "des pays dits démocratiques continuent à céder aux tentations sécuritaires ou à prendre des mesures disproportionnées pour protéger le droit d'auteur".

"La pression s'accroît sur les intermédiaires techniques, encouragés dans certains pays à jouer un rôle de police du Net. Des sociétés de surveillance deviennent les nouveaux mercenaires d'une véritable course à l'armement en ligne", selon RSF.

Parmi les pays sous surveillance, la Thaïlande est "aux portes des ennemis d'internet", avec le risque de poursuite d'une politique de surenchère du filtrage et de condamnations de net-citoyens au nom du crime de lèse-majesté.

Figurent dans la liste "sous surveillance", l'Australie, la Corée du Sud, les Emirats arabes unis, l'Egypte, l'Erythrée, la France (depuis 2011), l'Inde, le Kazakhstan, la Malaisie, la Russie, le Sri Lanka, la Thaïlande, la Tunisie et la Turquie.

RSF souligne en outre que des pays assurent d'autres formes de censure du Net, comme le Pakistan "qui a très récemment lancé un appel d'offres pour le déploiement d'un système national de filtrage du Net comparable à une grande muraille électronique".


AFP
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