La presse écrite en crise: Benoît Grevisse (UCL) a répondu à vos questions

Le Soir
Le Soir - © ERIC LALMAND (archives belga)

En décembre, on apprenait que les journaux du groupe Sud Presse subissaient une importante restructuration. Aujourd'hui, c'est au tour des bureaux régionaux du journal Le Soir, qui fait partie du groupe Rossel, comme Sud Presse. Benoît Grevisse, directeur de l'Ecole de Journalisme de Louvain a répondu aux questions des internautes.

Vendredi, la rédaction Namur/Luxembourg s'est séparée de cinq journalistes indépendants. Dans toutes les rédactions régionales du quotidien, les budgets sont revus à la baisse. La presse écrite souffre.

Julien Van Espen travaillait comme indépendant pour le journal Le Soir depuis 4 ans, jusqu'à ce coup de fil, vendredi, lui signifiant la fin de sa collaboration.

Il y a moins de moyens mais toujours un objectif : la production d'autant d'articles.

Comment y arriver? En mettant en place des synergies entre le journal Le Soir et les journaux du groupe Sud presse, des synergies qui laissent Julien Van Espen et ses collègues journalistes, plutôt perplexes car on n'écrit pas de la même façon pour un journal comme Le Soir que pour La Capitale ou la Meuse...

Et la crainte de Martine Simonis, présidente de l'association des journalistes professionnels, c'est qu'avec des journalistes identiques travaillant pour plusieurs journaux, on perde en diversité de l'information.

La direction souhaite en fait renforcer les synergies avec les journaux du Groupe Sud presse mais! Bernard Padoan, président de la société des journalistes du Soir : "On n'est pas aveugle, clairement, on voit la conjoncture, on voit que la presse traverse une passe assez difficile, on peut comprendre qu'il y a des mesures budgétaires à prendre.

Odile Leherte : - Vous n'êtes pas opposé aux synergies en fait ?

- Je pense en tout cas que les journalistes ont beaucoup évolué sur ce plan-là. On n'y est pas opposé par principe, pour autant que ce soit fait de manière intelligente, dans le respect des lignes éditoriales des différents titres qui seront amenés à travailler en synergie dans le respect de la qualité, dans le respect du produit qu'on fournit aux lecteurs. (…) On travaille déjà depuis plusieurs années en collaboration avec le journal suisse Le Temps qui est basé à Genève, essentiellement sur des matières internationales. Ca se passe plutôt bien, donc c'est bien la preuve que la synergie en soi n'est pas mauvaise, c'est la manière dont on la met en œuvre qui fait la différence et qui fait la pertinence de ce choix."

Reste que la presse écrite se débat, comme elle peut, pour survivre, une réalité qui dépasse les frontières belges : en Espagne, par exemple, en 4 ans, 5000 emplois ont disparu dans le secteur.

Odile Leherte

Relisez le chat avec Benoît Grevisse, directeur de l'Ecole de Journalisme de Louvain

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