Qui est Françoise Nyssen, éditrice aux attaches belges, ministre de la Culture de Macron?

Qui est Françoise Nyssen, ministre de la Culture de Macron née en Belgique?
Qui est Françoise Nyssen, ministre de la Culture de Macron née en Belgique? - © Tous droits réservés

Le gouvernement Macron a le sens de la logique : une médecin en charge de la Santé, une sportive plusieurs fois médaillée aux Sports, une dirigeante d'entreprise au ministère du Travail... et une éditrice au ministère de la Culture. Cette nouvelle ministre qui prendra ses quartiers rue de Valois, à la place d'Audrey Azoulay, c'est Françoise Nyssen. Jusqu'ici, elle co-dirigeait la maison d'édition française Actes Sud fondée par son père, Hubert Nyssen, un Belge naturalisé français en 1976.

Françoise Nyssen est née en Belgique, à Bruxelles, en 1951. Sa scolarité, elle la passe au lycée français de Bruxelles. Une école ou "elle ne se sent[ait] pas à sa place", selon un portrait que lui consacrait Libération en 2016.

Sa mère était kinésithérapeute. "Elle a passé sa vie à accompagner les femmes qui accouchaient et a même introduit en Belgique la sophrologie dans le cadre de l'accouchement sans douleur", raconte-t-elle en 2015 à Télérama.

Un grand-père médecin "en milieu carcéral, à Anvers"

Mais avant d'en arriver aux lettres, Françoise Nyssen passe par la chimie qu'elle étudie à l'Université libre de Bruxelles. C'est le second mari de sa mère, le généticien René Thomas, qui l'entraîne dans cette voie. "Il se trouve aussi que je voulais être médecin, car j'ai toujours aimé m'occuper des autres". Une vocation héritée de son grand-père "généraliste et médecin en milieu carcéral, à Anvers".

"Très attachée au centre ancien de Bruxelles [...], elle s'y est tant impliquée dans la vie de quartier qu'elle fit ensuite des études d'urbanisme qui la menèrent dans un cabinet d'architectes", précise un article de La Libre Belgique paru en 2003.

En 1978, alors qu'elle travaille à la Direction de l'architecture à Paris, son père lui propose de participer au lancement d'Actes Sud. Quelques temps plus tôt, elle avait quitté Bruxelles "ravagée par la promotion immobilière et les grandes démolitions". Elle dirige la maison d'éditions avec Bertrand Py et Jean-Paul Capitani (un ingénieur agronome devenu son mari). Avec ce dernier, elle aura deux enfants dont l'un, Antoine, s'est suicidé en février 2012.

Des Goncourt et un Prix Nobel

L'année 2015 sera faste pour sa maison d'édition basée à Arles, dans le sud de la France. Actes Sud rafle le Goncourt (Mathias Enard pour "Boussole"), le Goncourt du premier roman (Kamel Daoud pour "Meursault, contre-enquête") et surtout le Nobel de littérature (avec l'auteure ukrainienne Svetlana Alexievitch éditée par Actes Sud).

Dans une tribune publiée entre les deux tours de la présidentielle, elle affirmait : "Je voterai avec détermination et joie pour Emmanuel Macron". "En Belgique d’où je viens, le vote est obligatoire et personne s’en offusque", glissait-elle au passage.

Celle qui, enfant, calculait "combien il [lui] manquait d'argent de poche pour pouvoir acheter un nouveau volume du Club des Cinq" prend la tête de l'un des plus importants ministères français. En 2016, le budget du ministère de la Culture s'élevait à 7,3 milliards d'euros.

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