Prison au Cambodge pour un appel à la révolution sur Facebook

Hun Sen tente pourtant de rajeunir son image sur les réseaux sociaux
Hun Sen tente pourtant de rajeunir son image sur les réseaux sociaux - © TANG CHHIN SOTHY - AFP

Un étudiant cambodgien a été condamné à un an et demi de prison mardi pour avoir lancé sur Facebook un appel à une révolution contre le Premier ministre Hun Sen, aux rênes du pays depuis plus de trente ans.

"Ce n'est pas seulement injuste pour moi, mais pour l'ensemble du peuple cambodgien", a-t-il déclaré devant le tribunal municipal de Phnom Penh, qui l'a jugé coupable d'"incitation au crime" pour un message appelant à une "révolution de couleur" sur le modèle des mouvements anti-gouvernementaux de ces dernières années, notamment dans l'ex-URSS.

"Est-ce que quelqu'un ose lancer une révolution de couleur avec moi? Un jour, dans un futur proche, je lancerai une révolution de couleur pour changer ce régime vulgaire. Même si je suis emprisonné ou si je meurs, je dois le faire", avait écrit ce militant d'opposition, en détention depuis son arrestation en août 2015 aux abords de l'université de Phnom Penh.

Sont particulièrement visés: les plus jeunes

Am Sam Ath, membre de l'association de défense des droits de l'Homme Licadho, s'est inquiété d'une décision judiciaire qui représente "une menace pour tous ceux qui veulent faire entendre leur voix" sur les réseaux sociaux.

Ironiquement, cette décision intervient alors qu'Hun Sen tente de rajeunir son image sur les réseaux sociaux, avec une application mobile et un site internet officiel censés améliorer son image auprès de ses concitoyens.

Sont particulièrement visés les plus jeunes, qui avaient largement voté en faveur de l'opposition lors des législatives de 2013, frauduleusement remportées par le parti de Hun Sen selon l'opposition.

Son leader, Sam Rainsy, se trouve d'ailleurs en exil à l'étranger, pour fuir des poursuites judiciaires dans son pays, qu'il juge politiques.

Un sénateur d'opposition est quant à lui accusé d'avoir diffusé sur Facebook une carte inexacte de la zone frontalière avec le Vietnam, un sujet ultra-sensible auprès des nationalistes cambodgiens. Il risque jusqu'à 17 ans de prison.

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