Pourquoi n'y aura t-il aucun train vers la Wallonie après le concert de U2?

Faux espoir pour Julie. En préparant son concert de mardi soir au stade Roi Baudouin, cette habitante d'Ellezelles en Hainaut est tombée sur la page de la SNCB qui propose des trains de nuit pour rentrer à la maison après le spectacle. Mauvaise nouvelle, les cinq destinations prévues sont toutes en Flandre (Genk, Lokeren, Mol, Ostende, Roulers). "Je ne sais pas ce qu'on va faire. Peut-être aller nous garer près d'une gare flamande. Ou alors en voiture jusqu'au Heysel mais c'est beaucoup moins confortable."

Le confort a l'air effectivement d'être réservé aux seuls amateurs de rock flamands. Pourquoi? Quand on pose la question à la SNCB, on reçoit d'abord un refus d'interview en bloc et ils nous renvoient vers l'organisateur du concert. C'est lui qui a commandé ces trains spéciaux. C'est donc à lui de se justifier. L'organisateur, c'est LIVE NATION qui lui aussi préfère garder le silence.

Le choix des organisateurs leur appartient

A l'échelon supérieur, le ministre fédéral de la mobilité François Bellot précise "qu'il faut faire la distinction entre les initiatives prises par la SNCB et celles des organisateurs. Libre à chacun d'eux de réserver des places, de prendre le risque commercial, lequel s'élève à plusieurs dizaines de milliers d'euros pour quatre ou cinq trains. Les trains supplémentaires ont été mis sur demande de cet organisateur qui paie pour cela. Le choix des organisateurs leur appartient et je le respecte. Il n'est pas question aujourd’hui de mettre en service de nouveaux trains sans que les organisateurs s'impliquent et en expriment la demande."

Alors pourquoi Live Nation favoriserait-il la Flandre? Mis à part un éventuel régionalisme déplacé (Live Nation est basé à Malines), La Libre Belgique évoquait ce matin que l'organisateur prend en compte le code postal des spectateurs pour déterminer d'où ils viennent et donc demander une offre de train en conséquence à la SNCB. Argument invérifiable sans réponse de Live Nation et surtout douteux. Les fans de U2 en Wallonie se ramassent à la pelle.

En juin dernier, les fans de Coldplay avaient déjà subi la même mésaventure et lors d'un précédent passage de U2 à Bruxelles, en 2010, les trains spéciaux de nuit n'avaient roulé également que vers la Flandre.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK