Rachid Taha: retour en vidéo sur la carrière d'un symbole de l'intégration et de la tolérance

Rachid Taha: retour sur la carrière d'un symbole de l'intégration et de la tolérance
Rachid Taha: retour sur la carrière d'un symbole de l'intégration et de la tolérance - © THOMAS BREGARDIS - AFP

Nous sommes le 18 septembre 1958 à Oran en Algérie, un des futurs rois du raï et du chaâbi vient tout juste de naître. Il se prénomme Rachid Taha. Avec sa famille, il quitte dix ans plus tard son pays natal pour rejoindre la France, l’Alsace plus précisément et puis les Vosges. Réputé turbulent, il passe une bonne partie de sa scolarité dans une institution religieuse où il apprend l’arabe, notamment au travers de la chanson. A l’époque, le jeune Rachid découvre le racisme et la difficulté d’intégration.

Après avoir sillonné la France pour vendre des ouvrages de littérature française, Rachid Taha retrouve ses parents, qui se sont entre-temps installés à Lyon. Dès 1981, il entre à l’usine et va faire la connaissance de Mohammed et Moktar. Avec eux, il commence à chanter et ensemble, ils créent le groupe rock Carte de séjour.

L’aventure musicale

Rachid et sa bande surfent sur les thèmes de l’immigration, de la tolérance. En 1984, le groupe sort son premier album Rhoromanie . Deux ans plus tard, un deuxième opus est dans les bacs avec une reprise qui va faire parler d’elle. Carte de séjour dévoile sa version réorchestrée avec des sonorités arabes de Douce France, une chanson de Charles Trenet.

Ce titre de 1943 est interprété à l’époque par le chanteur français pour soutenir le moral des prisonniers français et des jeunes pendant la seconde guerre mondiale.

En 1989, les membres de Carte de séjour se séparent et Rachid Taha entame sa carrière solo avec un premier album Barbès en 1991. Il enchaîne alors les compositions et se fait remarquer avec des titres comme Voilà voilà. L’artiste mélange à ce moment-là la techno, le chaâbi algérien et les guitares électriques.

En 1998, paraît l’album Diwan, un concentré de reprises de son Maghreb natal dans lequel figure le titre Ya Rayah. C’est sans aucun doute le tube qui rendra le chanteur très populaire.

1,2,3 soleils

Après une tournée solo couronnée par le triomphe, Taha s’allie à Khaled et Faudel pour créer "1,2,3 soleils". L'aventure est un véritable succès commercial. Rachid Taha profite de l'engouement pour toucher d’autres pays du monde, l’Egypte notamment. Dès les années 2000, l’Algérien se produit dans les plus grands festivals. Il s’arrête, par exemple, en Asie et même en Australie.

Les tournées l’amènent en 2004, année de sortie de Tékitoi. L’album contient Rock El Casbah, une reprise des Clash qui sera saluée par la critique. Il va d’ailleurs donner, quelque années plus tard, le titre Rock la Casbah à sa biographie, un livre dans lequel il décrit son enfance, son adolescence et son parcours musical. Mick Jones, le guitariste des Clash, dira même que cette reprise de Rachid Taha est la meilleure de cette chanson mythique du groupe britannique. Ensemble, ils partageront la scène à plusieurs reprises.   

La tolérance

En parallèle aux sorties d’albums, Rachid Taha multiplie les sorties médiatiques sur la tolérance. Il hésite d’ailleurs longuement à prendre la nationalité française, voulant privilégier ses origines. Il sort à ce propos un nouvel album de reprises de chansons du Maghreb en 2006.

L’homme aime mélanger les ambiances d’Algérie, de France ou d’Egypte. Le métissage est au cœur de ses préoccupations artistiques. Il ira jusqu’à sortir 9 albums, dont le dernier Zoom en 2013, avec toujours cette envie d’ouverture par rapport à l’autre. Il participe d'ailleurs des années plus tôt, en 1983, à la marche pour l'égalité et contre le racisme qui relie Marseille à Paris.  

Rachid Taha à propos de l'extrémisme

En 2016, Rachid Taha reçoit une victoire de la musique pour l’ensemble de sa carrière. Deux ans plus tard, il laisse un grand vide dans le monde de la chanson. L’artiste algérien est décédé dans la nuit du 11 au 12 septembre d’une crise cardiaque à son domicile parisien.

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