Réunion interministérielle de la Culture : face à un secteur aux abois, des mesures particulièrement attendues

Ce mardi, le secteur de la culture a rendez-vous pour une conférence interministérielle. La conférence de presse est attendue à 11h. Une réunion que Bénédicte Linard réclame depuis quelque temps déjà. Un accord entre la, Fédération Wallonie Bruxelles (FWB), la Flandre et la communauté germanophone a été trouvé, en amont de cette réunion "historique", prévoyant un calendrier de déconfinement pour le secteur. Reste à voir quelles seront les mesures sociales pour un secteur aux abois.

Pour rappel, la crise du coronavirus a été dévastatrice pour le monde culturel. Ce sont 93% de pertes de revenus qui sont d’ores et déjà chiffrées. Et pourtant, dans le pays, le secteur culturel représente 5% du PIB.


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On a un accord

A la veille de cette réunion exceptionnelle, 300 personnes issues du monde de la culture ont signé une lettre ouverte adressée aux autorités. Des propositions claires ont été mises sur la table pour permettre aux professionnels du secteur de relever la tête.

Le monde culturel exige des perspectives politiques. Alors, ce mardi matin, peu avant la conférence interministérielle, Bénédicte Linard, ministre de la Culture de la FWB, est heureuse d’annoncer qu’un accord a été trouvé avec la Flandre et la communauté germanophone.

La réunion peut commencer. Et elle devrait entériner un calendrier de déconfinement et un plan de sauvetage social pour le secteur.


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Au menu des discussions donc, la reprise des répétitions et des spectacles en plein air dès le mois de juin avec un élargissement possible en juillet et la réouverture éventuelle des salles dès le mois de septembre.

L’urgence de la question sociale

Le réalisateur belge, Luc Dardenne ne dit pas autre chose. La question sociale est urgente, "notamment pour les personnes hors statuts", c’est-à-dire celles qui ne bénéficient pas du statut d’artistes. Mais c’est tout le secteur - des artistes aux opérateurs - qui a besoin d’aide, dit-il. Et en plus d’un calendrier clair, le secteur réclame des aides "au moins jusqu’à ce que l’on trouve un vaccin", dit le réalisateur.

Même son de cloche du côté du directeur du théâtre national, Fabrice Murgia : "ce n’est pas mon plaisir de faire de la politique et de parler de ça, moi j’aime bien faire des créations. Si je prends la parole aujourd’hui avant cette réunion historique et importante c’est parce qu’il y a des artistes qui n’arrivent pas à remplir leur frigo. On a créé des fonds d’aide comme le fonds sparadrap. Aujourd’hui ce sont des costumières qui font des masques Aujourd’hui il y a un problème parce que les gens ne savent pas terminer le mois."

En bref, pour les autorités, il faudra penser au-delà de l’urgence et de la crise. Les répercussions sur le monde culturel sont attendues au moins jusqu’à 2022.

Lasagne institutionnelle

Le problème c’est que le secteur de la culture dépend de plusieurs niveaux de pouvoirs. C’est d’ailleurs aussi ce que rappelle la ministre de la Culture de la FWB, Bénédicte Linard, pour qui "toute la question du statut social des artistes et des techniciens dépend du niveau fédéral. Et donc le fédéral a pris des premières mesures que l’on est en train d‘analyser et il est probable que l’on doive étendre ces mesures".

Dis-moi ton secteur culturel, je te dirais qui tu es

Il s’agit aussi d’une question de perception. Penser la culture comme quelque chose d’accessoire, c’est s’empêcher de penser une politique culturelle d’envergure. " La culture est un bien public, qui nécessite une politique publique, un service public […] cela nécessite un investissement massif dans la création […] et l’accès à cette culture ", tranche le réalisateur belge Luc Dardenne.

Tout le secteur attend, les artistes veulent être considérés autrement que comme un supplément d’âme qui enjolive et détend, il ne faudrait pas non plus que la relance économique étouffe un peu plus le financement de la culture, c’est un secteur de santé publique et de démocratie, disent les artistes.

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