Retour du site de streaming (illégal) HDS: quel risque pour l'internaute?

Bonne nouvelle pour tous les pirates d’internet qui pourront à nouveau naviguer dans les eaux troubles du monde du streaming. HDS avait fermé ses portes en novembre l’année passée et a fait son come-back. Le vaste catalogue de séries, films et animés est à nouveau disponible.

Le site était le deuxième sujet le plus recherché en 2018, juste après la Coupe du monde, mais a chuté en popularité après sa fermeture.

Le site avait été remplacé par plusieurs fac-similés qui n’étaient pas aussi riche en contenu. "HDS.su est notre unique nouveau nom de domaine officiel, tous les autres sites ne sont qu’une piètre fausse copie", peut-on lire sur sa page d’accueil.

Bon, c’est illégal ou pas ?

En tant que tel, le streaming n’est évidemment pas illégal. Vous ne commettez pas d’infraction en regardant une vidéo sur Youtube ou Netflix. Cependant, à partir du moment où le contenu est distribué illégalement, sans l’accord de l’auteur, c’est une autre histoire. "Consommer des contenus illégaux revient à participer à l’infraction, donc d’être dans l’illégalité aussi", explique Alexandre Pintiaux, avocat spécialisé en droit de l’art et de la culture. Toutefois, dans la pratique, punir tous ceux qui streament des contenus partagés sans les droits d’auteurs serait "ingérable et irréaliste".

C’est pourquoi la plupart des actions légales visent les distributeurs et non les spectateurs. Néanmoins, là aussi, la justice se bat contre des moulins à vent.

Le jeu du chat et de la souris

Ce nouveau HDS relève plus de la réincarnation que de la renaissance.  En effet, il n’utilise plus la même adresse qu’avant, ce qui veut dire que ce n’est pas le même site. Ce détail a une importante implication légale. "A partir du moment où c’est un nouveau site, il faut réintroduire une nouvelle procédure en justice" pour le faire fermer, affirme Alexandre Pintiaux, ce qui donne souvent lieu à un jeu du chat et de la souris. Un jeu qui penche largement en faveur des plateformes de streaming et de téléchargement qui ferment puis réouvrent sous un autre nom.

En l’occurrence, le domaine du site ".su" est un domaine national, celui de la Communauté des Etats indépendants, anciennement appelée Union Soviétique, où les lois qui régissent les droits d’auteur sont plus laxistes.

Faut-il mieux armer la justice ?

Il semble que le cadre légal existant n’est pas assez robuste pour combattre efficacement ces sites. Mais faut-il vraiment mieux armer la justice ? Alexandre Pintiaux n’a pas la réponse à cette question. "Voilà un point qui fait beaucoup débat. Quel est le degré d’accès qu’on peut donner à la culture ?" Peut-on renforcer ce cadre légal sans entrer dans le territoire de la censure ?

Voilà une question à vous poser avant que vous "binge-watchiez" votre série préférée… ou pas.

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