Restructuration de L'Avenir: pour les parlementaires wallons, "il ne peut être question de liste noire"

Restructuration de L'Avenir: pour les parlementaires wallons, "il ne peut être question de liste noire" (2)
Restructuration de L'Avenir: pour les parlementaires wallons, "il ne peut être question de liste noire" (2) - © BRUNO FAHY - BELGA

La restructuration au sein des Editions de l'Avenir, où des licenciements secs devraient être annoncés dès la semaine prochaine, a fait l'objet d'un débat d'actualité, mercredi, au Parlement de Wallonie. Pour les parlementaires régionaux, tout comme pour le ministre-président Willy Borsus, "il ne peut être question de liste noire".

"Que des journalistes soient menacés ou sanctionnés pour ce qu'ils ont écrit, c'est un scandale. J'espère que cette information ne se vérifiera pas", s'est ainsi emporté le chef de groupe socialiste au parlement wallon, Pierre-Yves Dermagne. "Jamais nous n'accepterons que l'on vire ceux qui ont fait leur travail", a renchéri le député MR - et ancien journaliste de la RTBF - Olivier Maroy.

"Le projet de licencier des journalistes considérés par Nethys comme trop indépendants ou trop peu dociles resurgit. C'est inadmissible et constitue une nouvelle preuve que les pratiques ne changent pas au sein de Publifin-Nethys", a de son côté commenté le chef de groupe Ecolo au parlement régional, Stéphane Hazée, à l'origine du débat d'actualité.

"Le gouvernement wallon ne peut rester sans réagir, d'autant qu'un consensus a pu être réuni au sein du Parlement de Wallonie en novembre dernier pour requérir la sortie des Éditions de l'Avenir de Publifin/Nethys et ainsi garantir la liberté de la presse face à une gestion revancharde et calamiteuse. Il est important que les actes suivent", a-t-il ajouté.

"La presse est un pilier de la démocratie qu'il faut respecter et défendre", leur a répondu Willy Borsus. "Solennellement, je vous l'assure: il ne pourra être question, à quelque moment que ce soit, de quelque liste que se soit", a-t-il poursuivi.

Rouvrir l'espace de dialogue

Pour le ministre-président wallon, l'heure est venue "de rouvrir l'espace de dialogue afin, notamment de "clarifier les dispositions concernant le statut des journalistes et ce qui est exactement sur la table". "A cette condition, j'ai la conviction que l'on peut atteindre - ou au moins approcher fortement - les 45 départs volontaires voulus par le groupe", a-t-il encore indiqué en estimant par ailleurs que "l'on ne se trouve pas, pour l'instant, dans les cas prévus pour une intervention du pouvoir de tutelle" dont dispose l'exécutif wallon, ce que réclamait Stéphane Hazée.

"S'il y a rupture des négociations, il y aura tout de même lieu que cette tutelle se penche sur la convention" signée par direction et syndicats à la fin de l'année passée, a de son côté souligné le chef de groupe cdH Dimitri Fourny. Ce dernier a enfin appelé le gouvernement à "agir vite en raison des impératifs légaux fixés".

Déjà vive, la tension est encore montée d'un cran en début de semaine aux Editions de l'Avenir, sa direction refusant de revoir les conditions de départ des journalistes - et d'appliquer la convention AJP qui représenterait un coût supplémentaire de 180.000 euros - dans le cadre du plan de restructuration du journal, propriété du groupe Nethys.

En décembre, le personnel et la direction s'étaient accordés sur le départ de 45 équivalents temps plein, dont 31,74 au sein de la rédaction du média.

Les candidats au départ ont jusqu'à jeudi minuit pour se faire connaître. Mais il apparait qu'ils sont très peu nombreux parmi les membres de la rédaction - "8 ou 9", selon Willy Borsus -, conduisant la direction à envisager des licenciements secs. Ceux-ci seraient basés, dénoncent les représentants du personnel, sur une "liste noire" dressée pour se débarrasser des journalistes "gênants", ce que dément le groupe.

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