Restructuration à l'Avenir: les journalistes prennent leurs distances par rapport au directeur des rédactions

Suite des événements à Bouge où 60 équivalents temps plein sont menacés au sein des Éditions de l'AvenirLe personnel, réuni vendredi après-midi en assemblée générale, a décidé à l'unanimité, moins deux absentions, de ne plus considérer le directeur des rédactions, Philippe Lawson, comme interlocuteur pertinent dans le cadre de son travail quotidien.

"Cela signifie, spécialement pour les journalistes, que ces derniers ne reconnaissent plus son autorité en tant que manager de la rédaction, ni son rôle éditorial", annonce la société des rédacteurs (SDR) du quotidien.

Il lui a notamment été reproché d’avoir présenté "un projet rédactionnel indigent" fin août, de présenter "un plan de redéploiement incomplet", d’effectuer "des pressions quotidiennes sur les journalistes" et de "jouer au rédacteur en chef sans l’être".

Retour sur la journée à la rédaction de l'Avenir

Peu de précisions avaient filtré après le conseil d'entreprise organisé ce matin aux Editions de l'Avenir. Il a duré cinq heures. Les syndicats n'ont pas obtenu plus d'informations sur la répartition des licenciements au sein des départements du journal mais le chiffre de 60 équivalents temps plein est par contre bien confirmé.

Ensuite rassemblés en assemblée générale, les travailleuses et les travailleurs ont donné mandat aux représentants syndicaux de l'entreprise de déposer un préavis de grève le cas échéant. Mais celui-ci ne sera pas activé avant le 5 novembre, assure Olivier Cattelain, permanent CNE. Un prochain conseil d'entreprise extraordinaire se déroulera en effet à cette date. Demain, le journal sera donc publié normalement.

Par ailleurs, la rédaction a donc décidé de prendre ses distances par rapport à Philippe Lawson, qui avait été nommé directeur des rédactions des Éditions de L’Avenir et de L’Avenir Hebdo en juin dernier. Le communiqué de l'ensemble du personnel est dur à son encontre: "Il apparaît impossible de relever les grands défis qui nous attendent, sous la direction d’un manager à ce point défaillant".

Pour rappel, le projet de transformation présenté mardi prévoit le licenciement de 25% des travailleurs, soit une soixantaine de travailleurs sur 295. Amputée d’un quart de son contenu depuis mercredi, le journal doit reprendre une publication normale dès demain. 

"Il n’est pas question de faire de licenciements secs sans avoir exploré les autres pistes et avoir les garanties de garder un journal qui fonctionne", insistent les représentants des travailleurs qui disent vouloir "tenter de limiter la casse" et être en train de collecter des informations pour réduire le nombre de 60 ETP et faire des contre-propositions.

Ils veulent essayer de privilégier la piste des prépensions à 56 ans. Mais le timing s’annonce serré car la législation ne le permettra plus après 31 décembre. 56 personnes pourraient être concernées par cette piste.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK