Quelques jours après sa fermeture en direct, Israël relance son audiovisuel public

Quelques jours après sa fermeture en direct, Israël inaugure son nouvel audiovisuel public
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Quelques jours après sa fermeture en direct, Israël inaugure son nouvel audiovisuel public - © Tous droits réservés

Israël s'est réveillé lundi matin au son d'une nouvelle radio publique, héritière de l'historique radio-télévision publique, fermée après des mois de psychodrame autour du contrôle des médias par le gouvernement et de la maîtrise des dépenses.

Moins d'une semaine après la fermeture de l'antenne en direct, le pays procède donc à la refondation de son audiovisuel public. Kol Yisrael, en français la voix d'Israël, la radio publique, diffusait depuis 81 ans. La télévision publique israélienne, elle, depuis 49 ans. Mardi 9 mai, Geula Even Saar, la présentatrice du journal télévisé, avait mis fin prématurément à l'émission du soir. "Nous présentons notre dernier journal télévisé ce soir", a-t-elle annoncé, avec un communiqué du Parlement israélien sous les yeux.

Autre moment fort samedi 13 mai dernier, jour du concours Eurovision de la Chanson. Au moment de l'annonce des résultats pays par pays, Israël n'est pas passé inaperçu. "Ici IBA, Channel 1, depuis Jérusalem. Au cours des 44 dernières années, Israël a participé au concours Eurovision de la chanson. [...] Ce soir, c'est notre dernier soir. Bientôt, IBA va fermer sa diffusion pour toujours", a déclaré le présentateur israélien qui a remercié au passage pour "toutes ces belles années".

Une nouvelle radio aux programmes inchangés

Changement de décor (ou presque) ce lundi. "Bonjour, la Société audiovisuelle israélienne se met en marche à cet instant", a annoncé le présentateur Aryeh Golan sur les ondes de la radio à 6h pile. "Bien sûr, notre joie est teintée de tristesse pour les centaines de nos collègues de l'IBA laissés sur le bord du chemin", a ajouté Aryeh Golan en faisant référence à l'Autorité de radiodiffusion, émanation de "Kol Yisrael", radio des premières heures de l'État.

Aryeh Golan a gardé la tranche 6h-8h, avec la même équipe de production et bon nombre des mêmes journalistes. Le programme demeure inchangé. La radio continue elle-même à s'appeler "Kol Yisrael".

Ce mardi 16 mai, le site officiel d'IBA annonçait toujours la fin de l'audiovisuel public, remerciant au passage les auditeurs et les téléspectateurs.

Bataille politique

La Société audiovisuelle israélienne (Israeli Broadcasting Corporation, IBC), plus connue en Israël sous son acronyme hébreu de "Kann" ("Ici"), remplace l'IBA dans la douleur. Pendant des mois, la réforme a donné lieu à une âpre bataille politique qui a conduit le Premier ministre Benjamin Netanyahu à menacer de provoquer des élections anticipées.

Officiellement, le remplacement de l'IBA visait à dynamiser un service à bout de souffle, à regagner le terrain perdu face aux chaînes privées et à assainir une institution réputée comme un gouffre financier.

D'abord favorable à la réforme, M. Netanyahu a ensuite fait volte-face, pour défendre une simple réhabilitation de l'IBA. Le Premier ministre, professionnel de la communication volontiers décrit comme obsédé par les médias et leur hostilité, s'était rendu compte que la nouvelle entité risquait de lui être encore plus hostile, ont largement rapporté les commentateurs. Les médias sont l'un des rares espaces où la gauche aux abois se fait encore entendre.

M. Netanyahu s'est heurté frontalement avec son ministre des Finances Moshe Kahlon qui se posait en comptable des millions de shekels investis dans la réforme. Après une longue épreuve de force, les deux camps ont fini par s'entendre fin mars.

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